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Le sursaut patriotique
Au matin du 7 janvier 2019, le Gabon s’éveilla dans l’ombre d’une guerre silencieuse entre les sécurocrates du pouvoir et Sylvia Bongo Ondimba. Une élite corrompue, indifférente aux aspirations du peuple, façonnait le destin du pays comme un vulgaire trophée à conserver à tout prix. Les rumeurs de cette lutte impitoyable résonnaient dans toutes les couches sociales, laissant une question oppressante dans l’air : Qui gère le Gabon ?
Le Putsch Éphémère
Au-delà des rêves de prospérité pour la nation, ces élites ne voyaient le Gabon que comme un « gros gâteau » à se partager à ad vitam æternam. Dans cette atmosphère délétère, un groupe de jeunes militaires, fervents des réseaux sociaux et imprégnés d’un patriotisme ardent, se lançait dans un coup d’État mal préparé. Leur motivation, nourrie par des discours de résistance, les entraînera dans une tragédie qui laissera deux morts et quatre arrestations, dont celle du lieutenant Ondo Obiang Kelly, chef éphémère de cette rébellion avortée.
Appel à la société civile
Au micro de la Radiotélévision gabonaise, le lieutenant Ondo Obiang Kelly, président du Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon, lança un appel poignant à la société civile. Il réclama la présence de personnalités, désormais ministre et députés et membre du CESE, pour se rendre à l’Assemblée nationale et former un « Conseil National de la Restauration ».
Il citera notamment des noms gravés dans l’histoire, tels que Jean-Remy Yama (député nommé de la Transition par Brice Oligui Nguema ; Marcel Libama (député nommé de la Transition par Brice Oligui Nguema ; Maitre Paulette Oyane Ondo ; Laurence Ndong (ministre du gouvernement de la Transition Oligui Nguema) ; Bertrand Zibi abeghe (Premier questeur au CESE de Transition, nommé par Brice Oligui Nguema).
Aujourd’hui, ces personnalités, devenues notables sous le régime de transition en place depuis le 30 aout 2023, se souviennent-elles de ces jeunes hommes ? Une interrogation persistante qui révèle les méandres d’une mémoire sélective. Les actes malveillants doivent être dénoncés avec fermeté. Cependant, il est tout aussi important de tirer la sonnette d’alarme face au silence coupable de ceux qui, par naïveté ou par peur ou opportunisme, laissent faire le mal sous leurs yeux. Garder le silence par peur des représailles ou par conformisme est indigne d’une société qui se veut juste et solidaire. C’est en brisant l’omerta et en osant dénoncer toutes les formes d’injustice, aussi petites soient-elles, que l’on construit un monde meilleur.
« La véritable tragédie n’est pas la violence des mauvais, mais le silence des bons. » – Martin Luther King Jr.
Appel à la magnanimité du président de la Transition Brice Oligui Nguema.
Après avoir fait acte d’humanité et de compassion envers certaines personnes qui croupissaient dans les geôles de la prison centrale de Libreville. Le général de brigade Brice Clotaire Nguema, président de la Transition, Chef de l’État, ne saurait rester indiffèrent au sort de quatre de ses jeunes frères d’armes, dont les actes posés ont certes conduit à un geste condamnable le 7 janvier 2019. Pourtant, leurs motivations restent en tous points identiques et à celles des forces de défense, qui ont renversé Ali Bongo Ondimba le 30 août 2023.
L’égalité, dans une nouvelle ère pour le Gabon, doit commencer par un traitement équitable de toutes les filles et de tous les fils de la nation, sans distinction. Bâtir une société juste passe d’abord par l’établissement d’une véritable fraternité entre tous les Gabonais, principe fondateur d’une nation unie et solidaire. Il serait souhaitable que l’avenir du Gabon se construise dans le respect mutuel et l’épanouissement de chacun de ses citoyens.
@DworaczekBendome
10/11/2023