"Divagations & Réflexions de par le Monde ou Curiosités du Singulier"•CHAT-PÎTRE 3

{ Plongée en eaux profondes, vernalisation, latence démiurge, et rééquilibrage de la pression. } Boa viagem, Enjoy this journey, Iniya payannam todaraddum, Buen viaje, Bon Voyage !

"PARTAGER le "Voyage" que j'entreprends depuis quelques années.

À la découverte de l'Autre, de par le Monde, de par le Moi ".

Voici l'idée globale.

Et il me semble aussi pertinent de vous préciser de nouveau que chacun des chat-pîtres que je publierai composent un cheminement (qui parfois se disperse un peu j'en conviens !). 

Qu'ils font donc parti d'un Tout (comme nous tous d'ailleurs ... ) mais que, par soucis de ne pas trop endormir le lecteur et pour le tenir en haleine, j'ai préféré découper.

Ces 1ers chat-pîtres sont ainsi un démarrage me permettant de raconter les fondations d'où continuent d'émerger mes humbles réflexions.

La suite ... sera ... différente ?! (Allons, un peu de suspens reste de mise, mais je ferai de mon mieux pour vous garder accroché à mes lignes !).

 

 

Mou.

 

Le Monde devient Mou.

Mon corps, si je ne mets rien en branle, devient Mou. Mon esprit de même.

Si je le laisse aller, divaguer dans sa tristesse, ses ressassements, sa colère aussi, il finirait par s'auto-ronger, ne laissant plus que débris éparses, de désirs, d'envies, de Vie, de corps. 

Une forme, aux contours humains, molle, en dissolution, de l'extérieur comme de l'intérieur.

 

Ces ""Je" n'y crois plus", ""Je" n'y arrive pas", ou "À quoi bon ...".

Il faut s'être honnête, il y a de ces jours comme cela.

Et pour chacun, je pense.

 

La mollesse aussi se répand, nourrie par l'Assistanat grandissant, que propose(nt) et offre(nt) si généreusement les (La) Société(s), épaulée(s) par chaque culture et ses sécurisants carcans.

J'ai envie d'illustrer ces dernières lignes en vous donnant deux observations, prises dans mes voyages, simples, et qui me paraissent assez bien éclairer ce propos.

 

Après avoir passé quelques temps en Terres Maliennes et Indiennes, une distinction assez impressionnante m'est apparue. Les Corps. La physionomie des corps. Leurs déploiements spécifiques mus par les "nécessités" culturelles et sociétales propres à chaque pays.

Les maliens, pour la majorité d'entre eux, femmes et hommes confondus , m'apparaissent forts, robustes, paradoxalement car parfois très chétifs, ancrés, droits, musclés, parés aux "durs labeurs" et, de ce que j'ai vu (très) actifs lorsqu'il le faut.

Dès l'enfance, ils avalent des kilomètres pour se rendre et revenirs de l'école, portent de lourdes charges (eau, vaisselle, ...), aident à tout quand besoin (notamment pour les tâches champêtres, la vaisselle au fleuve, le travail des céréales pourqu'elles puissent être bonnes à préparer, ...).

Corps (en)durcis, solides, résistants (ce malgré maux et maladies, je pense notamment au foudroyant palu).

Très rares sont les personnes en surpoid ou obèses.

 

Les indiens, Culture autre, avec une emprise relativement fraîche du Capitalisme et de cette Néomondialisation assez gerbante. On y va. Les deux pieds dedans. Sourire jusqu'aux oreilles, et portefeuille gonflé prêt à dégainer. Et contrastes cinglants.

En résulte un mélange assez étrange à observer, et ce malgré l'immensité des disparités de l'Inde, donc quasi impossible en si peu de lignes d'être pleinement objective ...

Ce serait plus alors, un certain ressenti, une énergie générale à tenter de capter ...

Pour les, disons, plus aisés à très aisés, qui sont de plus en plus nombreux, corps assez "flasques", à la musculature relativement absente, ronds (par les riches nourritures ingurgitées va s'en dire...) pour certains, notamment les ventres (impressionant!), ou boursoufflés de muscles, par les exercices en salle de sport. Ce pour les hommes.

Corps pourtant à la carrure impressionnante, vestige amnésiques des guerriers qu'ils ont pu être, autrefois ...

Pour les femmes, corps fin et élancés pour les jeunes pas encore mariées, puis deviennent potelés, parfois aux limites de l'incapacité à marcher, par les problèmes que cela apporte. 

On remplit. Pour nourrir l'Oubli.

Soumission facilitée.

{ Insistanat portée à son paroxisme. (Presque) Plus de marche à pieds, tout déplacements s'effectuant en moto/scooter, rickshaw, taxi, bus, ou bien voiture privée. Même pour 100 mètres. Et même par temps tout à fait clément ... 

On asmate. On noit dans l'Inertie. Le plus Simple ; le moins d'Efforts. }

A contrario, on reconnaîtra les travailleuses et travailleurs "physiques", les castes "inférieures" et les gens beaucoup moins aisés voir complètement pauvres ... Peaux tannées et parfois abîmées, musculatures globalement plus développées, même si également souvent assez émaciés (ces travailleurs, malgré un système censé avoir été aboli dans les années 50, sont souvent issus d'une "caste" moins favorisée ; et par cela des conditions de vie bien plus rudes et précaires), et avec une très rare présence de ce ventre débordant de bouton trop mur (ou trace d'une presque monodiète quotidienne de riz ...).

Ecrasés par la nécessité de "survie".

Priorité au corps, au matérialisé.

L'esprit passe après et s'en retrouve souvent pétrifié. Rendu mou.

 

Corps ainsi mirroirs de l'asservissant binôme Culture / Société qui les porte.

Créant et formant les "Désirs/Besoins" des individus ainsi soumis, leurs propres chaînes invisibles.

 

Le Mali et l'Inde m'ont offert une ébauche de support nourrissant mes réflexions.

Mais finalement, ces formes d'Emprise ne se révèleraient-elles pas aussi dans de (trop) nombreux binômes culture/société ? 

Y compris la notre, la votre ...?

 

 

{ À suivre }

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