Nouvelles d'Amazonie (Suite)

Trafic de bois au Pérou © Felipe Abreu

La police péruvienne a arrêté vendredi 19 septembre l’un des présumés assassins des quatre leaders indigènes Asháninkas. Il s’agit d’un bûcheron brésilien, connu sous une double identité, Adeuzo Mapes et Francisco Anderson Mapes.

L’homme, âgé de 63 ans, était en conflit avec Edwin Chota depuis plusieurs années car le leader indigène assassiné l’empêchait de mener ses activités d'abattage de bois sur le territoire de la communauté de l’Alto Saweto, dans la région d’Ucayali, à la frontière brésilienne.

Selon le procureur de la République du Pérou (cité par le quotidien le Correo), sept autres personnes pourraient avoir participé à l'assassinat qui s’est produit le 1er septembre. Les quatre leaders indigènes auraient été pris dans une embuscade et tués par balles au moyen de fusils de chasse.

Adeuzo Mapes et son fils Eurico Mapes avaient été photographiés en février 2014 par des membres de la communauté, alors qu’ils taillaient illégalement du bois sur leur territoire.

Les recherches se poursuivent dans le bassin du fleuve Alto Tamaya pour retrouver les corps des Asháninkas qui ont été démembrés. Jusqu'à présent, seules certaines parties des corps ont pu être localisées et récupérées par les autorités pour effectuer des tests ADN. Les résultats seront connus dans un mois.

Malgré la quarantaine de policiers déployés dans la zone afin de protéger les familles vivant dans la communauté de Saweto, des habitants ont fait part de leurs craintes aux autorités, après avoir reçu de nouvelles menaces de mort.

Le conflit avec les bûcherons date de plusieurs années. La communauté de l’Alto Saweto réclame le droit de propriété sur 80 hectares de forêt, un territoire reconnu comme territoire Asháninka depuis 2003 mais sur lequel se superpose deux concessions forestières.

Le problème de superposition territoriale concerne des centaines de communautés indigènes au Pérou.

 

 

 

 

 

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