Quatre heures du matin, j’ai dormi deux heures, merci, marchand DU sel, ô Duchamp Marcel, j’ai eu ma ration. Je-vais-à-la-cuisine, j’allume-la-radio: un consort de violes. Ah très beau. Je m’assoye et pèle une mandarinale mandarine, et soudain, je VOYE: c’est un très vieil air italien, qui tourne sur lui-même comme un milan gire dans le ciel (jadis…), une chanson, dira-t-on: populaire? elle tourne depuis le XVIe siècle AU MOINS sous toutes les cordes, sur toutes les tables d’harmonie, dans les caisses de résonance, sous tous les doigts, sur toutes les jolies têtes bouclées, toutes les agiles et graciles chevilles, alors, quel est ce peuple? - c’est la chanson: CHI VA PER LA STRADA, tellement vieille que plus rien n’a de nom, ni la Strada, ni Chi? - et tellement jeune qu’elle fond comme un coup de foudre sur la tête chenue d’un vieux philosophe* dans son poêle à quatre heures du matin. La Strada! La voyez-vous, vous aussi, cette rue qui descend vers vous avec ses caracos sous les encorbellements, à Mantoue, ville de Virgile et de Monteverdi, à Crémone, vers chez Stradivarius, ou au Tibet, qui n’existe plus? Ah divinités qui n’existent pas davantage, rendez-nous la Strada! (*Talip Özkan, le Glenn Gould du SAZ, à ses amis assis en rond à Paris sur des kilims dans le petit appart de l’avenue Parmentier: c’est le philosophe !) Corrigendum 12/04/23 03:20 a.m : Chi Passa Per Sta Strada…
Billet de blog 11 avril 2023
Chi va…
(chi va anche?)
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