INTERLUDE actualités ...

Actualité brûlante. "In between" étrange. Attente Fine. Mentent-ils ? Conséquences nébuleuses .... Parce que je ne peux rester sans partager, et qu'écrire reste autant un "doux" exutoire qu'une manière de tenter de contribuer à ... l'après ?

Nappes de silence inhabituelles. Le ronflement des moteurs et les bruits parasites du toujours plus vite se sont éteints. Seul reste quelque voix éparses, un chien qui aboie, une tondeuse faisant son boulot (s'occuper; il faut s'occuper ...), le souffle fort des courageux (ou insensés ?) joggeurs. Mais surtout le chant d'un printemps qui renaît, faisant fît du désordre, de la peur et de l'incertitude qui s'est répandu depuis ces derniers jours.
Je suis rentrée d'Inde à peine 5 jours avant la fermeture des frontières en France, après avoir dû trouver en urgence un billet d'avion en remplacement de celui annulé par l'autre compagnie, de la péninsule arabique, dont les frontières se sont vues closes avant les nôtres.
Atmosphère dérangeante. Mais sorte de répit inespéré pour la planète ? Pour l'Humanité ? Invitation manifeste à penser l'Autour autrement, autrement que le "toujours plus" pour peu et "l'encore moins" pour trop nombreux. Signal d'alarme tonitruant (mais qui sait, peut-être pas suffisamment ...) pour un réveil preste des Consciences.

Appel à rester "chez soi",  au "confinement" comme ils disent. Évidemment, pour ceux ayant un chez soi ... pour les autres, ce qui "n'ont pas" (ou trop peu) de logement, de proches, d'argent, de nourriture, de lieu sécurisant, de papiers ...  la précarité, l'isolement, la dangerosité s'y associant s'accentuent ... 


Alors, pour partie la folie du Faire se voit mise en pause forcée. Ralentissement de la consommation, du temps, des biens, de ses désirs/besoins. Course poursuite de l'action stoppée net dans son élan. Éparpillement énergiphage subitement interrompu.

Alors une frêle ouverture vers un Soi oublié se révèle. Créer, contempler, penser, continuer à Vivre. Simplement différemment.
J'oserais ... presque en présent ?


Et en même temps ... Peur de la contamination. Que l'Autre nous transmettre ce mal inconnu et impalpable. Ne pas s'approcher. Ne pas regarder même, qui sait si un regard ne pourrait Le faire sauter d'une personne à l'autre ...Peur folle, irraisonnée ...

Mais l'être humain reste l'être humain, et le besoin de lien, d'échanger, de ne pas vraiment croire à ce qui est raconté aussi, telle une fantaisie narré par un parent à son enfant, m'apparaissent aussi prendre le pas sur la sériosité de ce qui se passe actuellement.


Et puis au fond, que croire, qui croire ?


Alors on s'autorise un bref sourire, un bonjour du bout des lèvres, parfois le regard en biais pour ne être vraiment de face et éviter on ne sait trop quoi d'ailleurs. On se croise autour du parc aux grilles closes, circumambulation dans son quartier, sorte de Pradakshina à la française avec pour seule intention vénérable que celle de "rester pur" de toute infection microbo-coronavirusienne. Et, bien évidemment, attestation "de déplacement dérogatoire" en poche, en espérant attraper les premiers rayons réchauffants de ce mois de mars et pour ne pas virer chèvre à tourner en rond (dans son 20 m2, c'est déjà ça ...), à Attendre ... que solution (miracle) sanitaire soit trouvée.


Alors aussi #OnApplaudit ??? ...

Consciences enfin réveillées de l'intrication intrinsèque de nos petites personnes et de fait de la nécessité de soutien quand besoin ?Ou simple mouvement d'empithié passagère, qui aux premières lueurs d'une solution médicamenteuse épandue, et ainsi sécurité retrouvée pour le Moi, s'empressera de s'auto-dissoudre dans des "ça ne me regarde pas, j'ai autre chose à penser" et autres "je m'en fiche (qu'ils se débrouillent ou crèvent, mais sans trop de bruit par contre !)".


Encore cette oscillation manichéenne tendant indésirablement vers la noirceur ...

Alors non, réaliste et la Conscience aux aguets oui, défaitiste pessimiste je m'y refuse !

 

Le confinement prendra fin, le monde se remettra à "tourner" (non sans avoir laissé traces, étranges et possiblement sombres).

La question est et sera alors : "QU'EN FERA-T-ON ?"


Revenir à ses "habitudes", modes de vie connus et sécurisants, ignorer l'Autre, l'Autour, retourner dans sa camisole d'écrans menteurs et aliénant ? Boire sans questions aucunes au sein des vils bonimenteurs que sont malheureusement la plupart des hommes régissant notre monde et nos sociétés actuelles ? Continuer de se conforter dans un déni de Soi rassurant, de s'oublier dans des plaisirs creux outranciers, de penser que rien n'est à être regardé plus honnêtement et soumis à évolution, et ainsi d'une certaine manière refuser le "Mouvement" ?


Ou alors ...Ouvrir pleinement les yeux et consciences. Réfléchir. Observer ce qui a été et est. Réfléchir encore. Accepter le Mouvement créateur. Le repaître même. Et ne jamais s'arrêter de questionner nos rapports à l'Autre et l'impact de notre Existence sur le Tout, sur nos sociétés (qu'elles quelles soient) contemporaines et celles à venir et sur la Nature, dans toutes ses multiples définitions sémantiques.


Ce n'est pas barbant. C'est nécessaire.

Ce n'est pas à reporter à "plus tard !". C'est à faire maintenant.


Ce n'est pas inutile. C'est vital.

 

Merci pour Nous.

Merci pour Eux.

Merci pour Vous.

Merci pour Elle.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.