Deux thèses concises en forme de raisins secs.

Par un représentant en sultanines, import-export. Honoraire.

Se réapproprier les communs. D’accord. Sur les communs, on peut s’entendre. La ré-« appropriation », c’est déjà plus délicat. Ici, Derrida, éclairant. Autant qu’assombrissant? S’ils ont besoin, me disait, pour son compte, Beckett, d’obscurcissements(il s’agissait d’interprètes), ils peuvent compter sur moi. Or, dans « se réapproprier les communs », à qui renvoie le « pronom personnel réfléchi», SE? -  Autrui, disait Deleuze, s’inspirant à la fois, et de Leibniz, et de Sartre, est un monde possible. Peut-être n’y a-t-il plus de possible, ni comme monde habitable, ni comme monde d’autrui. Si plus personne ne veut s’enquiquiner avec l’imaginaire d’un autre, c’est parce qu’il est absorbé par les prothèses électroniques du sien; l’imaginaire n’est plus la fêlure, mais le parapet jeté sur le flux infini du virtuel. Et c’est ça qui coule, comme disaient Deleuze-Guattari, sur le corps sans organes de la Terre. Bref, le virtuel a supplanté le possible. Du possible, sinon j’étouffe! Gilles Deleuze, toujours.

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