Nous avons à devenir la quasi-cause du décès de Bernard Stiegler

Le dernier séminaire de Bernard Stiegler, qui eut lieu durant le confinement planétaire imposé par la pandémie de coronavirus, portait sur la question des chocs.

Nous avons à devenir la quasi-cause du décès de Bernard Stiegler1.

 

J'écris décédé pour ne pas écrire mort - et comme pour atténuer la violence extrême de ce mot, mort, sinon pour y ménager une sorte d'échappatoire, c'est-à-dire, aussi, une échappatoire à l'entropie. Car décédé dit autre chose, et dit plus que mort. (…) Que me décède - sinon me concède - le disparu qui est plus que mort ?

B. Stiegler, La technique et le temps t. 4 L'épreuve de la vérité dans l'ère post-véridique.

 

Je n'aime pas que mon prochain soit trop proche de moi :

Qu'il s'en aille au loin et dans les hauteurs !

Sinon comment ferait-il pour devenir mon étoile ?

F. Nietzsche, Le gai savoir, prologue, §30.

 

Nietzsche nous dit en quelque sorte ceci : « J’attends le moment où vous rencontrerez vraiment le nihilisme. Maintenant je vous en parle et vous croyez que vous me comprenez. Mais en fait vous ne me comprenez pas du tout. Vous croyez que vous comprenez, mais vous ne comprenez pas parce que si vous compreniez, vous vivriez votre apocalypse ». Maintenant, nous sommes en train de vivre notre apocalypse. Et c’est maintenant que la question se pose de la capacité que nous avons à devenir la quasi-cause du rien, du nihil.

B. Stiegler, « Nous avons à devenir la quasi-cause du rien – du nihil », La Deleuziana.

 

 

Le dernier séminaire de Bernard Stiegler, qui eut lieu durant le confinement planétaire imposé par la pandémie de coronavirus, portait sur la question des chocs. Il s’agissait pour Bernard Stiegler de répondre à un appel qui avait été lancé par un collectif de citoyens et d’associations, et qui insistait sur la nécessité de « retourner » la « stratégie du choc » que le virus avait déclenchée en une « déferlante de solidarité »2. Bernard Stiegler soutenait cet appel, mais il tentait aussi de le questionner, car il lui posait problème sur un point en particulier : ce qu’on appelle la « stratégie du choc » (d’après le titre du livre de Naomi Klein3) est en fait une traduction problématique de l’expression « shock doctrine » (titre original anglais de ce même livre4).

Bernard Stiegler insistait donc sur la nécessité de parler de « doctrine du choc », et non de « stratégie du choc » : il s’agissait pour lui de rappeler que le modèle ultralibéral décrit par Naomi Klein repose sur une doctrine, au sens d’une matrice conceptuelle, logique et théorique, notamment élaborée à travers les travaux de Friedrich Hayek et de Herbert Simon, eux-mêmes nourris de la théorie de l’information de Claude Shannon et de la théorie de la calculabilité de Alan Turing. C’est cette matrice théorique qui devait être critiquée, déconstruite et « refondée », pour dépasser ce que Bernard Stiegler décrit comme un « capitalisme intégralement computationnel5 ». Il soutenait ainsi qu’une « alter-stratégie du choc » ne pourrait devenir effective qu’à condition de reposer sur une « alter-doctrine du choc », qui remette en cause les conceptions de Friedrich Hayek et de Herbert Simon, et plus généralement, ce qu’il appelait les fondements de l’informatique théorique, qu’il jugeait problématiques.

Selon lui en effet, l’informatique théorique repose sur un concept biaisé d’information : l’information est considérée comme un signal indépendant de son support6 et intégralement calculable. De là découle que l’information peut faire l’objet d’un marché et devenir « l’instance primordiale de la rationalité économique », mais surtout, que l’intelligence peut être conçue comme un processus de traitement d’information analogue à celui d’une machine de Turing7.

Or, c’est contre une telle conception de l’intelligence, qui est au fondement du cognitivisme, du computationnalisme et du capitalisme computationnel qui en a résulté, que Bernard Stiegler entendait s’élever : ses textes semblent en effet montrer que l’intelligence n’est pas réductible au calcul, dans la mesure où elle est avant tout une fonction vitale, qui évolue au cours du temps, en fonction des organes techniques ou artificiels dont se dotent les vivants. Selon cette conception, une machine de Turing ne peut donc pas constituer un modèle de la pensée : elle constitue avant tout une étape dans un processus d’exosomatisation et de grammatisation, c’est-à-dire, dans un processus au cours duquel le vivant extériorise ses fonctions (biologiques et noétiques) dans des organes techniques, en spatialisant des flux temporels (gestes ou pensées, schèmes moteurs ou schèmes mentaux) dans des supports matériels - depuis les premiers silex taillés jusqu’aux récentes banques de données, en passant par tous les types de machines à calculer.

Au cours de ce processus d’exosomatisation et de grammatisation, les fonctions noétiques (intuition, entendement, imagination) évoluent et se transforment, à mesure qu’évoluent et que se transforment les dispositifs techniques qui les soutiennent et les supportent. Refonder l’informatique théorique, pour Bernard Stiegler, suppose donc de prendre en compte ces questions d’ « exorganogenèse de la noèse », qu’il développe très précisément dans la postface de la nouvelle édition de La technique et le temps8.

L’ « alter-doctrine du choc », que Bernard Stiegler cherchait à élaborer lors de son dernier séminaire, semblait donc devoir s’inspirer de ces travaux très fondamentaux, pour construire un nouveau paradigme organologique, qui prenne en compte les agencements entre fonctions technologiques et fonctions noétiques, et qui développe, sur ces bases, non pas seulement des technologies calculant des informations automatiquement, mais des technologies mettant en relation les savoirs des vivants se transindividuant. Alors que s’annonce une disruption numérique sans précédent, à travers l’accélération du télé-travail et du télé-enseignement, seule l’élaboration d’une telle doctrine et le développement de telles technologies, pouvaient permettre, selon lui, de faire du choc de la pandémie la chance d’une nouvelle époque, de transformer la réalité du « screen new deal9 » en la nécessité d’une « nouvelle informatique théorique10 ».

***

La question du choc, et de la possibilité, pour un choc, de devenir une chance ou une nécessité, est au cœur de la pensée de Bernard Stiegler : qu’il s’agisse de sa pensée de l’art ou de sa pensée de l’histoire, qu’il s’agisse des chocs psycho-somatiques, que l’individu peut transformer en œuvres artistiques11, ou qu’il s’agisse des chocs technologiques, que les sociétés peuvent transformer en époques historiques12, l’enjeu consiste toujours à adopter un choc (accidentel, factice, factuel et artificiel), pour le transformer en nécessité « omnitemporelle13 ». C’est ce processus d’adoption que Bernard Stiegler décrit à travers la notion de « quasi-causalité14 » (reprise à Deleuze), et qui consiste, selon lui, à « faire du défaut ce qu’il faut » - à transformer les faits, toujours violents et arbitraires15, en droits nouveaux et nécessaires.

Comment ne pas voir, dès lors, le choc provoqué par sa mort comme une mise à l’épreuve de cette peansée du choc déjà à l’œuvre dans ses textes ? Comment ne pas lire l’événement de son décès comme la conclusion d’un séminaire à jamais inachevé ? Et si ce fait, si violent, nous fait tant violence, comment l’adopter ? Comment adopter un choc que nous savons déjà ne jamais pouvoir accepter ? Comment faire du « défaut ce qu’il faut », quand il ne reste que « faillite de la volonté16 » ? Comment ouvrir un avenir inattendu et incalculable dans un devenir si pesant et si probable ? Comment « être digne de ce qui nous arrive17 », comment ne pas « perdre le sentiment d’exister18» ?

Sans doute faudra-t-il travailler pour que quelque chose puisse, un jour peut-être, à nouveau émerger, à partir de la nécromasse noétique qu’il a léguée.

Écrire sur ses textes et les commenter ? Mais comment faire alors, pour ne pas transformer le sujet vivant en un objet de savants ? Poursuivre les projets qu’il avait initiés ? Mais comment faire alors, pour ne pas répéter des discours dépourvus de toute singularité ? Toutes aussi essentielles et urgentes soient-elles, de telles perspectives appartiennent à un champ des possibles déjà ouvert auparavant : pourront-elles donner au choc de l’événement un sens le dépassant ?

Car si rendre un événement nécessaire suppose de produire ce qui demeurait impossible avant son arrivée, mais que son arrivée seule ne suffit pas à provoquer, il faudra s’interroger. Qu’est-ce qui demeurait impossible, avant le décès de Bernard Stiegler, qui devient possible aujourd’hui, mais que son décès, à lui seul, ne suffit pas à engendrer ? Quelle part d’ « ineffectuable19 » un événement si brutal peut-il réserver ? Quel avenir imprévisible ouvre-t-il, lui qui semble tout fermer ? Peut-on (collectivement) rendre la disparition d’un homme nécessaire, alors que son travail et ses œuvres étaient déjà dotées de tant de nécessité ?

S’il s’agit de faire advenir ce qui, du vivant de Bernard Stiegler, ne pouvait arriver, s’il s’agit de faire surgir une nécessité de tant d’impossibilités, alors nous devons rendre cet événementguanthropique, en dépit de toutes les entropies qu’il va provoquer : nous devons prouver cet événement, « performativement » et « positivement », avec ce « savoir sachant faire de (…) nécessité vertu », que Bernard Stiegler ne cessait de pratiquer20 .

S’il y a du nous, et du noûs, alors « nous » devons devenir la quasi-cause du décès de Bernard Stiegler, nous devons lui donner une nécessité, dans l’après-coup de son actualité. Pourquoi fallait-il ce décès ? Pourquoi ce décès fallait21 ? Comment faire de ce fait un droit, comment le transformer ? Comment faire d’un choc tant redouté un avenir désirable et désiré ?

Nous devons convertir la blessure en bataille, la violence en travail, la douleur en énergie. Il ne cessait de l’enseigner, et nous croyions avoir compris. Mais en fait, nous n’avions rien compris du tout. Nous ne pouvions pas comprendre. « Maintenant, nous sommes en train de vivre notre apocalypse. Et c’est maintenant que la question se pose22 ». « Nous avons à devenir la quasi-cause du rien, du nihil »  : au moment où tous les possibles semblent se fermer, telle est la tâche devant laquelle le choc nous a laissés.

 

«Peut-être y aurait-il à penser un par-delà le deuil et une survie à ou dans la-vie-la-mort, comme être-pour-la-vie, qui procéderait non d'une résurrection, d'une renaissance en ce sens là aussi, mais d'une répétition différante qui amortirait, si je puis dire, les effets et les faits de deuil que nous ne pouvons éviter dès les premiers moments de la vie ?»

Bernard Stiegler23.

 

 

 

 

Anne Alombert

 

 

1Ce titre s’inspire de celui d’un entretien de Bernard Stiegler avec Judith Wambacq et Bart Buseyne intitulé « Nous avons à devenir la quasi-cause du rien – du nihil » et publié dans la revue La Deleuziana : B. Stiegler, « Nous avons à devenir la quasi-cause du rien – du nihil » (entretien avec Judith Wambacq et Bart Buseyne), La Deleuziana, n°3, 2016. Je remercie les auteurs, traducteurs et éditeurs de cet entretien, ainsi que Laurie Haffas pour ses suggestions de modification.

2Voir la tribune « Retournons la stratégie du choc en déferlante de solidarité » à ce lien : http://www.regards.fr/idees-culture/article/tribune-face-a-la-pandemie-retournons-la-strategie-du-choc-en-deferlante-de

3N. Klein, La Stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre, Paris, Actes Sud, 2007.

4N. Klein, The shock doctrine : the rise of disaster capitalism, Allen Lane, 2007.

5B. Stiegler, « Il faut inventer une quatrième époque du capitalisme » », Revue internationale et stratégique, vol. 110, n° 2, 2018, pp. 119-131.

6Voir sur ce point l’argumentaire du colloque de Arles « Informatique et générations ». Bernard Stiegler décrit ainsi la théorie de la calculabilité de Turing : « En principe, la nature des matériaux et supports mis en œuvre pour la réalisation d’une machine de Turing est triviale : ce qui définit une ‘machine de Turing’, ce sont ses fonctions, qui sont mathématiques, et qui ne dépendent en rien des caractéristiques matérielles de leur implémentation. ». Bernard Stiegler soutient au contraire que : « L’information est en cela toujours conditionnée par les performances de ses supports, ce qui signifie que ceux-ci constituent les conditions premières des processus d’individuation. ».

7Sur ces questions, voir l’argumentaire du colloque de Arles « Informatique et générations » et B. Stiegler, « Noodiversity, technodiversity. Elements of a new economic foundation based on a new foundation for theoretical computer science. », trad. Daniel Ross, Angelaki, vol. 25, 2020.

8Voir sur ce point B. Stiegler, « Le nouveau conflit des facultés et des fonctions dans l’Anthropocène » dans La technique et le temps, Paris, Fayard, 2018. Dans un récent message adressé à Daniel Ross, Bernard Stiegler écrit : « Ce que j’appelle donc ‘nouvelle informatique théorique’ ne désigne rien d’autre que la théorie hypercritique de l’exorganogenèse de la noèse toujours pharmacologique... ».

9Voir l’article de Naomi Klein sur le « screen new deal », et sa traduction en français par Christophe Bonneuil : https://www.theguardian.com/news/2020/may/13/naomi-klein-how-big-tech-plans-to-profit-from-coronavirus-pandemic et https://www.terrestres.org/2020/05/17/la-strategie-du-choc-du-capitalisme-numerique/.

10Sur la question de la refondation de l’informatique théorique, voir B. Stiegler, « Noodiversity, technodiversity. Elements of a new economic foundation based on a new foundation for theoretical computer science. », trad. Daniel Ross, Angelaki, vol. 25, 2020.

11Voir sur ce point la lecture de Canguilhem par Bernard Stiegler, notamment dans B. Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. De la pharmacologie, Paris, Flammarion, 2010 ou B. Stiegler, « Préface » dans La blessure et la force. La maladie et la relation de soin à l’épreuve de l’auto-normativité, Presses Universitaires de France, 2010.

12Voir sur ce point la théorie du double redoublement épokhal notamment exposée dans B. Stiegler, La technique et le temps, t. 2 La désorientation., Paris, Galilée, 1996.

13E. Husserl, L’origine de la géométrie (1936), Paris, Presses Universitaires de France, 1962.

14Sur la question de la « quasi-causalité » et du « défaut qu’il faut » (inspirée des travaux de Gilles Deleuze), on peut lire ces deux entretiens en ligne : https://inferno-magazine.com/2014/03/27/le-defaut-quil-faut-une-rencontre-avec-bernard-stiegler/ et https://www.revue-ballast.fr/bernard-stiegler-le-capitalisme-conduit-a-une-automatisation-generalisee/. Dans le second entretien, Bernard Stiegler écrit la chose suivante : « La thèse que Deleuze reprend aux stoïciens et qu’il appelle la ‘quasi-causalité’ est aussi de cet ordre. Ainsi de Marcel Proust concernant la maladie : comment son asthme fait de lui l’auteur d’À la recherche du temps perdu. J’ai un enfant ; comment vais-je transformer ses défauts en faisant d’eux l’objet totalement inattendu de mon amour ? C’est ce qui constitue la quasi-causalité dans la situation pharmacologique. ». Sur ce point, Bernard Stiegler s'inspirait des réflexions de Deleuze autour du poète Joë Bousquet, que l’on trouve principalement dans G. Deleuze, Logique du sens, Paris, Minuit, 1969 mais aussi dans un cours du 3 juin 1980, retranscrit à ce lien : https://www.webdeleuze.com/textes/249. Deleuze discute et commente la phrase (apparemment « diabolique ») de Joë Bousquet, souvent citée par Bernard Stiegler : « Ma blessure existait avant moi, je suis né pour l'incarner. ». Derrida évoque lui aussi ces réflexions de Deleuze autour de la question de l'événement, notamment dans le texte écrit après le décès de Gilles Deleuze intitulé «Il me faudra errer tout seul» : https://next.liberation.fr/culture/1995/11/07/il-me-faudra-errer-tout-seul_149753.

15« ...tout fait, factum, est le fait d'un facere lui-même toujours factice, artificiel, arbitraire, procédant d'une violence, d'un deinon pris dans un processus d'exosomatisation qui échappe à ceux qui l'opèrent. », B. Stiegler, La technique et le temps, t. 4, (introduction).

16« A mon goût de la mort qui était faillite de la volonté, je substituerai une envie de mourir qui soit l’apothéose de la volonté. », Joë Bousquet, cité par Gilles Deleuze dans Logique du sens, Paris, Minuit, 1969.

17Sur la possibilité d’« être digne de ce qui nous arrive », voir G. Deleuze, cours du 3 juin 1980 (Deleuze commente Bousquet et Blanchot) : https://www.webdeleuze.com/textes/249.

18Sur la « perte du sentiment d’exister », voir B. Stiegler, Aimer, s’aimer, nous aimer. Du 11 septembre au 21 avril, Paris, Galilée, 2003.

19Voir sur ce point ce que Deleuze désigne comme « l’ineffectuable » ou l’ « incorporel » de l’événement, pour décrire la part de l’événement qui déborde son effectuation : G. Deleuze, cours du 3 juin 1980, https://www.webdeleuze.com/textes/249.

20« Une technicité positive est un savoir qui n’est pas une science, mais qui, prenant soin de ce qui ne se présente jamais comme une chance et comme une vertu (une puissance, une force, une excellence) qu’en étant accompagné de son contraire (un expédient, une dépendance, un poison), ne tente pas d’en réduire la duplicité, mais sait au contraire que cette condition d’impossibilité est la condition d’une positivité contingente, accidentelle, chanceuse en cela, tuchè devenant kairos, c’est à dire possibilité surgie d’une impossibilité, et comme la nécessité d’un défaut (ce que Blanchot nomme l’improbable). Il s’agit d’un savoir sachant faire de cette nécessité vertu. », B. Stiegler, « D’une pharmacologie positive », http://arsindustrialis.org/d-une-pharmacologie-positive.

21« ...appréhender ce problème autrement que de façon purement spéculative et logique, c’est à dire pétrie de ce logos dont il s’agirait de dépasser la métaphysique de la présence, c’est l’aborder comme la question pratique du défaut d’origine en tant qu’il le faut, et en tant que ce défaut faut, comme on pourrait tenter de le dire en recourant au vieux français. Il faut, ce défaut, et s’il faut un tel défaut, ce falloir est toujours une faille : il est toujours défaillant. », B. Stiegler, « D’une pharmacologie positive », http://arsindustrialis.org/d-une-pharmacologie-positive.

22« Nietzsche nous dit en quelque sorte ceci : ‘J’attends le moment où vous rencontrerez vraiment le nihilisme. Maintenant je vous en parle et vous croyez que vous me comprenez. Mais en fait vous ne me comprenez pas du tout. Vous croyez que vous comprenez, mais vous ne comprenez pas parce que si vous compreniez, vous vivriez votre apocalypse’. Maintenant, nous sommes en train de vivre notre apocalypse. Et c’est maintenant que la question se pose de la capacité que nous avons à devenir la quasi-cause du rien, du nihil. », B. Stiegler, « Nous avons à devenir la quasi-cause du rien – du nihil » (entretien avec Judith Wambacq et Bart Buseyne), La Deleuziana, n°3, 2016.

23Cette citation est extraite d'un message électronique. Sur les questions du deuil, de la survie, de la vie, de la mort et de «la vie-la mort», voir B. Stiegler, « Nous entrons dans le revenir de Jacques Derrida », Rue Descartes, 2005/2, n°48, pp. 64-66 (https://www.cairn.info/revue-rue-descartes-2005-2-page-64.htm).

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