Tout d’abord, vous remarquerez que c’est le même discours qu’en 2002, tenu dans l’ensemble par les mêmes afficionados qui ont juste quinze ans de plus. Que s’est-il passé au cours de ces quinze années ? Rien. Ou presque. La France a continué à prendre du retard en matière d’enseignement, de recherche, de formation professionnelle, d’écologie. Elle explose son taux de chômage et de pauvreté tandis que son patronat, dépourvu de tout patriotisme, engrange des profits toujours plus énormes. Ses institutions sont complètement obsolètes et ses élus profitent d’un système très avantageux.
D’ailleurs, chers concitoyens, j’espère que vous n’avez pas la naïveté de croire que tout ce petit monde qui s’enflamme pour le macronisme le fait pour le bien de la France et des Français. Si Le Pen peut reprendre à son compte un discours de Fillon, il est fort à parier que les fillonistes ne penchent pas du côté dudit Macron. Ils vont à la soupe tout simplement, on n’abandonne pas un poste d’élu aussi facilement, étant donné les avantages considérables que cela représente. Surtout quand toute la famille en profite et que l’on n’a jamais travaillé de sa vie.
La propagande, car c’est de cela qu’il s’agit, veut faire croire aux électeurs qu’il n’y a rien de plus urgent que d’abattre Le Pen et ses idées détestables. Cette brave Marine est un arbre magnifique pour cacher la forêt, pour faire oublier que notre vote va déterminer la politique des cinq années à venir, et influer largement sur les suivantes. Avec Macron, nous serons dans la continuité de ce qui se passe depuis trente ans, une vacuité totale de gouvernance.
Par ailleurs, nos brillants hommes politiques semblent faire peu de cas de notre république démocratique, des élections législatives, de l’opposition qui se mettra en marche si, d’aventure, le Front national gagnait les élections. Évidemment, il faudrait qu’ils bossent, qu’ils prouvent qu’ils ont des valeurs et qu’ils savent les défendre autrement que par des discours fallacieux.
Voter blanc ou nul n’est pas voter pour le FN, mais contre lui et contre En marche. Car nous avons le droit d’être contre le capitalisme et le libéralisme sans pour autant être des fascistes. Les électeurs français se sont sentis obligé de voter utile au premier tour et maintenant, ils doivent voter contre le Front national. Peut-on appeler cela un choix ? Cela fait des années que nous votons « contre », quand pourrons-nous voter « pour » ? Voter Macron, c’est s’engluer dans un système politique obsolète et insatisfaisant, c’est de toute façon porter Le Pen au pouvoir en 2022.
Alors, si vous voulez vous abstenir, ne culpabilisez pas, n’écoutez pas la doxa dominante, mais suivez votre cœur, en toute conscience. Un peu de sincérité ne nuira pas à notre démocratie.