L'impasse de la stratégie de l'union de la gauche

L'échec prévisible de la stratégie de l'union de la gauche vient tout simplement de la diversité confuse des cinquante nuances de gauche qui ne se mélangent pas bien.

Clémentine Autain une député FI agissant en tant qu'électron libre de FI et Elsa Faucillon une député PCF - qui n'a pas à ma connaissance mandat de son parti - avec le soutien de quelques amis venant du parti de Hamon ou encore des personnalités comme N. Mamère nous invitent à préparer le Big Bang de la Gauche pour faire émerger une mouvance nouvelle de gauche écologique et sociale ayant pour but , je cite  "Loin du ressentiment et de la haine pour moteur, nous devons l'union de la gauche pour faire vivre un horizon commun de progrès pour l'humanité". 

Plus terre à terre, les promoteurs de cette union de la gauche au sens large incluant les écologistes comptent réaliser l'addition sans perte dans les urnes des voix qui se sont portées sur les listes comme FI, PCF, Génération S, PS, LO/NPA et EELV totalisant ainsi quelque 31% des votants dans l'espoir de parvenir au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2022. Et comme on ne peut pas présenter une liste de noms comme candidat pour la présidence de la République déjà tout ce beau monde s'agite pour essayer de se trouver une tête de gondole "bankable".

Autant dire que çà va pas être de la tarte de sortir le bon numéro entre le gros melon de Jadot fort de ses 13% des voix qui se sent déjà intronisé comme le nouveau messie et qui oublie un peu vite que les 16% des voix ecolos en 2009 aux élections européennes ont donné ensuite les 2,3% des voix pour E. Joly aux élection présidentielles de 2012 et les "belles frimousses" de nos frondeuses qui devront nous chanter une petite musique apaisante pour nous changer du discours haineux de JL Mélenchon sans dédaigner bien sûr les Belkacem et autre Christian Paul.

Et le programme électoral dans tout çà ? Bof ! de nos jours ces crétins de votants ne regardent même plus le programme ou la profession de foi des candidats, il ne faut surtout pas les embêter avec des subtilités de gauche de droite ou du centre ou encore des subdivisions abscons comme gauche de gouvernement, gauche extrême, gauche internationaliste, gauche révolutionnaire, gauche écologique, gauche européenne. Pour preuve les deux partis largement en tête sont tous les deux ni gauche ni droite comme LREM se réclame de son "progressisme" qui n'attrape que des gogos ou encore la RN qui s'affiche un bon populisme teinté de nationalisme protectionnisme.

De nos jours, pour gagner ce qu'il faut c'est une belle histoire à raconter, une tête sympathique et télégénique des bons sondages et bien sûr une force de frappe médiatique conséquente pour "conseiller" les électeurs. Un certain E. Macron a très bien compris la recette en 2017 et il se prépare à nous présenter la même en 2022.

 

 

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