La gêne poisseuse, l’embarras fantochard qui enrobent, (comme l’ont relevé, ici et là, quelques lecteurs attentifs), les circonlocutions qu’on nous sert en guise d’élucidation officielle destinée à nous faire avaler l’énorme poire d’angoisse de l’enfer à Wintzenheim , cette voix grêle de fausset qui feint une consternation soigneusement tenue très en-dessous du seuil de la révolte pourtant documentée intégralement, ces fils d’étoupe en barbe-à-papa des commentaires prudents, nécessairement prudents, qui tentent en vain, en vain, cette fois, d’anesthésier l’évidence du crime que toute vie officielle commet, cette pantalonnade crue de qui, obligé d’admettre devant soixante-dix millions de personnes qu’il a le cul aussi brenneux qu’une confortable majorité d’hypocrites parmi elles, se trace au rouge-à-lèvres, sur chaque fesse, un cœur percé d’une flèche, cette sidération profonde de qui croyait n’être jamais pris et qui est pris en flagrant délit de mort, tout cela témoigne, d’une manière tout à fait différente de celle qu’avait à l’esprit, en son temps, Hannah Arendt, de la banalité du mal.
Billet de blog 12 août 2023
Le train déraille
et c’est le train de la prosaïque banalité quotidienne vulgaire et plate de la sottise mortelle.
Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.