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Billet de blog 29 mars 2023

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Vie et mort, Esculape, le Centaure, street medics.

OCYRHOÉ,PROPHÉTESSE, à Esculape, fils d’Apollon; et à Chiron, le Centaure, son père (Ovide, Les Métamorphoses, II, 643-654):

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…bien souvent les corps des mortels te devront l’existence; tu auras même le pouvoir de leur rendre l’âme qui leur aura été ravie (A). Pour l’avoir osé une fois [résurrection d’Hippolyte, Mét., XV, 533-34 & Virgile, Én., VII, 765 (Néraudau, 526)], tu soulèveras contre toi la colère des dieux; la foudre de ton aïeul [Jupiter, père d’Apollon, id.] t’empêchera d’accorder ce bienfait une seconde fois (B); après avoir été dieu, tu deviendras un corps exsangue, puis ce corps redeviendra celui d’un dieu; deux fois tu renouvelleras ta destinée (C). • Toi aussi, mon cher père [le Centaure Chiron], toi qui es maintenant immortel et qui, par la loi de ta naissance, as été créé pour prolonger ta vie dans toute la suite des âges (D), tu souhaiterais de pouvoir mourir (E1) quand tu seras torturé par le sang d’un serpent cruel [sang de l’Hydre de Lerne sur flèche laissée choir par mégarde par Hercule…, id.](F) qu’une blessure aura fait pénétrer dans tes membres. D’immortel, les dieux [Prométhée, id.] te rendront sujet à la mort, et les trois déesses [les Parques] trancherons le fil de ta vie (E2) • :: • …tibi se mortalia saepe / Corpora debebunt: animas tibi reddere ADEMTAS* / Fas erit (A). Idque semel Dîs INDIGNANTIBUS AUSUS, / Posse dare hoc iterum flamma prohibere avita (B); / Eque Deo corpus fies exsangue; Deusque, / Qui modo corpus eras: et bis tua fata novabis (C). // • Tu quoque, care pater, non jam mortalis, et aevis / Omnibus ut maneas, nascendi lege creatus (D); / POSSE MORI CUPIES (E1) TUM, CUM CRUCIABERE dirae SANGUINE serpentis (F) per saucia membra recepto. / Teque ex aeterno patientem numina mortis / Efficient: triplices Deae tua fila resolvent. // • Traduction Lafaye 1925-30, Marcianus 225, XIe s.; édition Néraudau, 1992, folio classique 2404, pp. 95 et 526-27; texte Nicolaus Heinsius, Leipzig 1703 (ownership 1732, JSB floruit). • Commentaire: (i) le texte original donne une idée de la DENSITÉ  prodigieuse de la PENSÉE d’un poète latin qui mourut en exil, pour une raison toujours inéclaircie, au moment où Jésus était un ado; (ii) la méditation exacte, soigneuse, attentive, des thèmes, ou motifs, A, B, C, D, E1, E2, et F, et de leurs rapports complexes, en SI PEU de vers, donnera le vertige (ce n’est qu’un modeste avis, le mien); ces motifs et ces rapports sont d’une extrême profondeur, mais qui se tient de biais; c’est la marque de la littérature antique, et plus généralement, sans doute, d’une grande pensée mythologique; comme on pourra aisément s’en persuader pour une toute autre partie du monde en lisant (ou en relisant, en ce qui concerne Bernard Pautrat, mon compagnon de route de toujours, et moi) les deux chef-d’œuvres de l’inoubliable MARCEL GRIAULE: DIEU D’EAU; et RENARD PÂLE. Les mots en capitales dans le texte latin le sont de mon fait.

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