Quelle déception. Je commence à écrire ces lignes, que je mature dès les premières pages, bien avant d'avoir terminé l'ouvrage, et je les termine avec la même amertume. Peut-être ne devrait-on s'avancer devant aucune lecture avec des attentes, mais toujours s'offrir à la pensée de l'autre comme à chaque fois le premier livre que l'on tiendrait entre ses doigts. Mais la réalité est autre, et les précédents encadrent chaque nouvelle proposition littéraire. Les précédents du genre, les précédents de l'auteur, les précédents des autres.
Ces autres qui travaillent sans relâche à entamer les bords durs d'un monde en faillite, à montrer le futur obscuranci et crasse, à ouvrir la voie d'un renouveau clair en soulignant sa misère actuelle.
Ces autres qui travaillent sans relâche à détruire l'image polissée d'un monde fragmenté qui se ment à lui-même, à éclairer le chemin vers une égalité sans faille, à construire une réelle sérénité.
Ce livre, par des détours d'une fiction lambda et des phrases toutes faites, casse ces deux projets en se les appropriant et en affaiblissant leurs discours. C'est leur desservir que les exploiter, mal.
La description fade d'une guerre sociale et d'une technologisation libérale de la société ne suffit pas à honorer la science-fiction.
La personnalité fade d'un unique personnage féminin qui terminera sa route dans les bras du vieux loup de mer, sous couvert d'avoir casé le terme de consentement une fois dans l'ouvrage, ne suffit pas à honorer les combats féministes.
Écrivez autre chose.