Elles et ils s'appelaient

Elles et ils s'appelaient Samuel, Frederick, Véronique, Nouhou, Faisal...

Ils venaient du Congo, du Ghana, d'Irak, ou encore de Syrie. Ils ont tous perdu la vie en tentant de rejoindre l'Europe. Le journal allemand Der Tagesspiegel leur rend hommage en publiant, l'identité de ces 33 293 réfugiés, morts entre le 1er janvier 1993 et le 29 mai 2017. Initiative bouleversante qui rappelle à l’Europe ses responsabilités humanitaires.

Elles et ils s'appellent Msghina, Hassan, Malode, Assone.

Lorsqu'ils sont arrivés exténués, l'hiver dernier, dans la vallée de la Roya, quatre papis et mamies les ont nourri, logés et transportés comme si c'était leurs propres enfants ou petits enfants… et ont été condamnés pour ces actes humanitaires.

Elles s'appellent Tirgae, Yorhanos et Nurah.

Elles sont blessées sur le bord de la route, Pierre Alain Manonni, chercheur Niçois, les transporte pour qu'elles soient soignées à Marseille. Il a été condamné pour cet acte humanitaire.

Elles et ils s'appellent Salem, Marie, Fatou, Abakar, Adam, Annour, Alex, Nazir…

Avec quelques milliers d'autres, quand ils sont enfin arrivés en France par la vallée de la Roya, au terme d'un véritable cauchemar, un jeune agriculteur leur a porté secours et réconfort. Comme si c'était ses propres frères et sœurs. Cédric a été condamné à plusieurs reprises et aujourd’hui le préfet des Alpes maritimes porte plainte contre lui.

Comment pourrait-on d’un côté s’émouvoir du drame effroyable en méditerranée, saluer l'initiative de Der Spiegel et de l'autre accepter l'acharnement contre ceux qui font simplement preuve d'hospitalité, remplacent l'Etat pour accueillir, dans le respect du droit international, des êtres humains qui fuient la persécution, la guerre et le réchauffement climatique ?

Soyons très nombreux lundi 20 novembre au génie d'Alex.

Pour rencontrer et entourer Cédric, Pierre Alain, Claudine, Suzel, René de notre solidarité. Ils en ont besoin. Pour dire notre tendresse aux migrants qui seront présents. Pour demander au gouvernement de respecter la loi et de cesser de harceler les" justes" de notre époque.

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