TECHNO-CAPITALISME du SMARTPHONE OBLIGE
DISCRIMINATION & AUTO-EXPLOITATION
Concernant le Smartphone (téléphone portable connecté à Internet) on observe plusieurs cas malgré une évolution des pratiques (Lire les chiffres sur Observatoires des inégalités en 1) .
Il y a :
1 - ceux et celles qui ne peuvent pas en acheter un,
2 - celles et ceux qui ne veulent pas en avoir un (pour raison écologique notamment) mais aussi
3 - celles et ceux qui en ont bien un mais à usage réduit, pour téléphoner voir prendre quelques photos mais certainement pas prendre un billet de train, pas faire un virement bancaire (avec code), pas scanner des documents (ah la nécessité de numériser pour les sites officiels - un simple ordinateur ne suffit plus), entreprendre des opérations complexes sur des logiciels complexes, etc, etc.
Faire comme si toute la population avait pleine capacité d'usage informatique (sans jamais de panne ou de batterie déchargée, même pour les geeks) sur tout le spectre proposé est aberrant et pire discriminant. C'est en effet n'agir QUE pour les mieux doté-es.... Les techno-méritocrates (excusez le néologisme) sont indifférents à cette discrimination quant à l'accès aux services. La Défenseure des droits a d'ailleurs souligné cet aspect discriminant de l'accès aux droits et services (2 ).
De plus, "dans les résultats de sa dernière étude, l’association 60 millions de consommateurs dénonce la quasi-obligation des clients bancaires de disposer d’un Smartphone pour que leurs achats sur Internet puissent être validés. Ce, à cause des systèmes d’authentification mis en place par les banques. À l’association de rajouter la nécessité même d’utiliser parfois des téléphones de dernier cri."
Réduction des emplois, montée des profits !
De plus, ce sont les clients ainsi équipés qui travaillent gratuitement... au lieu des salariés employés de l'entreprise ou de l'administration. Si , au moins, cela baissait quelques coûts... Le client est s'auto-exploité contre lui-même, par et pour lui-même. En cas d'erreur de procédure c'est de sa faute. En cas d'oubli aussi. C'est beau le capitalisme !
En milieu professionnel et hors smartphone, la décharge de travail se fait de RH vers les employés. Jadis c'était le service RH qui s'occupait totalement de plusieurs gestions. Désormais c'est l'employé qui saisit l'essentiel. Ainsi on peut avoir, par exemple, des frais de mission non payés car le logiciel spécialisé n'a pas été bien rempli (complexe) ou pas rempli du tout (surcharge de travail).
Christian DELARUE
1) Etude de 2018
https://www.inegalites.fr/inegalites-numeriques?
2) “Il faut remettre de l’humain dans la machine”, exhorte Claire Hédon, la Défenseure des droits interviewée mardi 5 juillet dans la matinale de France Inter. Lors de son passage sur la radio, elle a rappelé l’importance d’offrir autre chose que des services dématérialisés aux usagers des services publics.