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Billet de blog 21 février 2024

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Les autorités du Gabon confirment le Dialogue national Inclusif pour avril

Retour sur l’entretien ce 21 février 2024, à RFI, de Mme Murielle Minkoué Mintsa, ministre de la Réforme des institutions.

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Gabon - Le point sur le prochain dialogue national inclusif promis par la Transition. Intervention de Mme Murielle Minkoué Mintsa, ministre gabonais de la Réforme des institutions

Six mois après le coup d'État militaire du 30 août 2023, qui a entraîné le renversement du président Ali Bongo, la ministre gabonaise de la Réforme des Institutions, Murielle Minkoué Mintsa, a offert un éclairage approfondi lors d'une interview exclusive accordée ce 21 février 2024 à la radio française RFI. Au cœur de la discussion, elle a mis en lumière les développements post-coup d'État et a particulièrement mis l'accent sur les préparatifs en cours pour le prochain Dialogue National Inclusif. Prévu selon le calendrier pour le mois d'avril de cette année, cet événement crucial devrait jouer un rôle déterminant dans la transition politique du Gabon et la mise en place de réformes institutionnelles significatives.

La situation politique au Gabon avant et après le coup d'État

Avant le coup d'État :

  • Le président Ali Bongo était au pouvoir depuis 2009. Il avait été réélu en 2016, mais son élection avait été contestée et avait entraîné des violences.
  • Le climat politique était tendu entre le pouvoir et l'opposition. L'opposition accusait Ali Bongo de fraudes électorales et réclamait plus de transparence.
  • La santé fragile d'Ali Bongo après un AVC en 2018 avait affaibli son pouvoir et renforcé les tensions au sein de son propre camp entre factions rivales.
  • L'opposition et la société civile dénonçaient la répression contre ses leaders (arrestations, procès). Le pouvoir était accusé d'autoritarisme.
  • Une tentative de coup d'État de la garde présidentielle avait échoué en 2019, montrant des dissensions au sein de l'armée.

Après le coup d'État du 30 août 2023 :

  • Le général Brice Oligui Nguema s'est emparé du pouvoir à la tête d'un comité militaire de transition après l'annonce contestée de la réélection d'Ali Bongo le 30 aout 2023.
  • Le nouvel homme fort a cherché un équilibre en intégrant des civils de l'opposition dans le gouvernement de transition tout en gardant la mainmise des militaires.
  • Des leaders emprisonnés sous Ali Bongo ont été libérés, un signe d'ouverture, mais le pouvoir du chef de la junte demeure total.
  • La communauté internationale a condamné le coup d'État. Et des sanctions ont été prises contre le Gabon.
  • L'organisation d'élections libres et le rerour à l'ordre constitutionnel ont été promis aux populations par la junte. Cependant, l'incertitude demeure sur l'évolution politique du pays. 

Au Gabon, depuis des années, diverses concertations politiques ont été mises en œuvre pour résoudre les tensions et les conflits internes. Parmi les dialogues majeurs figurent le Dialogue Politique National de 1990, les Accords de Paris de 1994, les Accords d'Arambo de 2006, le Dialogue Politique d’Angondjé de 2017, et récemment, la Concertation Politique de 2023. Dans un peu plus d'un mois, la ville de Libreville accueillera le Dialogue National Inclusif de la Transition, marquant ainsi une nouvelle étape dans les efforts de résolution et de consolidation de la stabilité politique.

Transition : Dialogue national

Dirigé par le général Brice Oligui Nguema et devant durer jusqu'à la tenue de nouvelles élections en août 2025, le gouvernement de transition à la tête du Gabon depuis le 30 aout 2023, se prépare activement à orchestrer un dialogue national inclusif. Cette démarche, ardemment attendue par une population épuisée par les tensions politiques, aspire à entreprendre une réforme en profondeur des institutions politiques du pays, ouvrant la voie à l'élaboration d'une nouvelle Constitution.

Mme Murielle Minkoué Mintsa, la ministre gabonaise de la Réforme des Institutions, a exposé en détails le processus de transition en cours depuis le putsch. Elle a annoncé avec assurance la prochaine tenue du dialogue national inclusif, en stricte conformité avec la feuille de route tracée par les militaires. La ministre a souligné l'importance cruciale de cette concertation, destinée à engager un dialogue décisif avec la participation de l'ensemble.

Rappel : Les objectifs du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) dévoilés  au début du mois de septembre 2023 

Les six (6) buts du CTRI étaient les suivants :

  1. Rétablir la stabilité et la confiance ;
  2. Entreprendre des réformes institutionnelles et législatives ;
  3. Combattre la corruption ;
  4. Promouvoir le développement durable et économique ;
  5. Favoriser l'éducation et la sensibilisation ;
  6. Encourager le dialogue national et la consultation publique

Pour parvenir à ces objectifs, divers préalables étaient indispensables.

  1. Faciliter une nouvelle expression pour les Gabonais qui en avaient perdu l'habitude ;
  2. Restaurer une économie dévastée par 14 ans de gabegie et de pillage ;
  3. Alléger une dette colossale qui n'a pas contribué au développement du pays ;
  4. Satisfaire les principales revendications populaires pour assurer une paix sociale que des élections seules ne pourraient garantir ;
  5. Accorder au Peuple gabonais le pouvoir de décider démocratiquement à travers ses représentants au Parlement et, surtout, au Dialogue National Inclusif.

Le chronogramme

Le 13 novembre 2023, le CTRI avait dévoilé un calendrier indicatif pour la transition politique au Gabon, s'étendant sur deux ans et culminant avec la tenue d'élections en août 2025. Mme Minkoué Mintsa, lors de son entretien du 21 février 2024, a souligné que ce dialogue, longuement réclamé par tous les acteurs de la vie politique et sociale gabonaise, constituera une étape décisive pour l'avenir du pays. Les militaires au pouvoir ont fait de cette initiative l'une de leurs principales promesses et seront scrutés de près, devant démontrer leur véritable volonté d'instaurer une ouverture démocratique. Le chronogramme en question se présente comme suit :

* Septembre 2023 : Rencontre avec les Forces Vives de la Nation.
* Septembre à octobre 2023 : Mise en place des Institutions de la Transition (Cour Constitutionnelle, Gouvernement, Sénat, Assemblée Nationale, Conseil Économique Social et Environnemental) de la Transition.
* Du 9 octobre au 30 novembre 2023 : Appel à contribution sur le diagnostic de la situation et les moyens de corriger les différents dysfonctionnements et collecte de ces contributions par un Secrétariat créé auprès du Ministère de la Réforme des institutions.
* décembre 2023 : Inventaire des problèmes identifiés et synthèse des propositions.
* Janvier 2024 : Restitution de la synthèse et enrichissement du rapport.
* Fin février 2024 : Adoption de la synthèse après la prise en compte des dernières observations.
* Du 1ᵉʳ au 30 avril 2024 : Dialogue National Inclusif devant dessiner les nouveaux contours politiques et institutionnels de la République sous la présidence de l’Archevêque de Libreville.
* Début juin 2024 : Transformation du Parlement en Constituante.
* Fin août 2024 : Disponibilité de la première mouture de la future Constitution.
* Fin du mois d’octobre 2024 : Adoption par la Constituante, après intégration des observations, du projet final de Constitution.
* Entre novembre et décembre 2024 : Référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution.
* Janvier 2025 : Début des travaux du nouveau Code électoral.
* Première quinzaine de février 2025 : collecte des observations et remarques de la première mouture du Code électoral.
* Mi-février 2025 : Débat final sur le Code électoral.
* Fin février 2025 : prise en compte des remarques et des observations et disponibilité du texte final.
* Mi-mars 2025 : Adoption du texte par le Parlement et promulgation par le Chef de l’État.
* Avril 2025 : Début de la révision de la liste électorale.
* Juillet 2025 : Distribution des cartes d’électeurs et mise en place du matériel électoral.
* Août 2025 : Élections.  

La concertation nationale inclusive. Le format à titre indicatif 

À ce jour, le recensement des contributions s'élève à 27 000, en attendant le complément en cours à l'intérieur du pays et parmi la jeunesse. Le caractère inclusif du dialogue permettra une participation ouverte à toutes les strates sociales, professionnelles, culturelles et confessionnelles. On anticipe une implication de 500 à 1000 personnes, assurant ainsi une représentativité diversifiée. Le déroulement du dialogue respectera scrupuleusement les étapes préalablement annoncées, débutant en avril comme initialement planifié, avec une durée prévue d'un mois. Deux sites prestigieux ont été sélectionnés, à savoir le Stade d’Angondjé et le Palais des Sports de Libreville, offrant un cadre propice aux échanges constructifs. En ce qui concerne les aspects logistiques, le coût global de l'opération est estimé entre 3 et 5 milliards de francs CFA, démontrant ainsi l'engagement financier substantiel pour la réussite de cette concertation nationale inclusive.

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Dialogue National inclusif présidé par Mgr Jean-Patrick Iba-Ba, Archevêque métropolitain de Libreville.

Déroulement

La direction de la concertation sera assurée par Mgr Jean-Patrick Iba-Ba, Archevêque métropolitain de Libreville, apportant une dimension éthique et respectée à l'événement. Les travaux se déploieront au sein de commissions et sous-commissions spécialisées, garantissant une exploration approfondie des différentes thématiques. Le Bureau du dialogue, en tant qu'entité centrale, assumera la responsabilité de présenter non seulement le rapport final de la concertation, mais également les actes d'accompagnement aux autorités de la Transition. Cela s'inscrit dans une démarche d'assurance, de cohérence et d'efficacité dans la mise en œuvre des recommandations formulées. Pour garantir un déroulement optimal des travaux, un cadre formel sera défini, comprenant un règlement intérieur. Cette approche méthodologique vise à instaurer une structure claire et des procédures bien définies, favorisant ainsi un environnement propice à des échanges constructifs et à des résultats significatifs au cours de ces assises importantes pour l'avenir du pays.

@DworaczekBendom
21/02/2024

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