palette

Jaune citron
Laque d’alizarine jaune
Auréoline
Jaune de cobalt
Jaune de Naples
Ambre
Jaune chartreuse
Orpimen

Orpimen
Serait ce un super héro ?
Ou
Une nouvelle planète dans l’espace ?
Un lac de montagne ?

Ainsi
Chacun de mes matins
Chantent son mantra des couleurs
Sublimé
Par l’huile de lin
Le tube montre sa peau
Comme
Un jeune dauphin
Une petite sardine
Dans mes matins
Le monde brille
De tous
Ses glacis
Brillant comme des glaciers

Tant de noms
Mais comment qualifier
Le ruban dans les cheveux des jeunes filles
Les blés dansant dans la plaine

Les blés dansant dans la plaine
Et tous ses soleils
Dansant dans le ciel

Le ciel
Bleu barbeau
Bleu céleste
Bleu électrique
Bleu givré
Bleu paon
Bleu persan
Bleu outremer
Sais-tu
Qu’ils existent
Autant de ciel
Que d’orages
Autant de ciel
Que de regards
Sans compter les dieux
Les immortels
Les immatériels
Sans compter la nuit sur le monde
Sans compter la danse des soleils dans les ciels
Dans les cercles d’une inaccessible folie
Et d’une inextensible soif
Des eaux du monde

Restent
Entre ciel et terre
Les cyprès

Vert perroquet
Vert opaline
Vert pistache
Vert smaragdin
Vert Véronèse

Les herbes des plaines sauvages
Les pins mêlés de sel et de tempêtes des bords de mer
Les herbes longues entre les torrents mêlés
Ceux qui conduisent Ophélie au sein d’un ultime voyage
L’hostilité des mangroves
La peine des marais

Et puis quoi…encore
Les couleurs sonnent à ma toile

La couleur de l’ennui
Des murs d’écoles
Qu’aucune berceuse n’enchante
Puisque l’école est la fin de l’enfance
Gris anthracite
Comme cette flanelle
La médiocrité des pensions et des bonnes manières
Le berceau
Des évadés, des consumés
Alcool, opium
L’enfance dort
Do la si do
Une musique de Bach
Grignote le cœur
Et le sorcier
D’un casse noisette
Surveille nos coffres trop pleins

rouge
La révolution
Le rêve
La révolution
Commence
Quand
L’être retrouve
Le cri primal
Mais je ne ferais pas de liste
De la couleur du sang
Du A ou du B
Il pourrait être écarlate
Ou vermillon
Et c’est toujours beau

La couleur rouge est une fleur tardive
Quand vient le temps
Comme une pluie dans le désert
Ses eaux se perdent sous le soleil
La couleur rouge
Ne tient que dans le cri
De celui qui crie
Et demande
Souffle ultime
Une profonde éternité
Et au fond de ma pensée
Beigne
Dans une boite à musique ….

Malher
Friedrich Nietzsche
Ainsi parlait Zarathoustra
Traduction par Henri Albert.
Ô HOMME ! PRENDS GARDE !
QUE DIT MINUIT PROFOND ?
« J’AI DORMI, J’AI DORMI, —
« D’UN PROFOND SOMMEIL JE ME SUIS ÉVEILLÉ : —
« LE MONDE EST PROFOND,
« ET PLUS PROFOND QUE NE PENSAIT LE JOUR
« PROFONDE EST SA DOULEUR, —
« LA JOIE PLUS PROFONDE QUE LA PEINE.
« LA DOULEUR DIT : PASSE ET FINIS !
« MAIS TOUTE JOIE VEUT L’ÉTERNITÉ,
« — VEUT LA PROFONDE ÉTERNITÉ ! »

 

 

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