André Bernold (avatar)

André Bernold

Veilleur

Abonné·e de Mediapart

546 Billets

0 Édition

Billet de blog 26 avril 2023

André Bernold (avatar)

André Bernold

Veilleur

Abonné·e de Mediapart

Il y a 33 ans

dans le désert du Taklamakan (Xinjiang).

André Bernold (avatar)

André Bernold

Veilleur

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Voici trente-trois ans (l’âge du Christ; une génération) que j’ai encadré une coupure de presse du Daily Nation (le journal de Nairobi, au Kenya? - rapportée de ses alors nombreux voyages par un ami, le peintre Salvatore Puglia): « Daily Nation, Thursday, April 26, 1990. Hong Kong: a tribe of more than 200 people, out of touch with the outside world for three and a half centuries, has been discovered in the depths of Xinjiang’s Takiemakan(sic) Desert in northwest China, the China News Service (CNS) said yesterday ». Je n’ai jamais vu figurer nulle part ailleurs cette renversante  nouvelle , ni à l’époque, ni depuis. « Never heard of », comme disait Sam B.   -  Appel  à contributions! En vérité, l’événement mentionné (car il n’est pas relaté) est infigurable. C’est l’asymptote du fantasme, ou: le fantasme (historique; pour certains, il n’y a pas que l’érotique…) - absolu, dont on sait que la plus belle approximation a été donnée par Yves Bonnefoy dans ce que beaucoup (dont je suis) tiennent pour son plus beau livre, L’Arrière-Pays, « Les sentiers de la création », Genève,  Albert Skira éditeur, février 1972 (200 exemplaires de tête sur grand papier, et mille exemplaires reliés de l’édition originale courante: la comparaison avec la situation actuelle des éditeurs de poètes, chacun peut la faire, et en penser ce qu’il voudra…) - ouvrage désormais disponible, sauf erreur de ma part, en livre de poche chez Flammarion dans la collection « Champs-Flammarion ». Comme complément de lecture, je recommande vivement le récit du (très) (à mes yeux) grand écrivain (populaire) japonais Inoué(nom) Yasushi(prénom)(Le fusil de chasse; Le faussaire; chez Stock, « Le Cabinet cosmopolite »- chefs-d’œuvre brefs que je crois incomparables aujourd’hui) disparu en 1991: LOU-LAN (à ne pas confondre avec un autre Inoué plus jeune); ainsi que l’ouvrage fondamental, mais rare, et en allemand, de Albert Herrmann: Lou=Lan, China, Indien und Rom im Lichte der Ausgrabungen am Lobnor; mit einem Vorwort von Sven Hedin, 66 Abbildungen und 7 Karten, Leipzig, Brockhaus, 1931. C’était le pays des Sogdiens, au rôle absolument décisif dans la transmission du bouddhisme, mais aussi du manichéisme et plus tard du nestorianisme sur la Route de la Soie antique (pas l’imitation d’aujourd’hui)(je veux dire: la capitaliste; et non pas l’admirable projet de S.A. l’Aga Khan et de toute son équipe, parmi laquelle figurent Yo-Yo Ma, ainsi que mon meilleur ami américain, l’ethnomusicologue Theodore Levin, homme prodigieux); linguistiquement, des Indo-Européens; physiquement, des blonds et des roux aux yeux bleus en plein désert du Turkestan chinois, comme on disait du temps de Paul Claudel;  le sogdien étant un dialecte nord-iranien dont l’inventeur fut le génial Gauthiot, tombé au front en 1914 presque au même moment que Charles Péguy; il eut le temps d’en publier la morphologie; après sa mort, c’est le jeune Émile Benveniste qui se chargea de celle de la syntaxe, ce fut son coup d’essai. Plus personne ne se souvient de tout ça; et pourtant, si! le cher polymathe hittitologue(spécialiste du louvite), mais également neurologue, historien des religions, &c., le Dumézil russe, Vyacheslav V.  Ivanov, directeur de la Bibliothèque Nationale de Moscou, le fils de l’Ivanov de la Tour et grand ami de Pasternak, fut très content, en 1995, à Dartmouth College, New Hampshire, USA, d’en causer. Il est mort. Comme Jean Baudrillard «c’est quoi là dans votre verre? »  Un enfant né dans cette « tribu » en 1990, au moment de sa funeste, n’en doutons pas, découverte, aurait aujourd’hui, s’il vécut, 33 ans, l’âge du Christ, non pas du Christ de Monfavet, mais du Christ du Xinjiang: Sogdien, ou peut-être Ouïgour. POST-SCRIPTUM: à part ça, c’est le centième anniversaire de la naissance de György Ligeti. Son camarade d’études et ami indéfectible György Kurtág, qui, d’ailleurs, lui a rendu, il y a quelques années, un éclatant hommage, en trois textes très étonnants, est toujours parmi nous, 97 ans, bon pied, bon œil, excellente musique, encore, toujours;  et, à mon humble avis, encore bien plus intéressante; toujours jeune et « fraîche et riante comme au jour des batailles »(Joyce citant Edgar Quinet, découverte personnelle)…

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.