Le calendrier debout, le premier calendrier à 395 jours

Nous sommes des utopistes, mais nous avons bien les pieds sur Terre. Avec son année à 395 jours, le nouveau calendrier nous promet l'établissement de notre propre agenda. Voici le calendrier debout. Présentations.

31 mars, le jour 1

Décidément les concours de circonstances sont intéressants ces temps-ci. Le 31 mars, date négociée à l’arrachée par les syndicats pour poser le premier grand jalon de la contestation sur la Loi Travail — et à laquelle, soit dit en passant, certains de ses principaux initiateurs n’ont pas daigné participer, drôle — s’est conclu par une #NuitDebout. C'est cette nuit du 31 mars, donc, qui appela à prolonger la mobilisation le lendemain. Et c'est aussi classiquement, que le vieux calendrier grégorien fît suivre le 31 mars par le 1er avril, par ailleurs journée de la facétie et de l'humour.

Et hop, le nouveau calendrier était né. Le 32 mars fut notre jour, suivi du 33, du 34, du 35, du 36… Un décompte journalier hashtag-friendly qui s'est vite propagé sur les réseaux sociaux. Désormais, dites : « On se retrouve à l’AG de Répu du #40mars ! »



Retournement des choses. Ce qui devait être une blague d’un jour devint la norme et ce qui était la norme devint obsolète. Soyez réalistes, demandez l'impossible ! Il aura suffit d'un jeu de hasard facétieux mais sérieux, pour que le 31 mars se transforme en premier jour d’une nouvelle réalité. Un nouveau calendrier, pour construire ses propres combats, ses propres luttes, qui pourra faire fi des agendas médiatiques et politiques imposés par l’ « autre », le vieux, le défunt, le moribond, le grégorien calendrier.

C'est fait, le mouvement est lancé, au cri de « Faisons notre propre calendrier, faisons nos propres médias, faisons nos propres assemblées, faisons la démocratie, faisons la Nuit Debout ! »
 [voir le tweet]

Maîtres de notre agenda

Car le calendrier détermine tout, c’est la gestion du temps, de nos espaces d’expression, de discussion, de liberté, d’exercice de la démocratie. Il y a 223 ans de cela, le calendrier républicain, épousseté de toute référence religieuse et monarchique, et adopté le 15 vendérimaire de l’an II (22 septembre 1792 du grégorien), avait été appliqué précisément pour cette raison. Ne sommes-nous pas en train de faire la même chose ?

Au même titre que les sans-culottes, nous voici maîtres de notre propre calepin des événements à venir, organisé par nous, pour nous, autour de ce qui nous rassemble. 


Nous sommes au-delà du simple agenda législatif sur la Loi Travail, au-delà des agendas de campagnes et des piètres primaires de la droite et de la « gauche » parlementaires actuels, au-delà de l'agenda de l'État d'urgence, au-delà de l’agenda de la prochaine élection présidentielle de la Vè République, et de la suivante. Nous sommes déjà en avance, nous voyons plus loin.

Calendrier de poche

Alors voilà, comme les montres et les horloges qui arborent les gares, comme le calendrier des pompiers, il va falloir l'avoir à portée de main. Dans la poche ou sur son smartphone. Quelques initiatives ont donné naissance à des représentations ou des infographies. Certains parlent d’un mois de mars éternel, par exemple dans ce calendrier debout en ligne. Un peu plus cartésien, on pourrait prendre en compte les années, et les saisons.


Voici une première version, librement inspirée du calendrier républicain. Celui-ci indique même les équinoxes, solstices, et les nouvelles et pleines lunes (car les débats nocturnes s'annoncent nombreux) ! Les semaines du calendrier grégorien restent quand même là, histoire de garder (temporairement) quelques repères :

Vous pouvez élécharger le calendrier ici.

Calendrier Debout de l'An I Calendrier Debout de l'An I

 

Dans ce calendrier debout, l’année débute le 31 mars, elle se termine le 395 mars. Comme le calendrier républicain, elle est découpée en 12 parties de 30 jours (soit 360 jours) et cinq jours complémentaires sont ajoutés en fin d’année. Tous les 4 ans, l'année devient « sextile » pour rester aligné sur l’année tropique de 365,25 jours : on ajoute un sixième jour en fin d’année, le 396 mars. Rien de plus simple, ni de plus concret. Soyez réalistes, demandez l'impossible.


Alors, qu’on se le dise !
Le #31mars est donc le jour de la Nouvelle année.

Le #62mars, le jour de Fête du Travail.

Le #136mars, le jour de la prise de la Bastille.

Et pour ceux que cela intéresse, les deux tours de l’élection présidentielle auront lieu le #54mars et le #68mars de l’an II.

Reste à adopter un système de semaines, ou de « décades ». Ou carrément à restaurer le calendrier républicain.

Aux Assemblées de décider.



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