Dès l’aube du jeudi 7 mars, sixième journée de mobilisation intersyndicale contre le projet de loi des finances portant la réforme des régimes de retraite, les «espaces de contributions » ouverts aux commentaires des abonné(e)s du journal Le Monde sous chaque article du Monde ont été envahis par des escouades de réactionnaires pavloviens écumant de rage, EXIGEANT du gouvernement la répression pure et simple des organisations syndicales. Il est inutile de se pencher sur les particularités des éructations sous pseudonyme, ni sur la personnalité socio-professionnelle (pour parler barbare) aisément distinguable de certains de ces enragés, abonnés autant à l’invective qu’au « journal de référence » lui-même (qu’ils insultent aussi, au passage), ni sur les nuances des couleurs fécales dont ils badigeonnent un respectable, dans le principe, lieu de discussion démocratique, devenu, hélas, depuis le début du conflit social, un lieu d’aisance permettant toutefois à l’observateur d’enregistrer , comme je l’ai signalé ad locum, que l’appareil excréteur de la droite française est présentement affecté d’une nervosité certaine, pour ne pas dire parcouru de tremblements spasmodiques de funeste augure. L’idée fixe de la droite française depuis soixante-dix ans est aussi élémentaire qu’indélébile: abolir les conquêtes sociales obtenues par le CNR, Comité National de la Résistance. Il est symptomatique de cette hantise que Macron ait imposé les initiales CNR de ce Comité salutaire à un « machin »(comme disait le Général) sans qu’aucune institution, hélas, l’Ordre de la Libération, par exemple, ait protesté, sauf erreur de ma part, que je serais enchanté de reconnaître immédiatement. La droite française, actuellement représentée avec le plus d’efficacité relative par Emmanuel Macron, est incurablement pétainiste, et d’ascendance maurrassienne: en témoignent aujourd’hui ces appels publics à la répression par la force, et à la suppression pure et simple des organisations syndicales présentement sur le terrain. Certes, c’est aux antipodes du journal Le Monde; mais ça passe, au titre de la liberté d’expression, dans de trop nombreux commentaires d’articles du Monde, et je suis au regret, au profond regret de constater que les instances modératrices du Monde les laissent passer EN MASSE. Qu’on aille y voir, si on a l’estomac bien accroché. Il y a là un gugusse omniprésent qui hurle que la CGT, c’est des communisses, c’est à dire, écrit-il, des traîtres à la patrie. Ça passe. Personne ne lui répond: par écœurement, je veux bien le croire. D’autres expliquent doctement pour la millionième fois que les syndiqués sont des jeanfoutres pour lesquels « ceux qui ne baissent pas les bras » refusent de payer: ces derniers sont invités à émigrer. Ça passe aussi. Les mots importants dans ce rapport très succinct sont en capitales ci-dessus: EN MASSE. Je conclus: la bourgeoisie française pétainiste (par un restant de charité, je ne mets pas l’adjectif entre virgules, et laisse cela à l’appréciation de chacun(e)), est prête à laisser Macron, (et l’y incitera, s’il en était besoin), à aplanir les voies du fascisme pour son accession au pouvoir lors des prochaines élections présidentielles. Ce qu’à Dieu ne plaise; je laisse Dieu, qu’on entende par là ce qu’on voudra. Mais, apparemment, cette bourgeoisie n’a plus d’autre solution que le fascisme pour continuer à profiter du statu quo, lato sensu. Comme un sentiment de « déjà vüüü »… Lamentabile, sane, exitu (et toujours un peu de latin pour emporter le morceau…) - merci, merci… Moralité: comme le dit le proverbe, la caque sent le hareng; il faut donc mettre en quarantaine la caque 40.
Billet de blog 8 mars 2023
L’offensive pétainiste
dans les « espaces de contribution » du journal Le Monde.
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