Après l’article publié le 30 août 2015, par l’hebdomadaire de Jeune Afrique et intitulé : "Les Gabonais sont-ils racistes". Cette publication a entraîné un vif échange entre l’activiste Marc Ona Essangui et son auteur Georges DOUGUELI sur leurs murs Facebook respectifs.
JEUNE AFRIQUE. MARC ONA ESSANGUI REPOND À GEORGES DOUGUELI
1/Post de Marc Ona – Libreville, le 2 septembre 2015 :
Non Georges Dougueli, les gabonais ne sont pas racistes mais plutôt ceux qui ont inspiré cet article le sont.
Si les gabonais étaient racistes, les symboles de la République n’auraient pas subi le sort que Jeune Afrique lui réserve dans votre UNE sans réaction de la rue. Saviez-vous que Libreville a été créée par des esclaves libérés venant du Sénégal et d’ailleurs ;
Combien de conflits inter communautaires avez-vous couverts à Jeune à Fric venant du Gabon ? Quand la communauté équato-guinéenne était persécutée dans son pays par Macias Nguema, le Gabon en a accueilli des milliers.
Curieusement, pour ce peuple raciste, tous nos chefs d’Etat ont épousé des femmes étrangères (Deux centrafricaines pour Léon Mba, deux congolaises pour Omar Bongo, une américaine et une maroco-française pour Ali Bongo) y compris de nombreuses personnalités gabonaises.
Si les gabonais étaient racistes, les Diouf, les Paraiso, les Padonou, les Alvaro, les Mensah et autres Epouta sans oublier les poitevins, les Bernardini et j’en passe n’auraient pas eu envie de finir leur vie et celle de leurs progénitures dans un pays qui leur est hostile ;
Si les gabonais étaient racistes la communauté haoussa n’aurait pas eu un des leurs comme sénateur de la commune d’Oyem, élu par ces racistes de gabonais que vous décrivez, l’un des opposants les plus farouches au régime Bongo, Hamane Mamadou ;
Si les gabonais étaient racistes, beaucoup de nos compatriotes n’auraient pas accepté d’acheter des parcelles de terrain auprès des béninois, togolais, sénégalais, français comme c’est le cas aujourd’hui en violation des textes en vigueur en matière de foncier dans ce pays de racistes ;
Si les gabonais étaient racistes, certains forestiers qui ont fait fortune au Gabon et qui ont décidé de s’y installer n’auraient pas trouvé une parcelle de terrain pour y investir contrairement à d’autres pays où l’achat des parcelles est formellement interdit aux étrangers (Cameroun, Ethiopie, etc);
Si les gabonais étaient racistes, nos villages et autres coins reculés du Gabon ne seraient pas peuplés aujourd’hui de burkinabé, béninois, nigérians et autres chinois, malaysiens qui y pratiquent paisiblement l’agriculture, la pêche, l’exploitation forestière et y installent leur commerces ;
Si les gabonais étaient racistes, les filles et fils du Gabon ne porteraient pas certains noms à consonance étrangère : Diouf Mba, Ousmane Makaya, Ayenoue Ona, Essono Camara ;
Si les gabonais étaient racistes certains quartiers de Libreville ne porteraient pas des noms qui renvoient à certains pays étrangers : Lalala Dakar, Petit Paris, Oyo, ou London, Carrefour Kanté, etc.
Si les gabonais étaient racistes, pour une population à 80% chrétiens, les mosquées ne pousseraient pas dans nos quartiers comme des champignons sans la moindre hostilité des autochtones.
Monsieur Dougueli, les gabonais sont attachés à leur terre comme les camerounais, les congolais, les français, les américains. « Quand un étranger nous apporte sa force de travail, apportons-lui notre amitié en retour », disait quelqu’un. Cette amitié et cette hospitalité légendaire ne vous permettent pas de souiller nos armoiries.
Le camerounais que vous êtes accepterait-il qu’un gabonais vienne lui dire en plein Douala ou Yaoundé, « je suis plus camerounais que toi » ?
L’auriez-vous accepté pour votre pays le Cameroun ? Pouvez-vous nous confirmer qu’il y a un planton ou un chauffeur d’origine étrangère au cabinet de Paul Biya ? Le Directeur de cabinet de Paul Biya est-il mis en examen pour un dossier de criminalité financière et corruption comme Accrombessi ?
Le Gabon ne mérite-il pas d’accueillir la crème des étrangers plutôt que les Accrombessi rejetés par leur propre pays et miraculeusement fait roi au Gabon ? Les Dossou ne sont-ils pas d’origine étrangère ? Tous ces étrangers qui vivent au Gabon ne sont-ils pas locataires chez des gabonais ? Dites combien d’étrangers ont été persécutés, massacrés ou expulsés comme ce fut le cas récemment en Afrique du Sud. Pas des expulsions orchestrées par le régime BONGO/PDG (opération Nguéné) défendu par Jeune Afrique, pour maquiller la mauvaise gouvernance, mais celles sollicitées par l’opinion nationale. Saviez-vous que les gabonais ont protégé des béninois quand Bongo Omar avait décidé de mettre l’armée à leur trousse après avoir été giflé par Mathieu Kerekou dans les années 70?
Je vous l’apprends aujourd’hui, la communauté béninoise se sent en insécurité au Gabon, non pas à cause de la supposée xénophobie des gabonais que les sbires du palais du bord de mer vous inspirent, mais plutôt à cause des frasques d’un Accrombessi ingrat (venu dans les bagages d’André Mba Obame) qui n’a aucun respect pour le pays qui a été si généreux envers lui transformant un petit agent immobilier des banlieues parisiennes en puissant Directeur de Cabinet du Président de la République gabonaise. Il n’y a qu’au Bongoland que de tels miracles s’opèrent et s’en offusquer fait de nous désormais des xénophobes !
Monsieur Douguéli, les gabonais refusent de voir une clique infime de profito-situationnistes venir piller allègrement leurs ressources en narguant les gabonais comme ce fut le cas de votre compatriote Kango Komo Jean alias John Travolta.
Les gabonais refusent que leur pays soit sali à cause des pratiques mafieuses et criminelles (crimes rituels) d’une bande d’incapables qui ne sont devenus gabonais que par intérêt et non par amour.
Quand on est un homme d’honneur occupant d’aussi hautes fonctions, on démissionne pour se mettre à la disposition de la justice de son pays au lieu d’inspirer des articles aux relents de xénophobie comme cette proposition de loi inspirée par les mêmes profito-situationnistes du bord de mer qui heureusement semble être rejeté par les parlementaires pédégistes étonnés de sa teneur.
Monsieur Dougueli, de Jeune Afrique on vire à Jeune à Fric?
2/Réponse sanglante de Mr Georges DOUGUELI à Monsieur Marc Ona sur sa page facebook
le 4 septembre 2015 :
Le Gabon est-il Xénophobe ? Réponse à Marc Ona
Nulle part, nous n’avons écrit que les Gabonais, dans leur globalité, seraient des racistes - ou des personnes xénophobes – si vous préférez. Poser la question en « Une » d’un journal, ce n’est pas y répondre. Nos lecteurs habituels savent qu’un tel titre ne peut être pris au premier degré.
L’Obs du 15 janvier 2013 titrait en couv : La Haine (Voyage dans une France xénophobe). Tout lecteur intelligent comprend que le journal nous propose une enquête sur les Zemmour, Dieudo, Soral, etc.
Cela dit, je comprends que des gens aient pu être choqués par l’utilisation des armoiries du pays. J’en suis désolé. Certains pays sont plus chatouilleux que d’autres sur ces symboles. Nous l’avions constaté lors des obsèques d’André Mba Obame. Cet opposant fut inhumé avec le drapeau de son pays. Aux Etats-Unis, l’étendard est retiré avant la mise en terre. A Medouneu non. Certains en furent choqués mais pas Marc Ona, qui hurle aujourd’hui pour quelques mots inscrits sur des armoiries … Cohérence !
Au Gabon, il semble que le rapport aux étrangers soit un sujet tabou à l’instar du tribalisme. Il n’y a pas si longtemps, nous titrions « Bienvenue chez les Fangs », un article qui suscita le courroux d’autres Gabonais, accusés de marginaliser les Fangs… Il ne me souvient pas d’avoir reçu le moindre reproche de Marc Ona, le fier Ekang.
Prendre la parole en public est un privilège mais aussi une lourde responsabilité, a fortiori quand on est un leader de la société civile dont la notoriété a traversé les frontières de son pays. Accombessi n’est pas le Bénin … Mais vous, Marc Ona, avez écrit au président du Bénin pour lui adresser des menaces à peine voilées : « vos compatriotes sont en danger au Gabon » …
Votre lettre, venimeuse à mon encontre, aggrave votre cas. « Monsieur Douguéli, les Gabonais refusent de voir une clique infime de profito-situationnistes venir piller allègrement leurs ressources en narguant les gabonais comme ce fut le cas de votre compatriote Kango Komo Jean alias John Travolta »… Osez-vous écrire.
Rappelons que le pauvre Kango Komo fut chassé comme du gibier avant d’être atrocement torturé et brûlé vif par des pseudos patriotes et vrais criminels dont vous semblez solidaire.
Vous semblez oublier que des Gabonais travaillent à l’étranger… Connaissez-vous Roland Adjo Lessing ? Il est Conseiller d'Alassane Ouattara chargé des Relations avec le système des Nations Unies. Son bureau se trouve à la présidence ivoirienne. Connaissez-vous Serge Maurice Pambou ? Il pilote tout le programme industriel de la RD Congo. Je n’ai pas encore lu une lettre ouverte qui le qualifie, sans preuves, de pilleur.
Je constate avec regret que votre rapport à la presse n’est pas différent de celui des caciques du PDG que vous critiquez. Pour vous, il n’y a pas de journalisme indépendant. On est avec vous ou contre vous.
Un conseil : Ne confondez pas patriotisme et nationalisme. Le premier est l’amour du pays, le second la haine de l’étranger. L’amalgame causera votre perte. Pour finir, je peux vous assurer qu’aucun esprit réducteur et conspirationniste ne nous bâillonnera. Bon vent.
Transcription : ANNE MARIE DWORACZEK-BENDOME
Publié, le 4 septembre 2015