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Billet de blog 9 juillet 2023

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Mes souvenirs sur Asma Souk

confondants.

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Cette anecdote * appartient à une époque reculée. Localement, elle remonte à plus de soixante-quinze ans, avant ma naissance, et m’a été rapportée par ma tante Ada. - C’est rien bath! - débutait invariablement tante Ada lorsqu’elle voulait se livrer à une confidence, faite à l’enfant que j’étais alors. - Oui! Asma Souk! tu sais bien! celle qui épousa le prince de Schwartzburg-Sondershausen - ils vivaient à Spire, en Allemagne, mais passaient l’été en Alsace, Dieu sait pourquoi! - c’était une Stultzbach - en réalité, elle se prénommait Alma Augusta. Asma Souk disait de Christian Günther, son mari: « Je sais ce qu’il veut sans même avoir besoin de le regarder! »  - Toutefois tu m’as dit, tante Ada, qu’Asma et Christian Günther ne cessaient de se chamailler; et que les dogues de Christian effrayaient les canaris d’Asma.  - C’est exact, mon chéri. Quelque chose entre eux ne tournait pas rond.  -  Quoi donc, tante Ada?  - Le lit! s’exclama ma tante.  - Le lit? J’avais dix ans (environ). Je compris tout d’abord qu’ils avaient, comme Monsieur Knott, un lit circulaire, qui, de plus, pivotait sur lui-même, mais dont le mécanisme était cassé. Mais bientôt j’imaginai que Christian, qui était très gros, prenait toute la place dans le lit (normal) - car j’avais observé que les gens dorment par deux, ce qui me semblait monstrueux - et je voyais très bien la maigre Asma toute rencognée sur le bord, ses jambes fluettes pendantes, et ses pieds égyptiens traînant sur le parquet. Donc le mot d’Asma, (je sais ce qu’il veut sans le regarder), ne laissait pas que de me rendre songeur. Je ne l’ai toujours pas compris aujourd’hui. NdlR: *Heinrich von Kleist écrivit, et publia dans un journal, des anecdotes.  Post-scriptum: dans mon souvenir, toute l’attitude d’Alma Augusta resplendissait d’une élégance pleine d’abandon, mais qu’on sentait habitée d’une  farouche puissance. Bien plus tard, j’entendis chanter «Domine Deus, Rex coelestis, Deus Pater omnipotens », dans le GLORIA de Francis Poulenc, par la voix magnifique de Kathleen Battle (1989, orchestre symphonique de Boston, Seiji Ozawa). C’était ça.

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