Le matin
il attend sur le quai le RER pour aller bosser
C’est un matin que nous nous sommes rencontrés
Voila longtemps
Tant et tant d’années
De matins
Sous les pluies d’hivers
Avec les oiseaux de printemps
Un matin donc
Nous nous sommes rencontrés.
Moi aussi je rejoignais mon travail.
Sur le quai
Il y a plein de monde
Par tas
Les filles du même immeuble et du même bus,
Mes copines.
Les gars d’axa,
Les étudiants,
Les cadres,
Les pas cadres,
Et
quelques solitaires .
Tous à la recherche du bon coin
C'est-à-dire pas trop piétinés
Pas trop réveillés trop vite ;
Sur le quai nos vies se mêlent
le quai est une fabrique à histoire.
Tout les matins jacques est là
Moi moins souvent
Je ne travaille plus
Nos rencontres appartiennent au hasard
Mais toujours il vient me voir
Il parle
Des accidents sur la ligne incertaine
Du temps qu’il fait, fut, sera,
Que c’est n’importe quoi
Mais surtout
De la femme qui aimera
Qu’il aimera absolument
Tant il a envie d’aimer
Et être aimé
Qu’il est un garçon sérieux
Toujours tiré à quatre épingles
Sa maman doit veiller
Parfois il prend ma main
C’est bête une mimine
Mais c’est la chaleur
Les gens coincé dans le wagon regardent
depuis longtemps qu’ils s’écartent
Les gens bizarres c’est bizarre
Le monde doit glisser
Pas coincer
Donc les gens s’écartent
Il me parle encore du soleil
Encore de la femme qu’il rencontrera
C’est forcé
Dans la vie
On rencontre
Il ne parle jamais du CAT qu’il va trouver chaque jour
Oui ça, je crois qu’il n’aime pas bien
Du moins il n’a rien à dire sur le sujet
Dans le train
Jacques regarde
Le sourire des femmes
Pendant les 30 minutes de son trajet
Il a des projets.
jacques est un texte retouché fait pour les cahiers de la folie dont je n'ais pas de nouvelles.
h et j se recoupent dans leurs histoires, c'est involontaire à moins que ce ne soit un hasard qui s'impose.