MACRON ET VINCENT VAN GOGH

CEUX QUI ONT REUSSI ET CEUX QUI NE SONT RIEN

=== CEUX QUI ONT REUSSI ET CEUX QUI NE SONT RIEN ===  5 juillet 2017 ===

=== ou Macron et Vincent van Gogh ===

Après les prétendus illettrés de Bretagne et les alcooliques supposés du Nord de la France, Macron se met à fustiger ceux qui ne sont rien. Il a ainsi déjà multiplié par trois l'insulte des sans-dents de son prédécesseur, lequel est  pourtant déjà oublié pour l'insignifiance du reste de son quinquennat.

Mais Macron, nous ne pouvons pas l'oublier dès maintenant, et pour cause ! Nous venons d'en prendre pour cinq ans à la suite d'un véritable coup d'Etat médiatique qui nous l'a imposé comme marionnette au service de l'oligarchie financière. Soit dit en passant, si tous les candidats avaient disposé de la même exposition médiatique que Macron, c'est François Asselineau qui serait aujourd'hui le président de la République française.

Ce même Macron a dit qu'il n'y avait pas de culture française, passant par pertes et profits les bâtisseurs des cathédrales, François Rabelais, La Fontaine, Molière, Victor Hugo, Rameau, Debussy, Ravel, Pasteur, Marie Curie et pardon pour les centaines d'autres que j'aurais pu adjoindre à cette liste...

Aux yeux de Macron les humains se répartissent en deux classes : ceux qui ONT et ceux qui N'ONT PAS,  et il confond ainsi le verbe être avec le verbe avoir : ceux qui possèdent SONT quelqu'un et ceux qui ne possèdent pas NE SONT RIEN.  Lorsque Attali nous vante à n'en plus pouvoir "l'intelligence extraordinaire" de Macron, je remarque au contraire que la confusion, à presque quarante ans, des deux principaux verbes auxiliaires de la langue française, ne plaide pas en faveur d'une grande intelligence, car une telle confusion gêne considérablement la précision de la réflexion. C'est peut-être pour cela que sa pensée devient  ...  complexe !

Dans la droite ligne de ce que vous êtes, Monsieur Macron, un Américain de rencontre m'a dit il y a quelques années en parlant de son pays : "Chez nous, on ne nourrit pas quelqu'un qui n'est pas productif." Tout est là. On ne nourrit pas quelqu'un qui ne fait pas d'argent. A vos yeux Monsieur Macron, ceux qui font de l'argent ont réussi et ceux qui n'en font pas ne sont rien.

De toute sa vie, Vincent van Gogh a vendu en tout et pour tout un seul tableau pour une bouchée de pain. C'est son frère Theo qui l'a soutenu sans jamais faillir car il avait compris à quel point Vincent travaillait, et travaillait dur, et était un grand artiste.

Vincent écrit un jour à Theo : "J'ai choisi de vivre comme un chien, je resterai donc un chien, je serai pauvre, je continuerai à peindre et je demeurerai un être humain".

Rappelez-vous, Monsieur Macron, que vous êtes le président de 66 millions d'êtres humains et non le président de 66 millions de chiens ni de machines économiques. Et vous êtes au service du peuple français, pas l'inverse !

Direz-vous, Monsieur Macron, que Vincent van Gogh, avec plus de 2000 chefs-d'oeuvre, ne fut pas productif parce qu'il n'a pas fait d'argent ? Direz-vous, Monsieur Macron, que Vincent van Gogh NE FUT RIEN ?

André Marchal, Charente-Maritime

 

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