La pipolisation des femmes et des hommes politiques ne date pas d’hier. Elle est de plus en plus insultante pour les électeurs. La soi-disant « affaire » Strauss Kahn en est le parfait exemple. « Seisme politique » ... « le parti socialiste à la dérive » ... « la France humiliée » ... Et pourquoi pas « la fin du monde », tant qu’on y est ?Si Mr Strauss Kahn avait émergé des primaires, j’aurais étudié son programme, puis sa personnalité, avant de faire l’inévitable choix par défaut de tout second tour : le moins mauvais. A supposer qu’il soit élu, j’aurais surtout attendu de lui ce que j’attends en vain de tout nouveau président depuis que je suis en âge de voter : d’arrêter de se prendre pour le nombril de l’univers.On veut un président normal ! Qui ne prenne pas nos bulletins pour des témoignages d’admiration béate. Qui ait les idées claires sur des valeurs simples - justice, solidarité… - et sache mettre son pouvoir – celui qu’on lui confie - au service de ces valeurs. Qui travaille, écoute, rassemble, et respecte. Qui ne se mêle pas de tout, à temps et à contre temps. Et qui ne perde pas son temps et notre argent en « plans com », à soigner son image et squatter nos médias, au détriment du travail de fond. Nous aussi, on a des problèmes. Nous aussi, on bosse, et on côtoie des gens dont l’héroïsme quotidien mérite bien plus d’admiration que ces espèces de super-héros de la politique qui se prennent pour des vedettes. Des gens capables d’être des présidents « normaux », il y en a sans doute beaucoup. Sous entendre qu’un candidat putatif est irremplaçable, c’est une insulte à l’intelligence. C’est rabaisser la politique à une affaire d’homme ou de femme providentiels, là où elle devrait être une dynamique collective dans laquelle l’individu s’efface devant l’intérêt du groupe.François Hollande a débuté une pré-campagne sur le thème du « président normal ». Je voudrais à la fois mettre à l’aise ceux qui me soupçonneraient ici de rouler pour lui, et lancer un appel à mes concitoyens : ne laissez aucun candidat récupérer cette expression et la transformer en slogan pour des ambitions personnelles. Exigez-la de tous. Faites émerger, à droite comme à gauche, les gens "normaux" qui travaillent dans l’ombre des stars de la politique. Faites savoir que vous ne croyez plus au père Noël, élisez le moins mauvais, et retournez travailler. Le sort du monde ne dépend pas de la bonne ou de la mauvaise fortune d’une star de la politique. Il dépend de vous, et de votre lutte quotidienne et modeste pour un monde meilleur.
Billet de blog 18 mai 2011
Foutez nous la paix avec Strauss Kahn !
Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.