Par Saman Naseem, le 13 février 2015.

La torture a commencé dès que je suis entré dans la cellule. La cellule elle-même avait été conçue dans l’unique but d’infliger une torture psychologique : elle faisait deux mètres de long sur 50 cm de large, avec une toilette. Je ne pouvais que m’y allonger. Il y avait une caméra au-dessus de ma tête qui enregistrait tous mes mouvements, même lorsque j’utilisais les toilettes.

C’était le début de 97 jours de torture et de souffrance. Au cours de ces premiers jours, le niveau de la torture était tel que j’étais incapable de marcher. Mon corps entier était couvert d’ecchymoses. Ils m’ont pendu par les mains et les pieds pendant des heures. J’avais les yeux bandés tout le temps. Je ne pouvais pas voir ceux qui m’interrogeaient ni ceux qui me torturaient.

Ils ont utilisé toute sorte de méthodes inhumaines et illégales pour tenter de m’arracher des aveux. Ils m’ont dit à maintes reprises qu’ils avaient arrêté des membres de ma famille, y compris mon père, ma mère et mon frère.

Saman Naseem Saman Naseem
Ils m’ont dit qu’ils allaient m’enterrer avec une pelle. Ils m’ont dit qu’ils allaient me tuer là, tout de suite, et qu’ils couvriraient ma tombe avec du ciment.

Quand je voulais dormir la nuit, ils ne me laissaient pas me reposer. Ils faisaient toute sorte de bruits, comme frapper constamment à la porte. J’oscillais entre la folie et la conscience. Voilà comment se sont passés ces 97 jours. J’avais 17 ans.

Aucun contact avec ma famille ne m’a été autorisé durant ce temps. Dans un contexte totalement inhumain, ils filmaient mes interrogatoires alors que j’étais suspendu, alors que j’étais entre la vie et la mort, sous pression et craignant d’être torturé. Je peux le dire maintenant, ces aveux sont des mensonges absolus et je réfute leur contenu. Plus tard, un reportage a été diffusé à la télévision nationale, révélant que j’avais été libéré et que j’étais rentré à la maison. En réalité, j’étais condamné à mort, sur base d’un aveu qui avait été préécrit.

Mon procès fut une mascarade… Je n’ai pas eu la possibilité de me défendre moi-même. Le juge m’a menacé de me battre un certain nombre de fois et mes avocats se sont retirés sous la pression… Je pouvais être exécuté à tout moment. 

Saman Naseem est un des dix cas mis en lumière par Amnesty International pour sa camapgne 10 jours pour signer. 

Signez la pétition sur www.10jourspoursigner.org

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Cet article ne dit rien???

Quel crime en Iran mérite cette indignité?