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Billet de blog 16 avr. 2021

Criminalisation des Kurdes en France

La Coordination Lyonnaise Solidarité Kurdistan s'adresse aux parlementaires du Rhône

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Lyon le 16 avril 20121

Madame la députée, Monsieur le député,

Madame la sénatrice,, Monsieur le sénateur,

Comme vous le savez, le samedi 3 avril le local de l’association culturelle kurde Mésopotamia de Lyon a subi l’assaut d’une vingtaine d’hommes cagoulés. Ceux-ci, armés de barres de fer et de battes de base-ball, ont saccagé le local et blessé quatre personnes qui ont dû être hospitalisées.

Quelques jours auparavant, ce même local avait fait l’objet de tags dont la signature ne laisse aucun doute sur leurs auteurs : ce sont les tristement célèbres « Loups Gris », bande de nervis à la solde du gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan agissant de concert avec les services « spéciaux » turcs.

Ce sont les mêmes qui cet été se sont livrés à Décines à une scandaleuse démonstration anti arménienne… en toute impunité.

Nous sommes en droit d’attendre de notre gouvernement que de réelles sanctions soient prises contre ces nervis néo-fascistes. Certes, leur dissolution a été prononcée mais il apparaît comme une évidence qu’elle ne les empêche en rien d’agir.

Qui plus est, le 23 mars dernier, agissant apparemment sur demande du Parquet antiterroriste, la police menait une série d’opérations contre des locaux de la communauté kurde (à Marseille, Paris et Draguignan) faisant plus d’une dizaine d’arrestations et de gardes à vue. Les motifs étaient « financement de terrorisme, extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ». Quel message veut envoyer le gouvernement français par cette opportuniste opération médiatique ?

Ces opérations ont lieu alors qu’en Turquie le régime d’Erdoğan durcit toujours plus la répression contre toute opposition démocratique en Turquie (des milliers d’emprisonné.es, presse bâillonnée…) et multiplie les agressions militaires en Irak et en Syrie. Quand toute critique est assimilée de façon récurrente à du terrorisme, on ne peut que se poser la question : « qui sont les terroristes et où sont-ils » ? Ajoutons que l’Union Européenne, que la France, ne font rien pour que la Turquie respecte l’arrêt T-316/14 du 15 novembre 2018 de la CJUE (Cours de Justice de l’Union Européenne) rendant illégale l’inscription du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) sur la liste des organisations terroristes, qualification rendant possible les poursuites de la « justice » turque au prétexte de terrorisme.

Lors de leur réunion en visioconférence du 25 mars, les dirigeants des 27 pays de l’Union Européenne semblaient décidés à sanctionner la Turquie. Espoir déçu pour les démocrates : les dirigeants européens ont noté « le ton constructif » du tyran turc, le président Macron ajoutant lors de sa conférence de presse que « s’agissant de la Turquie, nous avons pu constater des avancées positives de la part d’Ankara » !

Les opérations contre les militant.es kurdes en France sont-elles donc le prix à payer pour s’attirer les faveurs d’Erdoğan?

Nous ne pouvons alors que constater que les arrestations de militant.e.s kurdes en France, que la criminalisation des organisations kurdes dans notre pays, ne peuvent que servir la politique dictatoriale d’Erdoğan, à un moment où il conduit son pays de plus en plus gravement dans la crise économique dont témoigne l’effondrement récent de la bourse turque.

Nous ne pouvons que constater que l’impunité dont jouissent les Loups Gris en France ne peut que les encourager à multiplier leurs agressions criminelles.

C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,de bien vouloir interpeller de la façon que vous jugerez la plus appropriée le gouvernement français pour exiger que de véritables sanctions soient prises à l’encontre des Loups Gris et que cesse la criminalisation des kurdes dans notre pays.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération.

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