Réchauffement climatique. Le G7 ne doit ni ignorer ni fuir ses responsabilités

Alors que s'ouvre le G7 à Biarritz, les États qui le composent sont parmi les pays plus développés, mais ils sont surtout parmi les plus responsables du changement climatique dans l’histoire. Le G7 ne doit donc ni ignorer ni fuir ses responsabilités. La crise climatique est aussi une question de droits humains.

Par Sabine Gagnier, chargée de plaidoyer Entreprises et droits humains à Amnesty International France


Du 24 au 26 août 2019, la France accueille le sommet du G7 à Biarritz. Cette année, la priorité de ce forum est la lutte contre les inégalités, et notamment celles liées à la dégradation de l'environnement.

Représentant environ 45 % de l’économie mondiale, les États qui composent le G7 (l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni) sont parmi les pays plus développés, mais ils sont surtout parmi les plus responsables du changement climatique dans l’histoire. Le G7 ne doit donc ni ignorer ni fuir ses responsabilités.

La bonne nouvelle, c’est que ces pays sont aussi de ceux qui ont le plus de moyens et de ressources pour agir. À Biarritz, cela doit être pour eux l’occasion de montrer l’exemple au reste du monde et de passer des engagements à des actes concrets, afin de garantir que l'augmentation des températures moyennes mondiales ne dépasse pas 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Pour cela, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites de moitié d’ici 2030.

Mais la crise climatique est aussi une question de droits humains. Le réchauffement climatique intensifie et aggrave les inégalités et pourrait représenter la plus grave violation intergénérationnelle des droits humains de toute l’histoire. Pour cette raison, Amnesty International intensifie aujourd’hui ses efforts dans le front commun pour le climat et la préservation de l’environnement.

Ainsi, aux côtés de la société civile, Amnesty International est déterminée à demander des comptes aux États et aux entreprises s'ils ne parviennent pas à assurer, sans plus attendre, une transition juste vers la neutralité carbone nécessaire pour faire face à la crise climatique.
Pour rappeler les États à leurs responsabilités, Amnesty International organisera également, en partenariat avec d’autres associations, le Sommet des peuples pour le climat, les droits et la survie de l’humanité à New-York, du 18 au 19 septembre 2019, en amont du sommet spécial sur le changement climatique des Nations unies. Tout premier sommet mondial de la société civile sur les droits humains et le changement climatique, son objectif est d’adresser des recommandations fortes aux chefs d’État pour qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils passent à l’action.

Les engagements ne suffisent plus.

C’est également pour montrer la détermination de la société civile qu’Amnesty International participera, aux côtés des jeunes engagés pour le climat, à la mobilisation du 20 septembre 2019 et à la semaine d’action qui suivra. Nous soutenons l’appel de Greta Thunberg et de nombreux jeunes du monde entier et appelons un maximum de nos membres et sympathisants à participer à ce mouvement. Un mouvement plus diversifié que jamais qui se mobilise depuis de longs mois et ne cesse de croître.

Les dirigeants mondiaux, à commencer par les États du G7, doivent écouter la société civile. L’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume Uni doivent apporter leur juste contribution aux efforts requis.

Si ce n’est pas le cas, les inégalités ne cesseront de s’intensifier et les droits humains d’être bafoués.

 

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