Miroir aveugle

Miroir aveugle

Elevage brisant
Elevage
J’cause de cette technique douloureuse
D’écorchement en guise d’accoucheriez
De force
Du sang qui gonfle
Dans l’œil aveugle
Du paternel
En mal de consanguinité
Jusqu'à oublié
De tenir la main
Pater noster
Obéissance, pierre indigène
Fracassant le cœur vague des tètes à claques

Pendant ce temps
Ces voyages dans les ports de Normandie
Où la lame se brise
Sur cette dernière
Des premières pierres
Engrossée de tempêtes
D’un océan
Mers qui se mêlent au ciel
Ciel qui pleure en mer
Outremer
Au delà
Des couleurs de la mer
Au delà
Serons-nous sur une ile
Sous un soleil flottant
Seront nous les abysses
Habité par un inconnu luminescent
Notre cœur en dessus des noyades
En dessous des nuages
Sera-t-il encore volage ?
Ou pris dans le délice de suffoquer ?

Silencieuse et secrètes
Les étoiles de mer marquent des buts
Nettoient les coraux
A coup de kleenex

Et toi
Tu nettoie ta peur
Au chalumeau
Des perditions
Bateaux fantômes
D’auto érotisme
Mon touché n’est pas d’or
Mais réclame
La beauté exactement
Telle la rondeur
D’un valium

Du rire en solitude
Absolument
Comme une météorite dans l’espace
Une voie d’obsidienne
Apesanteur

L’inexistant peine
A vomir
Ses crabes
Et ses filets
Peur primaire de l’inconnu
Jamais ne retirer ses gants

Dans les premiers mois
Moi
J’ai bouffé l’hameçon
Et dans la chambre vide
Je guette autant la mouche
Qu’une araignée somnambule
Des fils de soit
Tissent des prisons douces
Comme des prisons de cocons

Saut en longueur
Je ratine tel un fruit pourris dans le sable
Face
Aux tempêtes des miroirs
Je suis toujours pétrifiée d’être moi
Comme ces morceaux de palétuviers
En dérive
Enlevé, ballottés
Toussant
Un rien de souvenir
Dans le creux de l’écume

Prions pour les oreilles des coquillages
Souillés de nos confidences
Comme un banc
Ecoute le pas des marcheurs
Qui soudain s’arrêtent
Pour s’arrêter un temps
Comme un papillon fatigué
Temps mort
Un chat malin m’a bouffé la langue

 

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