GABON-SOUVERAINISTES : COMMUNIQUE CONCERNANT LA SITUATION DE MESDAMES ANNIE LEA MEYE ET GEORGETTE TOUSSAINT

 

 

Union natinale-souverainiste-Mme léa annie meye

COMMUNIQUE
Des “Souverainistes“ Sur l’enlèvement et la séquestration de Mesdames Annie Léa Meyé et Georgette Toussaint

 

Le samedi 18 avril 2015, entre 4h et 5h du matin, les domiciles respectifs de mesdames Georgette Toussaint et Annie-Léa Meyé ont été violés et détériorés par des éléments armés de la Police nationale qui les ont enlevées devant leurs familles et conduites dans les locaux de la Police judiciaire.

 

Si l’on en croit le journal pro-gouvernemental « L’Union », ces arrestations feraient suite à l’incendie de l’Ambassade du Benin, quelques heures après l’annonce du décès survenu à Yaoundé, le dimanche 12 avril 2015, de Monsieur André Mba Obame, Président de la République élu par le peuple gabonais le 30 août 2009.

 

Certes, le mouvement “Les Souverainistes“ condamne cet incendie. Pour autant, nous ne pouvons pas nous empêcher de dénoncer la campagne odieuse et insidieuse menée dès le dimanche 19 sur les réseaux sociaux par des internautes à la solde du pouvoir, et qui désignait déjà Madame Annie-Léa comme coupable de ce crime, alors que l’opinion publique s’attendait à l’ouverture d’une enquête. Cette campagne a été relayée par le quotidien « L’Union » dès le lendemain, et ensuite par le ministre de l’Intérieur, Monsieur Louis Bertrand Mapangou qui, contrairement aux usages dans les pays normaux, se fendra d’une déclaration maladroite et inappropriée, à l’Ambassade du Benin, donc en territoire étranger, annonçant l’arrestation prochaine de militants et leaders de l’Opposition.

 

Comme si ça ne suffisait pas, le même ministre de l’Intérieur a, à cette occasion, affirmé que nul n’est au-dessus de la loi. Faut-il apprendre à ce monsieur, en retour que les gouvernants, chargés d’appliquer la loi ou de la faire appliquer, sont également soumis à son autorité ?

 

Le mouvement “Les Souverainistes“ constate, pour le dénoncer avec force et vigueur, et pour le déplorer, qu’en cassant les propriétés de mesdames Toussaint et Meyé, pour y pénétrer en dehors des heures légales, sans présentation de mandats, les forces de sécurité se sont lamentablement déshabillées du manteau de la loi pour porter honteusement celui d’une milice au service d’un pouvoir illégitime et illégal. Monsieur Guy Bertrand Mapangou qui visiblement ne connaît rien du droit, serait bien inspiré, après s’être rapproché des juristes qui l’entourent, de condamner ces actes posés en marge de la loi et qui donnent toute sa résonnance aux propos qu'il a tenus à l’ambassade du Benin, à savoir : « Nul n’est au-dessus de la loi ».

 

Ces grossiers vices de procédure, dénoncés dans les heures qui ont suivi les arrestations arbitraires de mesdames Meyé et Toussaint, auraient dû conduire, dans un Etat de droit digne de ce nom, à la relaxe pure et simple des intéressées, quitte à ce que ces dernières se tiennent à la disposition de la justice.

Le refus systématique et volontaire opposé par la Police à l’accès des avocats et de la famille aux intéressées et à leurs dossiers démontre à suffisance la violation des droits fondamentaux de la défense de mesdames Toussaint et Meyé et, plus généralement, des droits de l’Homme. Ces agissements qui sont récurrents dès lors qu’il s’agit de sympathisants et/ou militants de l’Opposition, confirment le caractère partisan et dictatorial du pouvoir établi depuis 2009 dans notre pays.

 

L’intervention du procureur de la République, 72 heures, oui 72 heures après la séquestration de mesdames Toussaint et Meyé, ne donne aucune explication sur la situation juridique des intéressées, et encore moins sur le non-respect des droits fondamentaux de la défense. Ses propos approximatifs sur les personnes qu’elle veut désigner comme témoins ou présumés coupables, sans jamais les citer, ne renseignent pas sur le degré d’implication dans cette affaire de mesdames Annie-Léa Meyé et Georgette Toussaint, aujourd’hui otages du pouvoir.

Ce pouvoir en mal de légitimité et de plus en plus honni serait bien inspiré de chercher à comprendre pourquoi des compatriotes, des gabonais, en sont arrivés à une telle extrémité. Il donnerait ainsi une place plus importante à son rôle de prévention. Cela le sortirait de la répression systématique comme mode de gouvernement qu’il s’est plutôt donné depuis le hold-up électoral de 2009.

 

Le mouvement “Les Souverainistes“ s’étonne, comme de nombreux Gabonais et amis du Gabon, de la célérité inhabituelle avec laquelle des coupables ont été désignés et des personnes arrêtées alors que des familles entières attendent depuis de nombreuses années des réponses de notre justice, quant à la disparition et aux assassinats de nos compatriotes : Germain Mba, Joseph Rendjambè, Pascal Ndouna Dépenaud, Jean-Marie Djoué Dabany, Pierre Mamboundou, Bruno Mboulou Beka... ou encore de l’agression du Professeur Albert Ondo Ossa, en plein jour, devant les caméras d’une représentation diplomatique et dont le film a été remis aux autorités policières.

 

Les sordides manœuvres du pouvoir en vue de boycotter les obsèques d’André Mba Obame sont des provocations inutiles dont il portera seul la responsabilité des imprévisibles effets de frustrations sur le peuple du changement. Au regard des nombreux vices de forme relevés dans cette affaire, et compte tenu du climat politique du moment, sans doute à l’origine de cette situation, “Les Souverainistes“ exigent la libération immédiate de mesdames Annie-Léa Meyé et Georgette Toussaint qui se tiendront à la disposition de la justice pour répondre éventuellement des faits qui leur seraient reprochés.

 

Fait à Libreville, le 21 avril 2015

 

 

PJ : COMMUNIQUE POUR ANNIE-LEA des "Souverainistes"

 

Transcription : ANNE MARIE DWORACZEK-BENDOME

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