Le capitalisme social au rabais du social-libéralisme.

Le capitalisme social au rabais du social-libéralisme.

Le capitalisme social au rabais du social-libéralisme. Plus encore avec le néolibéralisme.

Le "capitalisme social" caractérise le projet de la gauche réformiste de facture social-démocrate, plus ou moins en rapport avec les années d'après guerre (Etat Providence 1945-75) et le social-libéralisme en est sa dégénérescence ! Le néolibéralisme avec sa "thatchérisation du monde" signe, quand à lui, sa destruction (depuis 1983 en France) et un projet archaïque et réactionnaire de type darwinisme social (Spencer ) lié au turbo-capitalisme (post-confinement).

La "thatcherisation du monde" telle qu'appréhendée syndicalement sur la longue durée peut ne pas toujours voir, en pratique, la différence entre social-libéralisme et passage au franc néolibéralisme (cf article science politique cité ci-dessous) tant les "casses" succèdent aux "casses" ! Mais à lire des études fouillées, les différences sont parfois difficiles à cerner et nécessitent des approches scientifiques complexes . On peut s'en faire une idée en lisant  par exemple : De Blair à Macron : Thibaut Rioufreyt et les sociaux-libéralismes français | Le Club de Mediapart
https://blogs.mediapart.fr/philippe-corcuff/blog/051017/de-blair-macron-thibaut-rioufreyt-et-les-sociaux-liberalismes-francais

1 - Le "capitalisme social" ou l'Etat social de la social-démocratie

Rappelons ce que signifiait le projet social-démocrate de la gauche réformiste au XX ème siècle jusqu'à Bad-Godesberg 1959 en citant Michel Cabannes (1):
"Le projet de la gauche réformiste comportait, dès ses débuts, la primauté du social et la primauté du politique, dans le respect de l’économie de marché et des institutions démocratiques. Au niveau des objectifs, la justice sociale était prioritaire, y compris dans les textes « révisionnistes » : « Le sens du socialisme a toujours été et demeure d’éliminer les privilèges des classes dirigeantes et d’apporter à tous les hommes la liberté, la justice et le bien-être » (Programme de Bad-Godesberg du parti social-démocrate allemand, 1959). Au niveau des moyens, les choix collectifs devaient l’emporter sur les forces du marché et sur les grands intérêts privés. Cette primauté, qui ne signifiait pas la négation du marché, traduisait la volonté de concrétiser la démocratie dans l’économie à tous les niveaux. La gauche réformiste préconisait l’État social pour améliorer la condition des travailleurs et l’économie mixte pour maîtriser l’économie. Elle bénéficia de l’apport des théories hétérodoxes (Keynes, école suédoise) qui légitimaient l’interventionnisme au cours des années 1930.
---
"En France, au cours des Trente Glorieuses, même la gauche réformatrice proche de P. Mendès-France était nettement interventionniste. Les gestionnaires publics socialistes ont intégré dès les années 1980 des idées économiques néolibérales concernant la mondialisation de la finance et des échanges, ainsi que la libéralisation des structures économiques internes. Ils se sont aussi souvent éloignés du keynésianisme, au point de rejoindre parfois les vues orthodoxes au plan macroéconomique. Quelques-uns d’entre eux ont même intégré des vues régressives sur l’État social."


2) Le glissement à droite du social-libéralisme

Le social-libéralisme du PS et secondairement d' autres écologistes de centre gauche (EELV) ont évolué vers le néolibéralisme au fil des décennies, surtout depuis 2012 selon Michel Cabannes (cité ci-dessous avec un exposé dans Les Possibles 2015 d'ATTAC CS: "La mutation social-libérale de la social-démocratie" https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-7-ete-2015/debats/article/la-mutation-social-liberale-de-la-social-democratie

Le social-libéralisme a tracé une politique intermédiaire, toujours sur la droite du projet socialiste-communiste (débat sur les "modèles" d'alternative systèmique ici) mais encore plus recentrée à droite que la politique social-démocrate, c’est à dire recentrée à droite avec plus de libéralisme économique au profit des entrepreneurs marchands ou des propriétaires capitalistes, le tout fort générateur de richesse financière et matérielle pour les riches du 1% surtout, et à plus faible contenu social à gauche pour l'Etat social, la justice sociale, la solidarité redistributive (en correction des inégalités sociales) via des politiques affaiblies de services publics à moindre politique tarifaire hors logique du marché.

Une telle politique de « capitalisme social » au rabais n’est ni vraiment de gauche - car pas favorable à une alternative socialiste de quelque facture fut-elle désormais (plusieurs options concevables) - ni de droite car pas un libéralisme pur, de pleins pouvoirs aux propriétaires des moyens de production.


L'Etat néolibéral pactise avec le MEDEF et les riches contre le peuple-classe. Les conditions de travail et de vie se détériorent gravement. L'émergence des Gilets jeunes manifeste la résistance à cette destruction mortifère des conditions de vie et de travail.

Christian Delarue

Ecolosxmoderés © @cd Ecolosxmoderés © @cd

Suite en II à venir.

1) Michel Cabannes (cité ci-dessous avec un exposé dans Les Possibles 2015 d'ATTAC CS: "La mutation social-libérale de la social-démocratie" https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-7-ete-2015/debats/article/la-mutation-social-liberale-de-la-social-democratie
http://altermd-krisdlr.centerblog.net/30-le-capitalisme-social-au-rabais-du-social-liberalisme

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.