Continuation de mon entreprise d’enfonçage de portes ouvertes. La majeure partie de l’ennui qu’au cours d’une vie on ressent, à bayer à s’en décrocher la mâchoire, réside, (outre dans l’obligation, si on est écrivain, de relire ses épreuves), dans les conventions, tacites, ou explicites, et dans leur expression futile et superfétatoire sub limen; conventions quant aux valeurs reçues, qu’on perd le peu de temps que le cosmos nous accorde à devoir entendre rappeler et célébrer à n’en plus finir, les valeurs subversives autant, sinon plus encore, que les recuites, (la subversion, la barbe!) et, en effet, ce n’est jamais fini, interminable procès (Kafka), interminable analyse (freudiennes chapelles ad hoc), puisqu’il faut les prolonger, les continuer, les faire croître, embellir et fructifier, ces conventions. Je ne dis pas: les défendre, ce qui est l’affaire de spécialistes. Le temps qui reste pour accorder son attention, l’attention étant « la prière naturelle de l’âme »(Malebranche), à ce qui est véritablement novateur, à ce qui est radicalement neuf, depuis les racines, (comme l’indique l’adjectif), depuis les fondements, et non pas d’une nouveauté consacrée par une exposition à la mode, ce temps-là est quasi nul; il faut l’arracher à tout ce qui nous entoure, à tout, à toutes et à tous, et surtout aux plus proches; il faut le créer soi-même; j’ose dire, ne craignant pas les procès en orgueil (quant à la vanité, j’ai la conscience tranquille, et quelques preuves exonérantes), que feu mon ami et voisin Emil Cioran n’en eût point disconvenu. Réflexions et Maximes morales de Bernshoy Andrač Pacha. Inventeur de l’eau chaude. Brevetée.
Billet de blog 2 février 2023
Le consensuel ennui
(pas vraiment une découverte).
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