… / Si l’épreuve refait à l’âme une innocence; / Si l’homme sur la terre est en convalescence; / Si vous redeviendrez divins au jour marqué; / Si cette chair, limon sur votre être appliqué, / Argile à qui le temps avare se mesure, / N’est que le pansement d’une ancienne blessure; / Si quelqu’un finira par lever l’appareil; / Savoir si chaque étoile et si chaque soleil / Est une roue en flamme* aux lumières changeantes / Dont les créations diverses sont les jantes / Et dont la vie immense et sainte est le moyeu; / … <sic: une flamme par roue…> et c’est, bien entendu, de Victor Hugo, mais d’un poème qu’on lit peu: L’ÂNE / Paris / Calmann Lévy, éditeur / Ancienne Maison Michel Lévy frères / 1880 / {A. Quantin imprimeur / r. St Benoît 7 à Paris}[Imprimerie J. Claye], 171 pages in-8° <il y a aussi une édition in-12°> - (il a déjà été question, dans ce blog, des roues du premier chapitre d’Ezéchiel, où Gilles Deleuze retrouvait celles d’Anaximandre, mais j’ai complètement oublié ce billet, cf. « Mots-clés » « Qu’est-ce qu’une roue? », pour qu’une fois au moins ils servent à khekshôz, ces « Mots-clés, moy, je sais pafer). Page 34 de cette édition in-8° de 1880, vers 12 à 22. Mais justement: toujours à propos de roues, (un paradigme cher aussi à Lao-tseu), Hugo, neuf pages plus haut, 25: 1-2, écrivait: «Nier est votre roue et croire est votre essieu, / Hommes, et vous tournez effroyablement vite. // NdlR: sauf nouveautés chez les libraires m’ayant échappé, L’Âne, de Victor Hugo, texte provisoirement laissé de côté au moment, sauf erreur, de la composition de La Légende des siècles, mais publié ensuite isolément par lui-même cinq ans avant sa mort, n’est pas disponible couramment en édition séparée, mais figure dans toutes les éditions, anciennes ou récentes, de ses Œuvres complètes, et reste donc aisément lisible en bibliothèque, de nombreuses bibliothèques publiques même modestes possédant les Œuvres complètes de Victor Hugo, car, ici, ce n’est pas le « produit » qui manque en rayon, mais bien la clientèle qui, souvent, fait défaut. Et qui « tourne effroyablement vite »…bien que manquant toujours ? « Ce qui manque le plus, c’est… » -c’est quoi? c’est qui? … - ou qui toujours manque la question « si vous redeviendrez divins au jour marqué »; et plus profondément, (mais c’est lié), cette autre: « Si quelqu’un finira par lever l’appareil » (à entendre au sens médical)… Après… « savoir si chaque étoile…est une roue en flamme », bon, d’accord, le délais z’gobe, dernier salon où l’on cause, s’en préoccupe en ce moment même que voici en des termes qui ont changé; mais « le limon sur notre être appliqué » est toujours cette « argile à QUI le temps avare se mesure », - pavré? Remarquez que si Hugo écrit, pour des raisons prosodiques, « à qui », et non point « à laquelle », il y gagne aussi en vérité, en exactitude ou en profondeur, comme on voudra dire, et l’on retrouve là aisément les considérations bien connues de Paul Valéry, un peu plus tard. Quant à « l’ancienne blessure »…ah! « l’ancienne blessure »… (…) {…} […] <…> …
Billet de blog 21 septembre 2022
Les enfants du limon
d’abord Hugo, et puis Queneau.
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