Un samedi à Nantes

Un chômeur s’immole par le feu devant Pôle Emploi, un père s’isole en haut d’une grue géante pour obtenir la garde de son enfant, plus loin une manifestation contre le mariage des homosexuels, et toujours partout la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et tout ça en même temps, et tout ça au même endroit, Nantes, samedi après-midi. Des événements qui se chevauchent et se télescopent. Les pouvoirs publics sécurisent et neutralisent. Les médias épatent et formatent. Les penseurs rapides pensent rapidement et la société avale l’événement. Un petit coup de torchon et au suivant. Rien de nouveau, rien d’étonnant, c’est ainsi que fonctionne la fabrique de l’insignifiant. Pourtant ce sont des messages qui nous sont adressés. Un, deux, trois, quatre messages. Des messages urgents, des messages sidérants, mais qui nous parviennent toujours à travers les mêmes filtres, les mêmes formats rassurants. Sur les quais et dans les rues de Nantes, un samedi autrement dit, autrement vu, autrement entendu.

 

Diffusé le 18 février 2013, dans l'émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis", sur France Inter

 

 

Reportage Anaëlle Verzaux

 

 

Réalisation : Lucie Akoun et Chloé Sanchez

 

 

Attaché de production : Grégory Salomonovitch 

 

 

A écouter ici  :

 

http://old.la-bas.org/article.php3?id_article=2693

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