Nazim Hikmet, Le voyage

Un souvenir du GYMNASE, boulevard Raspail, à Paris.

Jadis, à Paris, Vladimir et moi passions l’après-midi dans un café quasi désert boulevard Raspail, LE GYMNASE, juste derrière le Dôme, boulevard Montparnasse. C’était, me disait Vladimir, un havre, ce café, pour prostituées allemandes. Pourquoi prostituées? Pourquoi allemandes? De fait, je n’y vis jamais aucune. -Comment le savez-vous? -Parce que je n’y vis jamais aucune femme. Dans ce café, hormis le patron, deux ou trois copains à lui, debout au bar, et nous deux, il n’y avait personne. Ah si! Assis à l’extérieur, sur le trottoir tout aussi vide, il y avait le fils du poète communiste turc Nazim Hikmet. Je ne le vis jamais que de dos; de lui, je ne peux donc rien vous dire. Aujourd’hui, dans le numéro 2 du « volume » 2 de l’éphémère revue MERLIN, « the Paris quarterly », Automne 1953, je tombe sur deux poèmes de Nazim Hikmet, traduits par Christopher Hancock, qui n’ont rien de remarquable. Voici le deuxième. Le téléphone sur lequel j’écris ce message, peut-être me permet-il d’aller à la ligne, mais, je ne sais pafer; à la fin de chaque vers, je placerai donc une barre oblique comme ceci: / , ce ne sera pas long. THE VOYAGE. The voyage is made on a coal-steamer/ Is there a single port in which we have not yet struggled?/ Is there a single sadness of which we have not yet sung?/ The horizon we saw each morning over our prow/ Did we not see it each evening in our wake?/ How many stars have trooped before us/ Brushing the waters?/ Was not every dawn the reflexion/ Of our great nostalgia?/ We continue in spite of everything, we continue on our way.  NAZIM HIKMET. Vous avez là un excellent exemple d’un très mauvais poème, remarquablement mal traduit. Et pourtant. Et pourtant. Et pourtant!

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