Amnesty International
Abonné·e de Mediapart

156 Billets

2 Éditions

Billet de blog 6 oct. 2020

3 ans de prison pour 30 minutes de retard ? L'acharnement contre Kamel Daoudi

Amnesty International est préoccupée par le placement en détention provisoire de Kamel Daoudi, en vue de son jugement en comparution différée ce mardi 6 octobre à Aurillac.

Amnesty International
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Amnesty International est préoccupée par le placement en détention provisoire de Kamel Daoudi, en vue de son jugement en comparution différée ce mardi 6 octobre à Aurillac.

 Kamel Daoudi a été arrêté le vendredi 25 septembre à 21h30, alors qu’il aidait bénévolement dans un café associatif d’Aurillac, soit 30 minutes après le couvre-feu auquel il est astreint par les autorités françaises depuis plus de 12 ans maintenant. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement.

« La seule raison pour laquelle Kamel Daoudi risque aujourd’hui une nouvelle condamnation, réside dans l’acharnement des autorités françaises à son encontre, qui le privent arbitrairement de sa liberté depuis de nombreuses années. Exercer une activité bénévole, en l’occurrence préparer des falafels lors d’une soirée Karaoke organisée dans un café associatif, au vu et au su de tous, ne peut être considéré comme un délit » remarque Nicolas Krameyer, responsable du programme Libertés à Amnesty International France

Assigné à résidence depuis plus de 12 ans, sans qu’aucune raison légitime n’ait été invoquée par les autorités depuis de nombreuses années, Kamel Daoudi est obligé de pointer plusieurs fois par jour au commissariat et de respecter un couvre-feu absurde qui l’empêche de pouvoir reprendre une vie normale : il ne peut quitter les limites de la ville, ni travailler, et est éloigné depuis plusieurs années de sa compagne et de ses enfants.

Cela fait des années que les autorités françaises ne sont plus en mesure de justifier l’assignation à résidence dont Kamel Daoudi est l’objet. Kamel Daoudi a déjà été contraint à 13000 pointages et couvre-feux quotidiens depuis 2008. Le fait d’avoir enfreint une obligation de couvre-feu, qui lui est imposée arbitrairement depuis des années, ne devrait pas faire l’objet de poursuites.

La seule solution, c’est de lever définitivement son assignation à résidence. Il est temps, une fois pour toutes, de laisser Kamel Daoudi, sa femme et ses enfants, reprendre une vie normale. 

Les autorités s'acharnent sur lui depuis 12 ans. Il raconte. © Amnesty International France

Kamel Daoudi a été libéré en 2008 à l’issue de sa peine pour association de malfaiteurs en relation avec un projet d’attentat terroriste. Il a été assigné à résidence dès sa sortie de prison, en vue de son expulsion vers l’Algérie.

La Cour européenne des Droits de l’homme a interdit son expulsion au vu des risques de torture qu’il y encourt. Depuis 2008, Kamel Daoudi est assigné sur le périmètre de sa commune de résidence, soumis à des mesures de pointage et à un couvre-feu quotidiens. Depuis 2016, les autorités françaises l’ont transféré dans plusieurs lieux d’assignation à résidence, loin de sa femme et de ses enfants.

Le 20 décembre 2018, Kamel Daoudi était jugé à Saintes pour deux retards mineurs à ses obligations de pointage et de couvre-feu. Le 16 mai 2019, le tribunal l’a relaxé, au motif notamment que les mesures de l’assignation n’avaient pas été justifiées ni étayées par le Ministère de l’intérieur et le ministère public.

https://www.amnesty.fr/actualites/kamel-daoudi-ou-les-derives-de-la-lutte-contre-le-terrorisme

Amnesty International France a réalisé un documentaire montrant l’absurdité et la cruauté des mesures d’assignation à résidence qui lui sont infligées.

https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/les-autorites-sacharnent-sur-lui-depuis-12-ans

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Violences sexuelles
À LREM, des carences systématiques
Darmanin, Hulot, Abad : depuis 2017, le parti d’Emmanuel Macron a ignoré les accusations de violences sexuelles visant des personnalités de la majorité. Plusieurs cas à l’Assemblée l’ont illustré ces dernières années, notamment au groupe, un temps présidé par Gilles Le Gendre. 
par Lénaïg Bredoux, Antton Rouget et Ellen Salvi
Journal
Total persiste et signe pour le chaos climatique
Dans une salle presque vide à la suite du blocage de son accès par des activistes climatiques, l’assemblée générale de Total a massivement voté ce 25 mai pour un pseudo-plan « climat » qui poursuit les projets d’expansion pétro-gazière de la multinationale.
par Mickaël Correia
Journal
Fusillades dans les écoles : le cauchemar américain
Une nouvelle fusillade dans une école élémentaire a provoqué la mort d’au moins 19 enfants et deux enseignants. L’auteur, âgé de 18 ans, venait d’acheter deux armes à feu de type militaire. Le président Joe Biden a appelé à l’action face au lobby de l’industrie des armes. Mais, à quelque mois des élections de mi-mandat, les républicains s’opposent à toute réforme. 
par François Bougon et Donatien Huet
Journal — France
Le candidat Gérald Dahan sait aussi imiter les arnaqueurs
Candidat Nupes aux législatives en Charente-Maritime, l’humoriste a été condamné en 2019 par les prud’hommes à verser plus de 27 000 euros à un groupe de musiciens, selon les informations de Mediapart. D’autres artistes et partenaires lui réclament, sans succès et depuis plusieurs années, le remboursement de dettes.
par Sarah Brethes et Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
En finir avec la culture du viol dans nos médias
[Rediffusion] La culture du viol est omniprésente dans notre société et les médias n'y font pas exception. Ses mécanismes sont perceptibles dans de nombreux domaines et discours, Déconstruisons Tou(rs) relève leur utilisation dans la presse de masse, dans la Nouvelle République, et s'indigne de voir que, depuis près de 10 ans, ce journal utilise et « glamourise » les violences sexistes et sexuelles pour vendre.
par Déconstruisons Tours
Billet de blog
Portrait du ministre en homme fort (ou pas)
Le nom de Damien Abad m'était familier, probablement parce que j'avais suivi de près la campagne présidentielle de 2017. Je n'ai pas été surprise en voyant sa photo dans la presse, j'ai reconnu son cou massif, ses épaules carrées et ses lunettes. À part ça, je ne voyais pas trop qui il était, quelles étaient ses « domaines de compétences » ou ses positions politiques.
par Naruna Kaplan de Macedo
Billet de blog
Pour Emily et toutes les femmes, mettre fin à la culture du viol qui entrave la justice
[Rediffusion] Dans l'affaire dite du « viol du 36 », les officiers de police accusés du viol d'Emily Spanton, alors en état d'ébriété, ont été innocentés. « Immense gifle » aux victimes de violences masculines sexistes et sexuelles, cette sentence « viciée par la culture du viol » déshumanise les femmes, pour un ensemble de collectifs et de personnalités féministes. Celles-ci demandent un pourvoi en cassation, « au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, au nom de la protection des femmes et de leur dignité ».
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
Violences faites aux femmes : une violence politique
Les révélations de Mediapart relatives au signalement pour violences sexuelles dont fait l'objet Damien Abad reflètent, une fois de plus, le fossé existant entre les actes et les discours en matière de combat contre les violences sexuelles dont les femmes sont victimes, pourtant érigé « grande cause nationale » par Emmanuel Macron lors du quinquennat précédent.
par collectif Chronik