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Billet de blog 6 novembre 2025

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Regard rétrospectif.

Ounamon.

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Longtemps je me suis couché de bonne heure, ma dernière pensée avant de m’endormir étant celle-ci: à quoi donc pensait CELA qui, il y a N millénaires (je fais varier N) s’endormait à ma place? J’ai eu cette nuit en songe une vision qui donne une réponse; mais elle ne me concerne pas, moi; car à quoi bon toujours tirer la couverture à soi? « Was soll es nützen » (ainsi parlait Heinrich Heine) « stets das alte Lied zu leiern? » - à quoi bon sans cesse vieller la même chanson? Non; cette vision concerne Zakhar. Nous tous nous avons cru, de bonne fois, que Zakhar, passé du service d’Oblomov à celui de votre serviteur, est russe, et boit beaucoup. Eh bien! nous voilà bien attrapés. Zakhar est phénicien. Voilà le scoop. En vérité, dans mon rêve, je ne l’ai pas vu lui, son apparence, son enveloppe mortelle; j’ai vu, sur un vieux mur, une écriture phénicienne, qui changeait, au fur et à mesure que je la lisais, comme le sous-titrage d’un film en V.O. - et cette écriture me dévoilait son destin, autrement dit ce qu’il pensait en s’endormant voici trois mille cent vingt-cinq ans: qu’il était roi de Byblos, qu’il recevrait à l’aube l’envoyé d’un temple égyptien, grand voyageur, nommé Ounamon; et qu’il lui refuserait la fourniture de bois pour laquelle il venait traiter. Ce roi de Byblos qu’il était en l’an 1100 avant il ne savait trop quoi, il portait déjà le même nom que lui-même aujourd’hui chez votre serviteur: Zakharbaal, « maître Zakhar »; et moi, je m’appelais déjà Bernold, tout court, n’ayant jamais été maître de rien, ni, bien entendu, de personne, cela va de soi. Ainsi donc, Ounamon repartirait bredouille, le temps n’existe pas.

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