SOS Démocratie en péril : version longue

SOS Démocratie en péril : version longue (COLLECTIF INTER-ORGANISATIONNEL)

Libération a accepté de publier, malgré une publication antérieure sur Mediapart rubrique "invités", un appel court, une alerte citoyenne :

https://www.liberation.fr/debats/2019/03/15/sos-democratie-en-peril_1715431

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/150319/sos-democratie-en-peril

 

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SOS DEMOCRATIE - VERSION LONGUE

COLLECTIF INTER-ORGANISATIONNEL

 

Mais il y a aussi une version longue, notamment sur amitie-entre-les-peuples.org (site pluriel inter-associatif de critiques et de pluri-émancipation ) et sur ce blog mediapart dédié pour amitie-entre-les-peuples

 

SOS Démocratie en péril - Version longue. - Amitié entre les peuples

http://amitie-entre-les-peuples.org/SOS-Democratie-en-peril

 

En écho aux mobilisations unitaires des Gilets jaunes, du mouvement social et des quartiers populaires, cette tribune, à l’initiative d’une centaine d’intellectuel.le.s et de militant.e.s de diverses organisations, préconise de constituer une coordination nationale anti-répression.

Il est urgent de mettre un terme à la dérive antisociale, antidémocratique et autoritaire dont fait preuve le pouvoir en place depuis l’élection – par une minorité de Français – d’Emmanuel Macron. L’une s’alimente en effet de l’autre. La destruction accélérée de nos conquêtes sociales est facilitée par la remise en cause de libertés et droits fondamentaux, cela par le recours à une répression policière et judiciaire sans précédent depuis la guerre d’Algérie. Cette stratégie a pour effet de criminaliser les acteur.e.s des mobilisations sociales et de nous cantonner dans des luttes défensives, tout en facilitant le passage en force du pouvoir pour imposer ses « réformes » destructrices, au mépris de l’intérêt général.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence sous la présidence de François Hollande, des milliers de citoyen.ne.s, de jeunes même mineur.e.s, de militant.e.s et d’élu.e.s notamment, ont connu le « talon de fer » dans le cadre d’interventions policières : agressions physiques, blessures et morts, arrestations, poursuites judiciaires, perquisitions, condamnations, assignations à résidence, contrôles.....Les violences policières, d’abord appliquées aux quartiers populaires et aux concitoyen.ne.s descendant d’immigrations et souvent originaires, comme les migrant.e.s, de pays encore soumis à la prédation néo-coloniale, se sont vues étendre à l’ensemble du mouvement social et écologique. Les Gilets jaunes qui, à partir des périphéries abandonnées, remobilisent le pays de manière très majoritairement pacifique, paient un lourd tribut, et l’emploi d’armes meurtrières par les forces de l’ordre françaises fait l’objet de condamnations internationales, de la part du Défenseur des droits, de l’ONU, du Parlement européen, du Conseil de l’Europe … Qu’en sera-t-il de cette politique de « maintien de l’ordre » après le vote de la loi « Prévenir et sanctionner les violences lors des manifestations », qui aggraverait la loi de sécurité intérieure (d’octobre 2017), et à laquelle s’ajoute un projet législatif visant à restreindre les libertés de la presse ?

Ce régime policier s‘appuie aussi sur un courant d’extrême droite et xénophobe qui, se nourrissant de la crise systémique d’après 2008, a conquis des centaines de places électives (municipales, régionales, européennes...) et qui alimente en sous-main un climat de violence, dont les médias dominants imputent la responsabilité aux seuls Gilets jaunes, et aux « casseurs » dans le cadre de cette mobilisation. Au bout de quatre mois d’affrontements urbains, les ronds-points sont « dégagés », mais même si, par des sondages aléatoires, on veut nous faire croire que l’opinion bascule en faveur de l« ’ordre » dit républicain, dont le « grand débat » est une expression lénifiante, le mouvement des Gilets jaunes ne faiblit pas et renforce ses liens avec d’autres composantes du mouvement social. Parti d’une revendication catégorielle, il s’est élargi à une liste de propositions citoyennes qui remettent en question le fonctionnement même de la 5eRépublique.

Quel débouché politique sera celui de cette mobilisation historique, aux élections européennes de mai prochain notamment, dans un contexte international désormais largement hostile aux droits démocratiques ? Un élément à faire fructifier, c’est l’offensive gagnante de médias, de juges et de la mission d’information du Sénat sur la question des « dysfonctionnements majeurs de services de l’Etat », qualifiés de "chaîne d’irresponsabilités », dans le cadre de l’affaire Benalla-Crase-conseillers de l’Elysée-Macron... . Voilà une forme de résistance significative à l’arbitraire oligarchique, à l’extérieur et à l’intérieur de l’institution.

C’est pourquoi nous militons pour qu’une campagne associant mouvement social, Gilets jaunes, quartiers populaires et comités de soutien des victimes, articule étroitement la reconquête démocratique et celle de notre modèle social issu du Conseil National de la Résistance. Il est urgent de lancer une alerte citoyenne et de constituer une coordination qui organise des meetings nationaux et régionaux anti-répression, et qui ouvre une caisse nationale de soutien aux victimes ou aux familles de victimes, alimentée notamment par les organisations qui ont les moyens dont les syndicats, ainsi que par les citoyen.ne.s. Enfin des Etats généraux doivent débattre et lister des éléments programmatiques et stratégiques pour le refus du néo-libéralisme autoritaire et la promotion d’un véritable Etat de droit, démocratique et émancipateur, dont l’interdiction des armes précitées.

14 mars 2019

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Premiers signataires

Assemblée des blessés
Etienne Adam syndicaliste, militant des droits de l’Homme
Louis Adam commissaire aux comptes, retraité
Jean Agnès chercheur en philosophie de l’éducation, ancien responsable associatif (Metz)
Bernard Allain enseignant, syndicaliste (Marseille)
Nils Andersson ancien éditeur, essayiste géo-politique
Guy Ayats enseignant retraité, syndicaliste
Karine Ballon déléguée syndicale CGT Fonction publique territoriale (Grenoble)
Franc Bardou écrivain et poète occitan
Christophe Baticle socio-anthropologue (UPJV, Amiens)
Adda Bekkouche juriste
Nicolas Béniès économiste
Jacques Bidet philosophe
Philippe Blanchet université de Rennes II, Fondation Copernic
Marie France Bonnemayre cadre de santé (34, Ganges)
Martine Boudet essayiste, CS d’Attac France (Toulouse)
Henri Braun avocat
Jean-Paul Bruckert professeur retraité
Νοëlle Burgi Université Paris I – CESSP, Département de Science Politique
Claude Calame historien et anthropologue (EHESS Paris), CS d’ATTAC, LDH
Gérard Chaouat directeur recherches émérite CNRS INSERM (Paris, hôpital Saint Louis)
Jean Claret militant associatif (Toulouse)
Pierre Cours-Salies universitaire, sociologue
Armand Creus ancien responsable syndical au Grand Lyon - Metropole
Alexis Cukier philosophe
Hendrik Davi chercheur en Écologie, Marseille
Laurence De Cock historienne
Christian Delarue membre du CN du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'amitié entre les Peuples), syndicaliste et altermondialiste (Rennes)
Bruno Della Sudda militant altermondialiste et autogestionnaire (ancien conseiller municipal de Nice)
Gilles Deloustal simple citoyen (38, Les Adrets)
Monique Demare enseignante
Christian de Montlibert sociologue (Strasbourg)
Daniel Desmé, chargé de cours sociologie, retraité
Étienne Doussain adhérent Attac
Tosse Ekue éducateur- animateur culturel
Didier Epsztajn animateur du blog « Entre les lignes entre les mots »
Patrick Farbiaz militant écologiste
Jean-Michel Faure sociologue, membre du CSE (EHESS), professeur émérite Université de Nantes
Yann Fiévet socio-économiste
Bernard Fischer employé de la Sécurité sociale
Jacques Fontaine universitaire, géographe (Bourg-en-Bresse)
Jean-Marc Fontaine, retraité cheminot syndicaliste
Isabelle Garo enseignante, philosophe
Jean-Luc Gautero directeur du département de Philosophie, Université de Nice-Sophia Antipolis
Karl Ghazi syndicaliste, Paris
Jérôme Gleizes Université Paris 13
Marie-Claude Herboux militante féministe
Gilles Houdouin conseiller régional de Normandie (Le Havre)
Rada Iveković philosophe
Samy Johsua universitaire en sciences de l’éducation (Marseille)
Anne Jollet historienne
Robert Joumard commission Démocratie d’Attac France (Lyon)
Pierre Khalfa économiste
Mathilde Larrère historienne
Christian Laval professeur émérite de sociologie
Claude Layalle membre d’ATTAC France et du CL Paris 12e
Christian Lazzeri philosophe
Olivier Le Cour Grandmaison universitaire
Francis Lecomte militant associatif et membre d’ATTAC Le Havre
Corinne Le Fustec militante de l’éducation populaire

Christophe Lemasson militant syndical
Patrick Le Moal inspecteur du travail retraité
Serge Le Quéau co-fondateur de Sud PTT Bretagne et altermondialiste
Jean Paul Leroux agrégé de philosophie (Gap)
Patricia Leuenberger CL Attac Pays Basque
Fred Licciardi Attac Sète-Bassin de Thau (34)
Olivier Long universitaire et peintre (Paris I)
Raymond Maguet retraité militant associatif et citoyen
Jean Malifaud syndicaliste FSU
Philippe Marlière universitaire (Londres)
Jean-Pierre Martin psychiatre retraité du service public
Michel Mas militant associatif et syndicaliste (Carcassonne)
Gustave Massiah économiste (Paris)
Christophe Mileschi professeur des universités, traducteur, écrivain (Paris-Nanterre)
Alain Miossec militant syndical
Martine Monier militante altermondialiste, Attac (Paris)
Bénédicte Monville conseillère régionale Île de France (élue à Melun et à la CAMVS)
Robi Morder juriste
Alain Mouetaux ancien militant SUD PTT, militant associatif Attac Réunion 974
Arnaud Muyssen médecin hospitalier
Richard Neuville militant autogestionnaire et syndicaliste (Ardèche)
Ambroise Noémie poète, chanteur (Pyrénées-Atlantiques)
François Nowakowski urbaniste, architecte, maître de conférences à l’ENSA de Lyon
Ugo Palheta sociologue
Jeanne Parreau commission Démocratie d’Attac France (Lille)
Jean-François Pellissier employé, responsable politique
Bastien Pereira Besteiro, sociologue, militant SUD Education (Lyon)
Evelyne Perrin présidente de Stop Précarité, CS d’Attac France
Martine Petit, membre d’Attac Quimper, co fondatrice de ACTES en Cornouaille ( Alliance Citoyenne pour la Transition Écologique et Sociale)
Yves Quintal association ETM 31.46 (Cahors)
Emmanuel Renault philosophe
Michèle Riot-Sarcey historienne
André Rosevègue syndicaliste, membre de l’UJFP
Louis Salce militant associatif (Carcassonne)
Henri Saint Jean formateur en Travail Social, retraité doctorant au Laboratoire BePsyLab « Bien-être & Processus de subjectivation » de l’Université d’Angers
Catherine Samary économiste
François Schalchli Commission démocratie d’Attac France (Toulouse)
Serge Seninsky militant associatif (Paris 10e)
Patrick Silberstein éditeur aux éditions Syllepse
Gérard Tautil essayiste, coordinateur de la revue « Occitania-Lo Cebier »
Jacques Testart biologiste, critique de science
Jean Michel Toulouse essayiste, militant associatif et politique
José Tovar professeur, syndicaliste
Jérôme Valluy enseignant-chercheur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Jean-Paul Vanhoove coordinateur de l’Agenda des actions africaines (92)
Pedro Vianna poète, homme de théâtre
Christiane Vollaire philosophe
Louis Weber éditeur (Le Croquant)
Pierre Zarka ancien directeur de L’Humanité

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Pour signer la pétition :

https://www.change.org/p/sos-démocratie-en-péril

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