Instrospection partagée de Voyageurs confinés. Monsieur G., pélerin sans frontières

Continuer à écrire ... Évidement! Mais écrire sur quoi? La suite de mes pérégrinations contemplatives et réflexionnantes sur la notion de "dissemblance" entamées? CorocoroV? L'imposteur-incompétent-menteur-chef-de-pacotille qui se prétend nous "diriger" car "tel-le-démiurge-je-vous-délivrerai-de-la-guerre"? L'Après? La Peur? ...

Inde 2020 Inde 2020
         ... Les modalités incertaines du désenfermement ... pardon déconfinement? Les couturières en herbes et autres inventeur(euse) à la bonne franquette de "techniques barrières"? ... Ou bien penser l'"Ouvert", et questionner, interviewer l'Autre, l'Alter. "Un", "des" dont le coeur vibre de découvrir ce qui lui/leurs est inconnu. Dont le "Mouvement" est le fluide nourricier, fleur de pissenlit s'égrainant sous l'alizé perpétuel d'où ne peut que fleurir la Vie.

         Alors, et sous le conseil d’une amie, rencontrée lors de mon dernier périple Indien, il m'a semblé que proposer du lien avec mon tout premier article où je tente (notamment) de définir la notion de «Mouvement» pourrait être intéressant !
«Mouvement(s)» étant à l’heure actuelle et jusqu’à nouvel ordre, et ce depuis presque 2 mois maintenant, réduit à son «minimum», voir quasiment «Interdit(s)».( Il pourrait être aussi questionné ce qui est empêché lorsque l’on «prohibe» le Mouvement ...)

         Ceci c'est donc fait en proposant à des personnes (majoritairement) rencontrées durant mes pérégrination hors de la France (pays où je suis née et ai grandi), de répondre (par voie écrite ou vocale) à 5 questions faisant lien avec la notion de "Mouvement" et la situation sanitaire actuelle.
L’idée étant de recueillir émotions, sentiments et opinions sur ce que nous expérimentons aujourd’hui, pour la grande majorité d’entre nous, placés «en quarantaine», dans cette nébuleuse et irréelle crise sanitaire.

Mais aussi en tant que personne qui, d’une certaine manière, est rompu à sortir de sa « zone de confort », expérimentant le fait d’être «Dans la Différence», j’entends par là d'être hors-de son lieu de naissance.

Notre premier courageux, Monsieur G., nous régale aujourd'hui de ses réflexions méditatives.

 

         - Peut-être pourrions-nous commencer par savoir depuis combien de temps tu es «sur les routes» ?

         « Premier voyage hors de France il y a 50 ans. Ma soeur et son mari m'avaient emmené chez eux en Belgique, j'avais 9 ans. Peut être que tout est parti de ...
De mes souvenirs, nous sommes partis, avec un bon collègue, de mon 1er job, surnommé "Le Bordelais", moi j'étais "Le Normand", avec ma première voiture pour un périple à travers la Belgique, Hollande, Danemark et Allemagne avant un retour "at home".
Pour dormir, on alternait avant/arrière de la voiture à tour de "rôle".
Et à Munich, nous avons eu une expérience un peu particulière ...
Après avoir laissé la voiture à un endroit, on était parti se balader .. sans rien noter de cet endroit ! Et sans se préoccuper du chemin parcouru .. Ce qui fait que, à un moment quand même, "où est la voiture ?"
Je me suis concentré et j'ai dit "c'est par là". Et c'était la bonne direction !
Coïncidence, je n'en sais rien, mais je m'en souviens. »

         - Et qu’elles étaient (ou sont!) ta(es) motivation(s) à sortir de ton pays de naissance? Ou bien qu’est-ce qui t’attir(ait) dans l’idée de plonger dans une sorte d’« Odyssée du Mouvement » ?

         « Au début, et sans doute aussi ensuite bien que différemment, l'ego n'y a pas été étranger. Il était assez peu courant de "sortir" de son pays et le faire générait comme une sorte d'aura au retour.
Alors que lors de la préparation du voyage cette pensée n'était qu'affleurante.
Et pendant le voyage, complètement absente (quoique le fait de prendre des photos ...),
Il y a 50 ans, et longtemps après encore, les voyages aériens étaient une sorte de privilège (qui se payait comme tel d'ailleurs !).
        Le "moteur" était certainement l'envie/besoin de connaitre la "différence", de lieux, de personnes, de cultures. Et aussi de voir que cette "différence" n'est que celle qu'on veut bien y mettre, car un regard bienveillant, un sourire radieux s'affranchissent de tout lieu.
D'essayer de connaître l'Inconnu.
Peut-être aussi que j'avais déjà, inconsciemment, cette conscience que j'éprouve maintenant devant la Vie sous toutes ces formes ?
Et puis, c'est bien connu, l'herbe est toujours plus verte dans le pré voisin !
En tout cas, je suis assez convaincu que ces découvertes des "Autres", de leurs manières d'Etre et de vivre, m'ont "ouvert les yeux" sur la Vie. Et j'espère que, bien qu'autrement sans doute, ce n'est pas terminé.
Enfin, je ne pense pas jamais avoir été un "consommateur" de voyage, mais seulement un "acteur" dans mon cheminement personnel. »

         - Que ressens-tu, en tant que «voyageur(euse)», d’être, d’une certaine manière, «forcé(e)» de
retourner dans ton pays de naissance, là où tu as grandit aussi probablement, et cela de part la situation sanitaire mondiale.
Et qui, en quelque sorte, t’enjoint poliment de rentrer «Chez toi», sans que de ton côté un «Chez toi» net ne se forme à ton esprit ...
( Et pourrait-on dire alors dire que «Chez toi» serait le «seul» pays (et ses citoyens) qui, dans cette situation de crise sanitaire, ne te mettrait pas dehors à un certain moment ?)

         « En voilà une bonne question !
        Le propre du voyage, je crois, est qu'il amène un changement, parfois profond, de la/notre réalité perçue. Avec pour corollaire une nécessité d'adaptation, parfois quotidienne, à l'inconnu (sans pour autant prétendre au qualificatif d'aventurier.e).
Cette réalité nouvelle fait que l'ancienne (pays natal en l’occurrence), passe en arrière-plan, voire s'évanouit quasiment. Les "normes" sont souvent bien différentes et guident, qu'on le veuille ou non, ce tronçon de temps traversé.
        Alors le retour, eh bien ... c'est l'inverse !
Au 1er abord en tout cas, car ce qui a été semé en nous à l'"extérieur" ne fait rien d'autre que pousser, parfois très très lentement, mais pousser quand même. Et plus forte aura été cette adaptation à cet "extérieur", plus irréelle apparaît cette réalité "retrouvée".
Dans cette période de "réadaptation", il n'y a plus aucune réalité ressentie comme telle...
Cela peut effectivement amener à ne plus savoir si un "chez soi" existe encore.
Peut-être est-ce ausi ce qu'on appelle être "déraciné.e" ...? »
        Mais aussi, « Que voudrait dire le "Chez soi" ?
Je ne pense pas que ce «pays natal» soit le seul qui ne te mettrait pas dehors dans un contexte de crise, sanitaire comme actuellement, ou autre. Pour les voyageu.r.se.s occasionnelles peut-être, mais pas pour les résidents permanents.
Ce "chez soi" est conventionnel et administratif et c'est le seul endroit, à priori, dont l'accès ne peut pas t'être refusé/interdit.
C'est aussi l'endroit qui a sans doute le plus contribué au formatage de l'Etre que nous sommes. »

 

         - Comment perçois-tu la situation (sanitaire, mondiale, ...) actuelle, avec ta lunette, nourrie par le «Voyage» ?

         « L'Homo Sapiens occidental a répandu sur toute la planète une notion de supériorité de son espèce. A partir de là, il s'est servi et se sert comme si tout lui appartenait, même nombre de ses congénères.
Il n'a pas su/pu/voulu comprendre que Toutes les formes de Vie sont interdépendantes et qu'aucune n'a de droits fondamentaux supérieurs aux autres. Ces arrogance/aveuglement ont conduit propager une souffrance de la Planète, au sens de agrégore multiformes de vie. Et un tel agrégore ne peut vivre durablement qu'en Harmonie.
        Je crois que la Vie devrait être pensée/perçue comme un Tout. Un tout à l'intérieur (?) duquel existent de multiples et innombrables échelles de l'espace-temps.
*** Dans lesquelles Vivre ne signifie jamais Détruire. ***
Je crois aussi que l'Humain, de par son comportement, «insulte la Vie». Enfin, pas toutes les expressions de l'Humain heureusement , sinon il n'existerait même plus depuis belle lurette !
Donc la planète Terre va mal.
Globalement mais surtout pour une des espèces qu'elle accueille. Espèce extraordinairement merveilleuse (mais ce n'est pas la seule car toutes le sont !) mais également extraordinairement néfaste (alors que toutes les autres ne laissent pas ou si peu de traces de leur présence). »

         « Et maintenant, ce qui est appelé crise sanitaire... ! Je ne sais pas de quelle manière, mais je ne doute pas un instant que l'Homme en soit la cause. L'origine reste inconnue malgré les multiples hypothèses/certitudes diffusées.
        Par contre, la propagation est assurément liée à la mondialisation frénétique du commerce et des échanges humains. Ce ne sont pas ces derniers, en tant qu'échanges, qui sont néfastes, mais "seulement" leurs implications humaines, sociales, écologiques.
        Maintenant, quel est le véritable niveau de cette crise ?
Il y a un virus oui. Un de plus car autant que je sache, ce n'est ni le 1er, ni le dernier. La grippe saisonnière est également due à un virus. On n'en parle étrangement plus .. Les pouvoirs de la plupart des pays réagissent de la même manière, "distanciation sociale" avec le confinement (quid des travailleu.r.se.s "essentielles" ?), contrôle des déplacements, sanctions, ... N'est ce pas bizarre ?
( A moins d'agir sous le couvert, une entité appelée OMS, financée en partie par des industries menées par l'appât du gain, elles mêmes "pilotées" par une Volonté d'asservissement de la Vie, comme, par exemple, le fondateur de microsoft ...? )
        On propage et entretient la Peur qui, on le sait, affaiblit le corps et l'esprit.
Les chiffres égrenés quotidiennement ne sont-ils pas manipulés (en intégrant des décès sans lien avec le virus?) pour entretenir cette Peur ?
Et On occulte complètement une prévention optimale possible (peut-être un peu tard pour beaucoup cette fois ci !) qui consisterait à avoir une hygiène de vie au service de la Vie et non au service du profit.
C'est vrai que dans ce cas, il est logique d'occulter la prévention ...

 


        - Et enfin, comment visualises-tu «l’Après Corocoro», en lien notamment avec la facilité que nous avions «avant» de bourlinguer à notre guise ?

         « Pour les voyages non marchands (marchandise matérielle ou non) et/ou politiques, le coup de frein va durer car je pense que les frontières ne vont pas se réouvrir de sitôt pour tout un chacun. En tout cas, pas tant que ce vaccin "salvateur" promis, et qui sera attendu « au prorata de la Peur installée » ne permette à l'industrie pharmaceutique de s'enrichir un peu plus.
        Je souhaite que ces échanges humains puissent avoir de nouveau lieu car ils sont source
d'enrichissements non matériels et symboles de Paix.
        Pour autant je ne souhaite pas voir à nouveau le ciel sillonné d'avions pour transporter des marchandises existant localement ou non essentielles (?), ou pour permettre des "petits plaisirs" qui seraient le contraire de la sobriété nécessaire au partage de la Vie.
Mais, à mon sens, le plus dangereux, ce n'est pas le virus mais bien ce que l'Homme va tenter d'en faire, vis-à-vis de ses congénères tout d'abord, et vis-à-vis des autres formes de Vie également. Le rêve de Pouvoir sur la Vie de certains contre le rêve de partager cette Vie.
A moins que cette "pandémie" ne soit qu'une vaguelette pour l'Univers ...

         Mais nous serons vigilants, confiants et forts car Conscients. »

 

Merci à Monsieur G. pour son honnêteté de coeur et d’esprit.

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