amdb (avatar)

amdb

JOURNALISTE INDEPENDANT, FONDATRICE ET DIRECTRICE DE PUBLICATION DU BLOG DB-NEWS.

Abonné·e de Mediapart

1290 Billets

0 Édition

Billet de blog 30 août 2024

amdb (avatar)

amdb

JOURNALISTE INDEPENDANT, FONDATRICE ET DIRECTRICE DE PUBLICATION DU BLOG DB-NEWS.

Abonné·e de Mediapart

Marcel Abéké : l'homme qui révolutionne le pétrole gabonais

Depuis sa nomination après le coup d'État du 30 août 2023, Marcel Abéké, ministre du Pétrole au Gabon, a initié de nombreuses actions majeures.

amdb (avatar)

amdb

JOURNALISTE INDEPENDANT, FONDATRICE ET DIRECTRICE DE PUBLICATION DU BLOG DB-NEWS.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Par Anne-Marie Dworaczek-Bendome | Publié le 16 août 2024

Marcel Abéké : L’architecte de la transition énergétique dans le secteur pétrolier

En onze mois à la tête du ministère du Pétrole, Marcel Abéké a orchestré une refonte en profondeur du secteur pétrolier gabonais. Du rachat d'Assala à la présidence de l'OPEP, en passant par une diplomatie énergétique offensive, le ministre bouscule les paradigmes établis. Mais cette politique volontariste soulève des interrogations sur sa pérennité et son impact réel sur l'économie nationale.

De la présidence de l'OPEP au rachat stratégique d'Assala, Marcel Abéké imprime sa marque sur le secteur pétrolier gabonais. Mais derrière les coups d'éclat diplomatiques et les opérations financières audacieuses, se dessine une politique énergétique dont les contours et les implications à long terme restent à éclaircir. Entre volontarisme affiché et réalités structurelles, le bilan du ministre soulève autant d'espoirs que de questions.

Illustration 1
Le président de la Transition, M. Brice Clotaire Oligui Nguema et son Ministre du Pétrole et du gaz, M. Marcel Abéké.

Une ascension fulgurante sur la scène pétrolière internationale

Lorsque Marcel Abéké prend les rênes du ministère du Pétrole en septembre 2023, peu imaginent l'impact qu'il aura sur le secteur en à peine onze mois. Sa nomination à la présidence de la conférence de l'OPEP le 30 novembre 2023 marque un tournant. Il est le second gabonais à être porté à la tête de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), depuis Marc Saturnin N’nang Nguema (1ᵉʳ juillet 1981 au 30 juin 1983), qui regroupe 13 pays producteurs de pétrole, pesant près de 80 % des réserves mondiales prouvées.
Cette nomination est un coup de maître diplomatique. Elle offre au Gabon une visibilité et un pouvoir d'influence important sur les marchés pétroliers mondiaux. Mais cette ascension fulgurante soulève des interrogations. On peut se demander si le Gabon a les épaules pour assumer un tel rôle, avec une production pétrolière en déclin depuis des années. Le pays ne risque-t-il pas de se retrouver en porte-à-faux face aux géants du secteur ?

Le rachat d'Assala : coup de poker ou vision stratégique ?

L'autre fait marquant du mandat d'Abéké est sans conteste le rachat de la société Assala par l'État gabonais, finalisé en juillet 2024. Cette opération, chiffrée à plusieurs centaines de millions de dollars, marque le retour de l'État dans l'exploitation directe des ressources pétrolières.
C'est un changement de paradigme, après des décennies de désengagement, l'État reprend la main sur des actifs stratégiques. Cela pourrait permettre de maximiser les retombées économiques du pétrole pour le pays. Mais ce rachat a soulevé aussi des inquiétudes. L'État gabonais avait-il les capacités techniques et financières pour gérer efficacement ces actifs ?

Illustration 2
Gabon, février 2024, Présidence de la république : cérémonie de signature du rachat d’Assala

Une politique sociale en demi-teinte

Sur le plan social, le bilan d'Abéké est plus contrasté. Si le ministre a initié des négociations avec les syndicats pour améliorer les conditions de travail dans le secteur, les résultats concrets se font attendre. "On nous promet monts et merveilles, mais sur le terrain, rien ne change", déplore le secrétaire général du syndicat ONEP. "La précarisation des emplois reste une réalité quotidienne pour de nombreux travailleurs du secteur pétrolier."

L'implication des sociétés autochtones : entre espoirs et scepticisme

La création de la Confédération des entreprises pétrolières autochtones du Gabon est présentée comme une avancée majeure par le ministre. Mais certains acteurs du secteur restent sceptiques. "C'est une belle initiative", concède Charles TCHEN, président de la Convention des entreprises pétrolières autochtones du Gabon (CEPAG). "Mais dans les faits, les grands contrats continuent d'échapper aux entreprises locales. On attend toujours des mesures concrètes pour favoriser notre développement."

Marcel Abéké : Un bilan éclatant, mais des défis sous-jacents
Illustration 3
La confiance et le respect entre le Président Oligui Nguema et Marcel Abéké, ancien pilier du Groupe Comilog-Eramet et actuel ministre du Pétrole et du Gaz

Après onze mois à la tête du ministère du Pétrole, Marcel Abéké peut se targuer d'avoir insufflé un nouveau dynamisme au secteur. Mais derrière les coups d'éclat diplomatiques et les opérations financières audacieuses, des questions de fond demeurent.
La production pétrolière gabonaise continue de décliner, les retombées économiques pour la population restent limitées, et la transition énergétique, bien qu'évoquée, peine à se concrétiser. Le véritable test pour Marcel Abéké sera de transformer ces succès diplomatiques en avancées tangibles pour l'économie gabonaise et le bien-être de sa population.
Dans un pays où le pétrole représente encore près de 80 % des exportations, l'avenir du Gabon se joue en grande partie dans les bureaux du ministère du Pétrole. Marcel Abéké a placé ses pions sur l'échiquier pétrolier mondial. Reste à voir s'il saura les faire fructifier au bénéfice de tous les Gabonais.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.