Les roses des dynasties, des guerres, roses d’Angleterre; celle de Ronsard; la rose d’Angelus Silesius, celle qui est sans pourquoi; la rose de Rainer Maria Rilke, et ses paupières, sur sa tombe; enfin la rose de Hegel, que Sollers aurait voulu sur la sienne, la rose de la Raison dans la croix du présent*. Cette rose existe toujours, on veut croire**, mais sans parfum. Qu’en est-il de la croix du présent? Est-ce encore une croix? Ou quelque chose d’autre, de tout autre, étrange, sans familiarité? Un espace topologique effrayant? Ou, au contraire, un simple pieu, un pal, un échalas, kharax, « Les rois boiront / Tous en rond / Les lauriers serviront / D’échalas à nos vignes… »•, un épouvantail délabré, sans bras, qui n’épouvante pas les oiseaux, dont il n’y a plus••, mais les humains quand, pour un instant, ils détournent les yeux de leurs écrans maudits, et le voient? - *Préface aux Principes de la Philosophie du droit, e grazie a Lei, Hélène N. - **Verlaine - •Béranger, la Grande orgie, apud Littré - ••relative elliptique, vernaculaire, d’usage vieilli.
Billet de blog 15 mai 2023
La rose
désormais sans parfum. (Jeep 3).
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