J’hésite entre « très nul » et « très nul mais fait exprès ». Pourquoi très nul ? De la musique à faire pleurer dans les chaumières avec un bon air à la française (deux-trois titres qui reviennent), des plans beaucoup trop longs et beaucoup trop zoomés sur le personnage principal, une histoire des plus banales et qui coche tous les éléments d’une fiction (décès, adultère, accident, amitié…).
En réalité, la caméra est loin d’être mauvaise : j’ai beaucoup apprécié le grain de l’image et l’alternance de couleurs entre le film et les reportages pour la télé. Mais ce sont là les seules caractéristiques qui me sont restées positivement en mémoire…
Mais surtout : ce scénario à l’emporte-pièce qui coche toutes les cases de l’apprentissage du personnage sans que ce dernier n’en tire rien. Ou si, il en tire, mais avec une superficialité qui pourtant est son principal défaut et dont il ne sort jamais. Ce personnage c’est France, allégorie du pays peut-être, symbole du journalisme d’aujourd’hui certainement.
Pourquoi fait exprès ? Si la nullesse du propos n’est pas on purpose, ce film est un danger public. Mon inquiétude réside dans le fait que la limite est très floue à l’oeil du spectateur. Celleux n’y voyant qu’une triste histoire de journaliste sont-ils légion ? Car au-delà de cette critique sociale, bien sûr, du journalisme, de la célébrité… prendre ce film au premier degré c’est se complaire dans ce qu’il rejette, et devenir sa victime, devenir ce sur quoi il crache. Un film qui crache sur ses spectateurs ça fait mauvaise presse (quelle blague, et d’ailleurs il est mal noté).
Alors, ce film est-il une critique de génie incomprise par la plèbe ? Un hommage raté au journalisme ? Est-ce du Jean de la Fontaine qui s’enorgueillit de la présence du président ? Ou l’histoire au premier degré d’une bourgeoise qui « découvre » à quarante ans la misère et les difficultés de la vie (ou qui fait semblant, tout du moins) ?
Vous savez ce que j’espère.