Calligramme sans calligramme
C’est le nez qui ne mouche plus
La bouche qui ne respire plus
Des branchies en replacent des poumons
Les yeux coincés au plafond
La jeune fille respire
Pas
C’est une glue de morve et de kleenex
Ko
Au cas où
Tu ne le serais pas
C’est le ventre qui s’éventre
La maison est vide
Elle est grande et froide
La maison est vide
Si ce n’est le chat
Qui suit les petits morceaux
De mouchoirs
De poucettes au kleenex
Ko
Au cas où
Tu ne le serais pas
Tu sais par cœur le sort des proies
Kar T’a un cœur de musaraigne
Alors vivre à l’abri du chaos du monde
Vive le noir !
Mais t’a peur du noir
Alors tu vis affolé dans un appartement aux fenêtres closes
Il y a des mots
Mais ils ne sont pas là
Pourtant les mots sont des pauvs’choses
Comparés à la chaleur de la peau
Aux bras qui enlacent
A la main qui embrasse
Les mots ne sont pas là
Les mots ne sont pas là
Ou ils volent bas.
Là contre le mur
Ils sont à la ramasse entre le verre brisé du soir
L’argile en miette qui va avec
Là bas
Les mots vont par charges d’artilleries
Telle la balle saccageuse dans sa conception
Une forme d’art
Ne parle t’on pas : de l’art de la guerre ?
Ou comment tout bousiller dans un minimum d’effort
L’art du geste précis
L’art des blessures maitrisées
Nous étions devenus des snipeurs de mots
Et du tuméfiant aux tuméfiés, qui est le plus abimés ?
Dans le cœur des enfants
Dans la solitude
Pousse une graine de frigidaire
C’est un temps de cristal qui s’installe
Et fleurent de grandes feuilles blanches et froides
À fleurs chargées de crocs et d’épines
Un tableau de Rousseau sous la neige
Le froid curieux
Se promène un peu
Découvre l’abysse de l’intestin
La chair rose du spasme
Puis Surprend la peau dans sa sensation
Celle qui donne aux timides
Le charme
Du poisson rouge
Visite l’architecture de l’architecte
Et fou le bordel
Quant aux araignées
Je te le confie
Elles ont des berceuses
Aux songes tenaces
C’est le nez qui ne mouche plus
La bouche qui ne respire plus
Des branchies en replacent des poumons
Les yeux coincés au plafond
La femme respire
Pas
Elle est sujette aux rhumes au milieu de ses gros pulls aux mailles un peu parties
Du rhume en rhums
De grogs en gros
Du rhum en rhum
J’ai couvert plus d’un voyage d’albatros sur des mers inconnus
Les gouffres amers de Baudelaire
Sont magnifique
La tête à l’envers
Et des océans
J’en ai fondé à coup de lacrymal
Là se promène Némo
Dans des Atlantide chimériques
La transparence de la méduse
L’iris des mers
Je pers mon temps
A contempler
Le fond du fond
Abysses psychédéliques
Se délitent comme une femme aux milles voiles
Enfin je dors dans la nuit bleue
J’ouvre des coffres
Et Je pers aux dés
A coup d’éprouvettes
Faire sauter le baromètre à la scie sauteuse
On mesure l’aventure
Du lutin malin
Ou du nigaud à lunette
La race est variée
Qui s’acharnent sur les princesses en malédiction
Quand la princesse potache, par elle-même, à son mauvais sort
C’est rigolo
Comme un mauvais œuf
S’acharne à devenir ,mauvais canard
Pour un peu
Il mordrait
Lui qui ne sait pas nager
Pour un peu
Il buterait
Le maitre nageur
As-tu déjà dansé le tango avec un canard ?
C’est un peu comme danser un jerk avec un pingouin !
On se bat à coup de crayons de couleurs
De mickey en plastique
De madeleines en caoutchouc
On lance des fléchettes
On se rappelle des haricots sauteurs des pifs gadgets
On regarde passer de mélancoliques chats thérapeutiques
On se regarde
On se flaire
Au final
Je me tire
Je suis un je interdis
Je suis un jeu que je m’interdis
Un point d’interrogation
Qui a perdu son petit point
Et c’est con
Prise de panique sous les phares éclairants de trois jours sans alcool
Je me suis barrée
Je prends toujours prend la fuite, la fugue, la cavale
J’avais pas mal
Mais j’étais mal
Quand je bois je dérive un peu, certes
Mais le monde lui cesse de dériver
Au fond
Je ne fais que fixer l’image
Adapter mon objectif
Pour enfin savoir la contempler
Pour apprendre à la cadrer
Ecrire une étiquette
Classer
Ranger
Je range bourrée
Et ça dérange en fait peu de monde
Mon cœur de musaraigne vit toujours à l’abri du monde
Pour ainsi dire hors ces murs
Je connais presque le sort
De l’étrangère éternelle
Ainsi
Du reste
De tes murs
J’ai fait le mur
On n’a toujours pas trouvé le sésame
Pourtant des mots
Nous en faisons défiler par wagons entiers
Je me rappelle ce gout pour les manèges forains
Le défilé des formes
A exploser à coup de pétard
Flinguer des souvenirs de flingues
Les mots défilent
Parfois on leurs accroche des ailes
Ceux là, partent en voyage
Sur la lune
C’est plus sympa
Sauf qu’ils ne sont toujours pas redescendus
Et je reste un je interdis
De noir
De blanc
La lune de Méliès rigole un peu
Elle sait
Que le jeu n’est pas fini
Soudain j’entends une sirène
L’ambulance prend un la rue d’à coté
Je vie à coté d’un hôpital
La vie comme un terrain de mine
Amène à une existence :
Précaire !
Précarité :
Vérifions !
État, caractère de ce qui est précaire : La précarité des moyens d'existence
En savoir plus sur http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/pr%C3%A9carit%C3%A9/63303#su2btyAO0YayH1KK.99
Je ferme mon petit micro
Ou j’enregistre ma petite voix
Ma tête ouverte aux quatre vents
Contemple les corbeaux qui s’en échappent
Mais les oiseaux du soir
Sont chez moi
Toujours la bienvenue
Et puis
Et puis
Tu sais quoi
Tu sais quoi
ETC
ETC
ETC
Dessine moi un mot comme Appolinaire…