Alerte, climat hostile aux droits humains !

"Le drame de l’Amazonie est symptomatique d’un phénomène global pour lequel Amnesty International appelle à une prise de conscience collective : les dégradations de l’environnement sont des questions indissociables de la défense des droits humains. Les catastrophes écologiques (...) menacent le droit à la vie même et les personnes marginalisées en sont les premières victimes."

Aujourd’hui à Washington, Amnesty International remettra à Greta Thunberg et aux autres militants de son mouvement « Fridays for Future » le prix Ambassadeur de la conscience 2019 afin de saluer leur travail de sensibilisation à la crise climatique et à ses réels impacts sur les droits humains et environnementaux.

A cette occasion, Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France, signe un appel à la mobilisation en soutien aux jeunes militants. La marche pour le climat organisée ce vendredi, 20 septembre, à Paris sera le point culminant d'une semaine d'actions qui s'ouvre à l'échelle mondiale avec le Sommet des peuples pour le climat, les droits et la survie de l’humanité qui se tiendra à New York, les 18 et 19 septembre, en amont du Sommet spécial des Nations unies sur le climat, le 23 septembre prochain. Jusqu'au 27 septembre 2019, les jeunes se mobiliseront pour la justice climatique dans plus de 1 000 villes dans le monde.

Alerte, climat hostile aux droits humains !
de Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France

Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France © Pierre Morel & Cyril Marcilhacy Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France © Pierre Morel & Cyril Marcilhacy

L’Amazonie est menacée depuis des années. L'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro a décuplé les ambitions d'industriels sans scrupule et a amplifié la déforestation. Des projets gigantesques tels que l’exploitation de minerais, dont ceux de la France en Guyane, mettent également et plus que jamais en péril la forêt amazonienne, poumon de l'humanité. Dans un combat inégal contre la destruction de leur environnement, contre la confiscation de leurs terres et l’exploitation forestière illégale, les populations autochtones se battent, désespérément, et lancent des appels au secours au reste du monde.

La crise climatique est une crise des droits humains
Le drame de l’Amazonie est symptomatique d’un phénomène global pour lequel Amnesty International appelle à une prise de conscience collective : les dégradations de l’environnement et les changements climatiques sont des questions indissociables de la défense des droits humains. En effet, les catastrophes écologiques telles que les sécheresses, les cyclones, les inondations et les pollutions industrielles menacent le droit à la vie même, ainsi que les droits à la santé, à l’accès à l’eau potable, à la nourriture et au logement.  Les personnes déjà marginalisées et discriminées en sont les premières victimes. Il est crucial d’apporter aide et protection à celles et ceux qui défendent l’environnement et les droits des peuples autochtones. Exposés à de graves dangers, ces défenseurs sont parmi les plus menacés dans le monde. En Équateur, Amnesty International a recensé une série de menaces et d’attaques au cours de l’année 2018. Patricia Gualinga, Nema Grefa, Salomé Aranda et Margoth Escobar, toutes membres du collectif des Femmes amazoniennes, font partie des victimes. En août 2017, en Argentine, Santiago Maldonado a disparu alors qu'il manifestait pour les droits du peuple Mapuche. Son corps ne fut retrouvé que quelques mois plus tard. Le 20 février dernier, au Mexique, Samir Flores Soberanes a été tué par balle. Il dénonçait haut et fort un projet énergétique de deux centrales thermiques et d’un gazoduc. Dans son rapport 2018, l’ONG Global Witness indiquait que chaque semaine quatre défenseurs du droit à l’environnement étaient assassinés. L’urgence est donc plus que jamais à la solidarité internationale !

Mobilisons-nous pour les générations futures
Amnesty International appelle à une mobilisation massive pour demander des comptes aux gouvernements et aux entreprises qui violent ces droits. Premiers concernés, les jeunes sont souvent aux premières lignes de ce combat car ce sont eux qui connaîtront les effets les plus terrifiants du changement climatique. Ils comprennent qu’il s’agit d’une violation intergénérationnelle des droits humains. Face à l’urgence, la jeunesse est ainsi source d’espoir, plus que jamais déterminée à nous faire entendre raison. Fin mai 2018, dans une centaine de pays, plus d’un million de jeunes répondaient à l’appel de Greta Thunberg à faire la grève de l’école le vendredi, mettant au défi les États de sortir de l’apathie et de prendre des mesures radicales pour lutter contre le dérèglement climatique.

Greta Thunberg lors d'une manifestation Friday for Future © © Eric de Mildt. All rights reserved Greta Thunberg lors d'une manifestation Friday for Future © © Eric de Mildt. All rights reserved

Amnesty International a soutenu cette première vague de mobilisation et remet ce lundi, 16 septembre 2019, son prix d’Ambassadeur de la conscience à Greta Thunberg et au mouvement « Fridays for future ». Vendredi prochain, 20 septembre 2019, nous répondrons présents à leur appel à une nouvelle journée d’actions à laquelle toutes les générations sont conviées. Ce sera pour nous le lancement d’une semaine de mobilisation mondiale. Plus de 2 400 événements sont prévus dans plus de 1 000 villes à travers le monde.

 

Les solutions seront collectives
Parce que le problème est mondial, les solutions doivent être trouvées collectivement. C’est pourquoi Amnesty International organise, en amont du sommet spécial des Nations unies sur le climat, le Sommet des peuples pour le climat, les droits et la survie de l’humanité.

Les 18 et 19 septembre prochains, à New-York, près de 150 membres de la société civile de premier plan et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme seront réunis autour d’un objectif commun : appeler fermement les États à prendre enfin des mesures ambitieuses avant qu’il ne soit trop tard. Ces défenseurs des droits humains et de l’environnement sonneront la fin des discours et des promesses faites depuis tant d’années, la main sur le cœur, à Paris, Genève, New York ou Biarritz. Les États ne peuvent plus se contenter de jeter des gouttes d’eau sur les flammes, ils doivent élaborer un plan d’action à la hauteur de l’un des plus grands défis de ce siècle. Il est encore temps d’agir et pour cela nous devons faire front commun, unir nos forces et nos voix pour appeler à la justice climatique. Comme le disait Winston Churchill, « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge ».

Pour prendre part à la marche

https://www.facebook.com/events/2313486598914611/

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