[TW : spoilers / j’ai vu le film au cinéma]
Il est de ces films que l’on découvre par leur bande-annonce. Souvent habilement agencée, elle donne le ton à ce qui va suivre. Quel plaisir a-t-on lorsqu’elle ne nous a fait découvrir que le début de l’histoire ; quelle déception a-t-on lorsque le film s’y résume. Rien à foutre a quelque chose de cette seconde catégorie.
Non pas tant qu’il se limite à la vie d’une hôtesse de l’air. Mais il développe un discours qui fait douter sur le sens du titre, et il ne développe pas le propos mis en exergue pourtant en bande-annonce. On pourrait en dire que le film somme toute a sa part de surprise. Mais une surprise décevante pour les attentes crées.
Sur le propos développé dans la seconde partie, j’en reste encore perplexe. J’y cherche toujours la manifestation sensible de la formule « rien à foutre ». Il s’agit d’une partie plus mélancolique encore que la première, où la solitude du personnage — qui a pu faire dire certain·es que le film était triste, voire déprimant, ce à quoi je n’adhère que difficilement — est mise en exergue. Celui ou celle qui est seul·e l’est toujours plus en compagnie d’autrui…
Sur le propos mis en exergue en bande-annonce est présent en filigrane tout au long du film, ce qui certes sert le je m’en foutisme. On est reste sur sa fin ; mais tout comme le sont les personnes, et les personnes au-delà de la fiction qu’ils décrivent. Le cinéma peut avoir cette habilité à montrer la vie telle qu’elle se vit, la vie simple que Flaubert décrit. Dans cette histoire cela s’attache au travail de l’argent, qui la poursuit pendant ses heures (did you sell enough perfume and rated your colleagues objectively), pendant son temps libre (changez donc de forfait pour seulement 14,99 de plus par mois)… mais sans que cela ne soit jamais vulgaire. Comme si le personnage planait au-dessus de cette misère (tout juste esthétisée pour servir la caméra et en fait un objet artistique) quotidienne, simple, partagée.
Comme quoi, le titre a toute son importance. L’expérience aurait-elle été la même sans le connaître ? sans avoir visionné la bande-annonce ? Il oriente la vue du spectateur, fait partie intégrante de l’oeuvre.