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La promesse du 30 aout 2023
Les événements tumultueux du 30 août 2023, marquant la fin du règne d'Ali Bongo par un coup d'État militaire, continuent de laisser une empreinte indélébile dans l'histoire du pays. Alors que le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) prenait le contrôle du pouvoir, la promesse d'une justice transitionnelle pour juger les actes du régime précédent était formulée.
Révélations sur la santé d'Ali Bongo
Le 15 janvier dernier, la Présidence a diffusé sur sa page officielle Facebook une série de photos attestant de la bonne santé d'Ali Bongo. Ces clichés documentent sa rencontre avec Martin Chungong, Secrétaire Général de l'Union interparlementaire. À la fin de la visite auprès du président déchu, Ali Bongo, M. Chungong a déclaré être "satisfait de constater qu'il se porte bien et de voir que les autorités le traitent avec humanité." Cette déclaration contredit les affirmations antérieures du porte-parole du gouvernement.
Des incertitudes persistent quant à la véritable santé d'Ali Bongo, en particulier après les informations de novembre 2023 signalant son refus de l'exil et sa volonté de faire face à la justice. Cette ambiguïté soulève des questions persistantes sur les 56 années de règne autoritaire d'Ali Bongo, dominé par une seule famille.
Déclarations contradictoires
Au sein du gouvernement gabonais et des autorités de la Transition, des divergences d'opinions contribuent à la confusion. La ministre de la Communication, Laurence Ndong, affirme dans Jeune Afrique qu'Ali Bongo ne peut être jugé en raison de son état de santé, tandis que le président de l'Assemblée nationale, Jean-François Ndongou, plaide en faveur d'un procès. Les photos officielles du 15 janvier 2024, prétendant montrer Ali Bongo en bonne santé, intensifient le débat sur la transparence des intentions gouvernementales.
Zones d'ombre persistantes sur le coup d'État au Gabon
Les années de mauvaise gestion et de fraudes électorales sous le règne d'Ali Bongo ont engendré un profond mécontentement populaire. Qui est réellement responsable des maux infligés au Gabon et à son peuple ? Les Gabonais doivent-ils accepter que Sylvia Bongo, son fils Noureddine, et leur entourage emprisonné soient les seuls à répondre de leurs actes, tandis que le reste s'efface dans l'oubli ? Le caractère sélectif de la justice transitionnelle, dirigée par Oligui Nguema, président de la Transition, suscite des interrogations sur son impact, favorisait-il les coupables ou les victimes ?
La soif de justice
Face à ces incertitudes et ces revirements, les déclarations contradictoires concernant la situation d'Ali Bongo jettent des zones d'ombre sur le coup d'État du 30 août 2023. Le traitement particulier réservé à l'ancien président déchu soulève des questions sur la véritable nature du changement de régime et les objectifs réels du CTRI.
La quête de justice du peuple gabonais au cœur de cette complexité politique
Le peuple gabonais réclame la nécessité d'une justice restauratrice pour rétablir la dignité du pays. La justice transitionnelle est considérée comme une étape cruciale, exigeant qu'Ali Bongo et ses collaborateurs rendent compte de leurs actes. Toute hésitation à cet égard serait perçue comme suspecte et contraire aux aspirations populaires en faveur du changement. Le Gabon aspire à une transition authentique après des années de souffrances.
@DworaczekBendom
15/01/2024