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Six mois après le coup d’État du 30 août 2023 au Gabon, orchestré par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema et ses troupes en treillis, baptisé le « coup de liberté », les espoirs initialement suscités par cet événement s’amenuisent progressivement. Au lieu de marquer une rupture significative avec l’ancien régime, la nouvelle administration semble plutôt témoigner d’une continuité avec le pouvoir précédent.
» Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut » — Paul Biya
Au Gabon, l’orientation politique actuelle dirigée par Brice Clotaire Oligui suscite des interrogations quant à la concrétisation des promesses formulées en faveur du peuple gabonais sous le thème de « l’essor vers la félicité«. La gouvernance en cours présente des similitudes frappantes avec les pratiques passées, notamment celles du défunt Omar Bongo, engendrant une incertitude quant à la direction future du pays.
Malgré les engagements positifs envers les populations, les réalités politiques en place reflètent des méthodes anciennes, laissant la population gabonaise désorientée quant à l’évolution de la nation. Les discours séduisants contrastent avec une atmosphère familière de déjà-vu au sommet de l’État, rendant ardue la perception d’un réel changement vers un avenir prometteur, comme évoqué dans l’annonce d’un hypothétique « coup de liberté«
Le Gabon Sous Omar Bongo Ondimba
La gestion politique et économique du Gabon sous la junte militaire rappelle de manière frappante et troublante une pâle copie de celle menée autrefois d’une main de fer par le défunt et autocrate Omar Bongo. Avec la résurgence de tous les travers néfastes qui caractérisaient son régime, comme le populisme démagogique ; l’intimidation et la répression des opposants ; l’achat éhonté des consciences et des soutiens par la corruption ; l’égarement et le mépris des véritables aspirations du peuple ; le culte excessif de la personnalité et la propension à s’arroger tous les pouvoirs ; ainsi que le droit arbitraire de nommer qui bon lui semblait. Il ira jusqu’à dire dans sa toute-puissance : « je peux faire d’un chien un ministre et d’un ministre un chien ».
Le CTRI
Brice Clotaire Oligui Nguema, déjà gravé dans l’histoire de son pays, cherche à gagner encore plus de popularité, mais sa stratégie semble risquée. Il opte pour des discours simplifiés, préférant les promesses audacieuses à une réflexion approfondie. C’est un peu comme jongler avec des couteaux – une approche à haut risque. Les citoyens, bombardés de discours passionnés sans réel contenu, se retrouvent un peu comme des explorateurs perdus dans un labyrinthe, où l’émotion prend constamment le dessus sur la raison.
Cette dérive rhétorique, savamment orchestrée par lui-même et son entourage, conseillers compris, crée un terrain propice à l’émergence d’un État sans bases solides. C’est un peu comme construire un château de cartes, fragile et exposé aux caprices de la contestation populaire. Le risque n’est pas seulement le culte de la personnalité, mais aussi la fragilité d’une gouvernance basée sur des artifices langagiers plutôt que sur une vision structurée. Il est crucial de comprendre que la séduction immédiate ne peut pas remplacer une gouvernance éclairée et ancrée dans des principes solides. Courir après la popularité, surtout au détriment de l’intégrité et de la réflexion, c’est un peu comme jouer avec le feu et risquer de compromettre la stabilité du pays.
Des achats des consciences
Oligui Nguema à la différence de son prédécesseur, qui avait fait le grand ménage dans l’équipe ayant dirigé le Gabon avec son père, ce qui, entre nous, n’avait pas vraiment porté ses fruits en termes d’infrastructures (41 ans d’Omar Bongo pour seulement 900 km de routes bitumées de 1960 à 2009), voilà que certains anciens pontes autant que lui responsable du pillage et de la mal gouvernance font leur come-back. C’est un peu comme si on distribuait des bonbons pour obtenir un sourire, sauf que là, c’est l’intégrité et la transparence de la gouvernance qui sont mises à mal. On pourrait presque comparer cette compromission à un cancer, rongeant les bases mêmes d’une démocratie saine. Et tout cela se fait au détriment de la confiance du peuple, sacrifiée sur l’autel d’ambitions personnelles insatiables. Un peu comme échanger un trésor pour une poignée de grains de sable.
Absence des contrepoids
Avec Oligui Nguema aux commandes, on se croirait presque à Moscou ou en Corée du Nord. Le culte de la personnalité atteint des sommets, propulsant le général de brigade dans une dimension quasi-divine et élevé au rang d’un personnage intouchable. Cette vénération démesurée concentre le pouvoir de manière quasiment délirante. C’est comme si on accordait à une seule personne une influence qui dépasse toutes les limites, sapant ainsi les mécanismes essentiels de contrôle et de contre-pouvoir qui garantissent une gouvernance équilibrée.
Plutôt que de renforcer l’État de droit, cette concentration excessive, au contraire, menace d’ébranler les piliers mêmes des institutions républicaines. C’est un peu comme construire une tour sur des fondations fragiles, en espérant qu’elle ne s’effondre pas. L’affaiblissement des contrepoids crée un déséquilibre inquiétant, laissant une seule voix prévaloir sur la diversité nécessaire à la prise de décision. On pourrait imaginer cela comme une symphonie où un seul instrument couvre toutes les autres mélodies. Et pour couronner le tout, il a lui-même désigné chaque personne qui occupe un siège dans les institutions de la Transition. C’est un peu comme confier les rênes du pouvoir à une seule personne et espérer que cela n’engendre pas des discordes. Un peu comme donner carte blanche à un seul chef d’orchestre, en espérant que la symphonie qui en résultera ne sera pas dissonante.
Nominations copains et coquins
L’analogie du droit de faire d’un chien un ministre, bien que provocatrice, met en lumière les nominations arbitraires dans un paysage politique sous l’influence du populisme. Cette approche, caractérisée par une loyauté aveugle, relègue la compétence et l’intégrité au second plan, entraînant des institutions incapables de répondre efficacement aux besoins de la société. Une démarche aussi absurde qu’inquiétante pour la stabilité nationale. Plutôt que de conduire vers l’essor, cette absurdité politique, loin d’être anodine, crée un précédent dangereux où la gouvernance devient une farce, mettant en péril la crédibilité même des institutions censées garantir le bien commun. Ainsi, la vigilance et la défense acharnée des valeurs démocratiques se révèlent cruciales pour préserver l’équilibre d’une société prospère et résiliente face aux défis du temps.
@DworaczekBendom
29/02/2024