Amnesty International
Abonné·e de Mediapart

157 Billets

2 Éditions

Billet de blog 9 nov. 2016

Trump, la cote d’alerte

L’élection du nouveau président américain dont les intentions menacent les droits humains, doit inciter à la mobilisation

Amnesty International
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Donald Trump est donc devenu à 70 ans, ce 8 novembre 2016, le 45ème président des États-Unis et l’homme le plus puissant du monde. Il est bien trop tôt pour analyser en profondeur les conséquences du « triomphe du candidat anti-système », comme titre le New York Times. Mais il est tout de même déjà temps de s’inquiéter des conséquences de ses outrances, notamment à propos des droits humains. Il ne faut pas hausser les épaules et y voir des bourdes ou des gaffes, mais bien l’expression d’une tendance mondiale de dénonciation des défenseurs des droits humains. On s’en aperçoit avec de nombreux chefs d’État, à commencer par Vladimir Poutine. Pour le secrétaire général d’Amnesty International, Salil Shetty, le président élu a suscité tout au long de la campagne de « sérieuses inquiétudes » sur l’engagement de son pays en faveur des droits humains. Disons-le dès aujourd’hui tout net à M. Trump, nous ne relâcherons pas  nos efforts contre l’arbitraire et l’injustice, la démagogie et la forfaiture. Nous refusons les politiques haineuses, xénophobes et sexistes.

Et sur ce plan, Amnesty International risque d’avoir du pain sur la planche. Après ses propos nauséabonds  sur les migrants, qualifiés de « criminels » et de « violeurs », sur les musulmans « qui représentent un problème », son projet de construction d’un mur de séparation avec le Mexique sur la frontière sud du pays est une grave menace pour la paix dans la région. Sur le contrôle des armes, sujet qui divise la société américaine, au regard des innombrables tueries de masse dans des établissements scolaires, des  centres commerciaux, des cinémas, Trump est un fervent défenseur du second amendement, qui autorise le port d’armes. Il réclame même la suppression de plusieurs « zones libres » d’armes, essentiellement des lieux publics, des universités, etc. Trump s’oppose également à la fermeture de Guantanamo, et se prononce même en faveur de la pratique du waterboarding, torture qui consiste à plonger la tête d’un suspect sous l’eau afin de provoquer l’asphyxie. De quoi inquiéter Margaret Huang, directrice d’Amnesty États-Unis.  Mercredi matin, elle estimait que  la « rhétorique toxique du président élu et de quelques autres ne peut tenir lieu de politique gouvernementale ».

Amnesty attend donc le président élu de pied ferme. Et entend poursuivre le combat, en faveur de l’abolition de la peine de mort, dont Trump est un farouche partisan. Sur ce plan, une partie de l’opinion semble lui donner raison. En Californie deux référendums étaient soumis ce même 8 novembre aux électeurs. L’un visant à abolir la peine de mort a été perdu, l’autre visant à accélérer les exécutions a été adopté. En Oklahoma, c’est un référendum en faveur de l’inscription de la peine de mort dans la Constitution de l’Etat qui a été adopté. Et enfin au Nebraska, la décision d’abroger la peine de mort, prise l’année dernière par la Chambre locale, a été rejetée. Citoyens et militants doivent donc se retrousser les manches, là-bas, ici, et ailleurs.   

Jean Stern

Rédacteur en chef, La Chronique d’Amnesty International France

Ce mois-ci, retrouvez le dossier de La Chronique consacré au bilan de Barack Obama : https://www.amnesty.fr/dossiers/obama-a-lheure-du-bilan

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Au Royaume-Uni, le successeur de Boris Johnson manque déjà de légitimité
Le duel interne au parti conservateur pour la succession de Boris Johnson, entre Liz Truss et Rishi Sunak, semble déconnecté des urgences du moment, de l’inflation au climat. En raison du mode de scrutin, la légitimité du vainqueur sera faible.
par Ludovic Lamant
Journal — Europe
Un débat économique de faible niveau pour la direction du parti conservateur
Les deux candidats à la direction du parti conservateur n’ont guère d’idées face à la crise inflationniste qui frappe pourtant de plein fouet l’économie britannique. Le débat économique se limite donc à un duel stratégique pour convaincre le cœur militant des Tories.
par Romaric Godin
Journal — Afrique
La crise climatique attise les tensions au Kenya
Les questions d’écologie sont absentes des discours des candidats aux élections générales du mardi 9 août. Pourtant, avec un régime de pluies devenu « imprévisible », le pays subit fortement les conséquences du dérèglement climatique, qui aggrave des tensions existantes.
par Gwenaelle Lenoir
Journal — Afrique
Le pays suspendu à un scrutin à haut risque
Mardi 9 août se déroulent au Kenya des élections générales. Alors que la population fait face à une crise économique et à une forte hausse des prix, ce scrutin risque de déstabiliser ce pays clé de l’Afrique de l’Est. 
par Gwenaelle Lenoir

La sélection du Club

Billet de blog
Pour la rentrée, préparons la riposte !
Bientôt, les vacances seront terminées. Et beaucoup se demandent maintenant de quoi sera fait leur avenir avec un gouvernement qui n’a concédé presque rien aux salariés, aux retraités et aux chômeurs en termes de pouvoir d’achat.
par Philippe Soulié
Billet de blog
Loi pouvoir d'achat : Macron & Borne veulent prolonger notre ébriété énergétique
[REDIFFUSION] 42°C en Gironde. 40°C en Bretagne. 20 000 hectares partis en fumée. Lacs, rivières et sols s'assèchent. Les glaciers fondent. Que fait-on à l'Elysée ? On reçoit le président des Emirats Arabes Unis pour importer plus de gazole. A Matignon ? On défend un projet de loi « Pouvoir d'achat » qui vise à importer plus de gaz du Qatar et des Etats-Unis. Où est la sobriété ?
par Maxime Combes
Billet de blog
Le pouvoir d'achat des fonctionnaires vampirisé par quarante ans de néolibéralisme
Lorsque la spoliation du pouvoir d'achat des fonctionnaires devient une institution sous la Cinquième République...
par Yves Besançon
Billet de blog
La grosse entourloupe de l'AAH
Alors qu'on parle de la victoire de la déconjugalisation de l'AAH, alors qu'on cite les augmentations de ce minima social comme une exception du macronisme, personne ne parle d'une des plus grandes entourloupes des dernières années : la suppression du complément de ressources de 180 euros pour les nouveaux admis dans le système.
par Béatrice Turpin