Plaidoyer virulent

Tout accusé a droit à un avocat. Mon client se nomme Corona et je le défends à titre gracieux.

Je me fais ici l'avocat du diable :

On accuse mon client, le virus que l'on surnomme Corona, de tous les maux. On l'accable comme ses congénères, or c'est un être innocent et dénué de mauvaise intentions.
Pourquoi tant de haine ?
Il nous rappelle en effet que pour la nature nous ne valons, avec tous nos biens et savoirs, pas plus qu'une huitre.
Notre monde est une huitre.
Voila le problème, et seule notre folie, engageant fiévreusement toute sa démesure, s'acharne à la conquérir.
Or mon client lui est une comète, un astre lumineux, il est pure comme l'ether.
Et nous autres préférons les impuretés, espérant en retirer des profits, mettant le monde en culture pour spéculer sur ses capacité de résistance, puis vénérer le dieu argent qui donne une valeur aux perles.
De la vient notre malheur.
De cette furie, cette folie, cette fièvre naturelle qui nous habite et nous fait tout craindre.
L'homme est cet être craintif qui ne sait pas faire usage raisonnable du feu. On lui envoi la lumière, la chaleur, l'espoir, et il brule sa maison avec, asphyxiant ses enfants, sa femme et son chien.
Voila le coupable c'est l'homme.
Qui est allé chercher mon client dans la jongle ?
Qui pour épater la galerie mange des chauves souris ?
C'est pas moi dira t'il, c'est l'autre, cet autre qui est sois son frère, sois son prochain, qui pourtant avec lui ne fait qu'un.
"Jésus peur" dit il tout le temps. Se justifie t'il tout en sentant sa culpabilité.
Il a tout le temps peur, peur du lendemain, de l'autre, de son propre reflet.
Il est vivant mais c'est un astre mort, un feu éteint, un phare brisé.
De son œuvre ne reste que des petites diodes clignotantes attachées à des fils pendants.
Il dit avec narcissisme "c'est atomique c'est supraconducteur", c'est waouh!
Vous l'aurez compris cet idiot passe son temps à se divertir, se taper dessus et à s'autodétruire.
Il cloue au pilori celui qui lui dirait la vérité, il la déteste.
Aussi et comme l'objet de ma plaidoirie consiste à jeter justement une lumière sur les faits, au nom du principe de justice, je vous demande, messieurs les juges, de retirer l'accablant fardeau pesant sur mon client et de renvoyer l'accusation à sa propre autodestruction permanente pour laquelle il fait tant d'effort de dissimulation et de diversion.
Cette accusation est uniquement faite pour obtenir de l'argent, et il est remarquable de voir comme tout en déplorant les conséquences, il chérit les causes de son malheur.
C'est une soumission volontaire à un prince qui est par devant décrié, et par derrière admiré.
Je demande que l'on le condamne à la honte ces adorateurs de Totoche, Merzavka, et Filoche, à ne plus avoir de face, à se cacher le visage à jamais. Le masque doit être obligatoire pour cette raison, et seulement celle-ci.

La cour va rendre son délibéré :

Condamnons à la honte perpétuelle ce peuple égaré à porter sur le nez l'objet de son infamie, le masque social, qui lui rappellera que nous sommes tous égaux, devant la loi de la nature, et qu'il déteste la liberté tout autant que la vérité. Ce baillon aveuglant sera dorénavant, et à sa demande, sa peine. Car il faut rappeler que, bien que son degré d'imitation des plus vils comportements ne lui permette pas d'en appeler au libre arbitre, nous le condamnons tout de même, et le répétons car il le fait déjà si bien lui-même, à l'humiliation, à défaut de lui avoir préféré l'humilité.

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