Tunisie, le réveil cabossé (1 et 2)

Il y a deux ans, le printemps des peuples arrivait en Tunisie. Un printemps contagieux, le monde arabe fleurissait de tous les possibles. Aujourd’hui même, 25 janvier, l’Égypte célèbre le deuxième anniversaire de sa révolution. À Tunis c’était le 14 janvier et Là-bas était là. On s’en doutait, la Révolution est un beau jour mais il y a beaucoup de lendemains. Comment reconstruire le bateau alors que vous êtes en pleine mer, que les requins vous cernent et qu’ils sont même déjà à bord ! Et où va le navire ? Où est passée la feuille de route ? Y a-t-il un capitaine à la barre ? Y a-t-il une barre ? Dans les médias français, la Tunisie se couvre de barbus et de burqas. La Révolution finit toujours mal. Les médias français le savent puisqu’ils sont Français. Et les Tunisiens ?

Oui, le réveil est bien cabossé, secoué de toute part, certains tentent de l’arrêter, d’autres la nuit viennent voler les aiguilles, d’autres tentent de les faire tourner à l’envers, il y a ceux qui jettent des mots et des drapeaux à l’intérieur pour coincer les rouages, mais, en tendant bien l’oreille dans toute cette effervescence cacophonique, on entend nettement le cœur du réveil tunisien qui bat. (1er volet)



2e volet de ce reportage en Tunisie :



A Tunis, au coin de la rue, des Islamistes victimes de tortures sous Ben Ali, manifestent et demandent justice et réparation.

En face, des blessés lors de la Révolution eux aussi manifestent et demandent Justice et réparation.

Bientôt la tension monte entre les deux groupes, les insultes pleuvent, les coups aussi.

Scène, (presque) ordinaire à Tunis. Division, d...ésillusion, mais d’abord demande de Justice. Mais quelle Justice ? C’est une des questions brulante dans cette Tunisie renaissante, fragile, qui espère tout et désespère de tout d’une minute à l’autre. Aujourd’hui les médias français voient des barbus partout, des Ben Laden plein les placards. Hier ils voyaient du jasmin partout. Le vrai terrorisme c’est le chômage, c’est la vie chère, c’est les inégalités régionales, c’est les voleurs de révolution, c’est les semeurs de chaos, c’est ceux qui entravent la Justice et empêchent toute réconciliation.

 

 

Diffusés le 25 janvier et 5 février 2013, sur France Inter, dans l'émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis"

 

 

Reportages Anaëlle Verzaux.


Traduction : Selma Zghidi et Henda Krichen

 

Réalisation : Lucie Akoun et Chloé Sanchez

 

Montage : Franck Haderer et AV


Producteur délégué : Daniel Mermet

 

Attaché de production : Grégory Salomonovitch

 

 

Merci à Selma Zghidi, Henda Krichen, Omeyya Seddik, Nicolas Beau et Kamel Jendoubi.

 

A écouter ici  :

 

1er volet :

 

http://old.la-bas.org/article.php3?id_article=2670

 

 

2e volet :

 

http://old.la-bas.org/article.php3?id_article=2680

 

 

 ---

 

 

Programmation musicale :

-  Psyco M : "Jeux politiques 2011"

-  Armada Bizerta : "L.S.D. (Liberté, Solidarité, Démocratie)"

 

---

 

 

A écouter aussi, la série que nous avions consacrée à l'assassinat d'un démocrate, Chokri Belaid :

 

 

http://old.la-bas.org/article.php3?id_article=2681

 

http://old.la-bas.org/article.php3?id_article=2684

 

http://old.la-bas.org/article.php3?id_article=2685

 

 

 

Et sur le même thème : Tunisie, centres d'appel : vivement la révolution !

 

Tunis, centre d’appel. Ils nous vendent des fenêtres, du foie gras, des assurances vie, ou des panneaux solaires. Ils sont 250.000 en France, 50.000 à l’étranger. En France, ils coûtent 25 € de l’heure à leur pauvre patron. En Tunisie, pas plus de 14 €. Eux gagnent 250 € par mois. Pas mal. Plus que le SMIC de 140 € (pour 48h par semaine) pour ceux qui ont le privilège d’avoir un emploi (chômage : 17%).

 

http://old.la-bas.org/article.php3?id_article=2690

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.