François Meyroune : « On ne peut ni aménager ni moraliser le capitalisme »

Apparemment peu de suspense en perspective en Bourgogne, pour les prochaines élections cantonales : sur 174 cantons, 87 sont renouvelables: le Parti socialiste devrait conserver la Nièvre (16 cantons), ainsi que la Saône-et-Loire (28) où Arnaud Montebourg qui ne prévoit pas de se représenter aux législatives en 2012, gardera vraisemblablement la présidence du département.

Apparemment peu de suspense en perspective en Bourgogne, pour les prochaines élections cantonales : sur 174 cantons, 87 sont renouvelables: le Parti socialiste devrait conserver la Nièvre (16 cantons), ainsi que la Saône-et-Loire (28) où Arnaud Montebourg qui ne prévoit pas de se représenter aux législatives en 2012, gardera vraisemblablement la présidence du département.L'UMP espère se maintenir dans l'Yonne, (22 cantons) et la seule réelle interrogation concerne la Côte-d'Or (21) où François Sauvadet - Nouveau Centre - ne tient le département qu'avec un siège d'avance. Du coup, ici aussi on examinera avec attention les résultats des extrêmes, droite et gauche.

 

Le récent sondage tns sofres / i>Télé sur les intentions de vote à l'élection présidentielle de 2012 (1) qui indique une progression de la gauche de gauche, créditée de 14, 5 à 16,5 % des voix, donne le moral à François Meyroune.

Maire de Migennes (Yonne), militant communiste, cet ancien enseignant, homme de dialogue, œuvre « pour la construction d'une nouvelle force politique rassemblant toute la gauche de transformation sociale ». Entretien.

Comment expliquez-vous que face à la crise et aux menaces qu'il génère, le système capitaliste ne soit pas fondamentalement remis en cause dans notre pays ?

Il y a deux courants au sein de la gauche. Celui qui se contente d'accompagner le système et celui qui veut le dépasser. Je suis convaincu que l'épanouissement de l'individu passe par une rupture fondamentale. On ne peut pas aménager, moraliser le capitalisme. Il faut le combattre. Mais notre système présidentiel réduit la vie politique non à une bataille de projets fondamentaux en vue d'une transformation de la société, mais à une dispute pour savoir qui sera le mieux placé pour battre l'autre.

Ce n'est pas qu'à la gauche de gauche, on ne sache pas communiquer ; on souffre surtout d'un manque d'unité. On a besoin d'une vraie révolution pour changer les choses.

 

Pensez-vous que ce morcellement de la gauche soit bien compréhensible et convaincant pour nos concitoyens ?

Il est dramatique que les forces alternatives de transformation sociale soient divisées. Je suis un militant de la recherche de l'unité. Nous avons créé L'Autre gauche en Bourgogne pour la mobilisation commune sur des sujets concrets (comme la réforme des retraites). Je souhaite la création d'une force politique nouvelle qui rassemblerait toutes ces composantes. Je suis favorable aussi à ce que toute la gauche alternative présente en 2012 un candidat commun (ce pourrait être Jean-Luc Mélenchon). Il y a autant de sectarisme au PC qu'au NPA. L'analyse montre que si la gauche alternative se présente unie, elle peut marquer des points. Aux régionales, dans le Limousin, la convergence du Front de gauche, du NPA et des alternatifs a remporté près de 20 % des suffrages et permis un maintien au second tour. A contrario, les présidentielles de 2007 ont été une catastrophe...

 

Quel regard portez-vous sur la gauche en Bourgogne ?

La région est dirigée par le Parti socialiste, mais l'implantation de la droite reste solide, dans l'Yonne et en Côte-d'Or. François Patriat et les Verts en sont à leur deuxième mandat.

Lors des dernières régionales, ils ont fait alliance avec le Parti communiste au plan régional, mais pas dans l'Yonne, où toute la fédé avait opté pour l'Autre gauche, qui n'a pas eu d'élus, en raison du type de scrutin.

L'action du conseil régional ne correspond pas à ce que je souhaite personnellement... Elle ne se situe pas en rupture avec le système, mais en accompagnement.

Un accompagnement certes important, dans le cadre de la politique de la ville, en matière de transports ; le conseil régional s'est investi dans le renouvellement du matériel, TER, trains, cadencement. Il y a donc des aspects positifs à cette collaboration !

 

Finalement faut-il encore essayer de changer « la » vie, ou ne devrait-on pas simplement se contenter de changer « sa » vie, modestement, localement ? Les mouvements, les structures ont-ils encore un avenir ?

Agir localement sur tous les sujets bien sûr... mais on se heurte fatalement au système, à la RGPP par exemple. Au fond des problèmes, on retrouve toujours cette logique mondiale et on bute sur cette limite. Bien sûr le monde est incertain, bien sûr, depuis l'effondrement du camp socialiste quelles qu'en aient été les limites, on peine à se référer à un modèle comme autre possible, mais je suis persuadé qu'à force de résistance, on parviendra à faire naître de nouveaux courants.

 

(1) 23/02/2011

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